On connaît tous cette histoire de l’épée de Damocles. Bien qu’elle date de plusieurs siècles, elle illustre parfaitement ce sentiment terrible qu’une menace perpétuelle nous pend au-dessus de la tête: Brexit, Trump, Corée du Nord, crise économique, l’Europe fragmentée, la montée de l’intégrisme, l’endettement incroyable des pays occidentaux, la puissante Chine silencieuse, le terrorisme, le changement climatique, la surpopulation, mais aussi des épées plus personnelles, la maladie, la peur de perdre la vie ou de perdre un proche.

Chacun définit ses propres épées de Damoclès et il est difficile d’en faire totalement abstraction. Elles influencent nos actions, notre quotidien et notre façon de percevoir la vie.

De façon générale, l’information me sécurise. J’aime analyser et comprendre, parce que ça me donne l’illusion d’être en contrôle.  C’est un peu comme si elle me permettait de mesurer le niveau de risque que je cours réellement et me préparer mentalement en conséquence.

Cependant, dans ce monde où il y a tant, mais tant d’information à notre portée, cela provoque aussi l’effet inverse, puisqu’on peut découvrir chaque jour une nouvelle menace potentielle. On peut ainsi passer l’essentiel de son temps à analyser le fil qui retient l’épée plutôt que de vivre sa vie. C’est un peu fou quand on y pense.

Et au fond, ça changerait quoi de savoir que le fil cèdera aujourd’hui, demain, dans un mois ou dans un an?

Si je savais de façon certaine que ce que je crains arrivera demain, est-ce que je vivrais différemment la présente journée? Oui, sans doute. Je voudrais certainement savourer chaque minute intensément. Je ne me soucierais pas de ce qu’on pourrait penser de moi. Je ne m’inquiéterais pas d’un futur qui n’existe pas encore et qui n’existera pas.

Mais quand j’y pense, qu’est-ce qui m’empêche de le faire quand même?

Notre Père

Publié: 14 avril, 2017 dans amour, Écriture, Bonheur, Juste du bonheur, L'essentiel

avantledodo

– Allez Simon, répète après moi. Notre Père qui est aux cieux…

– C’est où les cieux, maman?

– Ben, c’est là-haut dans le ciel.

– Comme dans le soleil et les nuages?

– Oui, partout là-haut, dans l’univers, dans toutes les étoiles.

– C’est là qu’est papa?

– Non, pas papa, mais Dieu, notre père à tous.

– Ah bon.

– Allez, on reprend. Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié…

– Ça veut dire quoi sanctifié, maman?

– Ça veut dire que son nom est spécial, qu’il est sacré.

– Et c’est quoi son nom?

– C’est Dieu.

– Pourquoi est-ce qu’on veut que son nom soit spécial maman?

– Parce que c’est une personne unique, c’est notre Père à tous.

– Et mon nom à moi est-ce qu’il est spécial?

– Oui, bien sur mon amour, ton nom est spécial et toi aussi tu es une personne géniale et unique.

– D’accord.

– Allez, on reprend. Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne…

– C’est quoi un règne maman?

-On ne finira jamais, si tu m’interrompts tout le temps Simon (Soupir). Un règne, c’est lorsqu’une personne décide de tout, impose son autorité et sa vision des choses à tous le monde.

– Comme toi qui règne dans la maison maman?

– Oui, on peut dire ça. On veut que Dieu règne sur la terre pour que l’on vive en paix, qu’il n’y ait plus de guerre, de pauvreté, de chicanes, que chacun puisse être heureux, avoir à manger, une maison, des amis.

– Moi, j’ai des amis, maman. Il y a Paul et Achille. On mange souvent des biscuits ensemble et on ne se chicane pas et on s’aime bien et on a tous une maison. Crois-tu que c’est le règne de Dieu?

– C’est vrai qu’on est heureux Simon et qu’on a tout ce qu’il nous faut, mais ce n’est pas le cas de tous les enfants sur la planète. Quand le règne de Dieu viendra, tous les habitants de la terre seront heureux comme nous.

– D’accord.

– On reprend. Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite, sur la terre, comme au ciel. Donnes-nous aujourd’hui notre pain quotidien, pardonnes-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés…

– C’est quoi une offense maman?

– C’est lorsque quelqu’un t’a fait de la peine. Il faut apprendre à pardonner à ceux qui nous ont fait de la peine, de la même façon qu’on aimerait être pardonné quand on a fait de la peine à quelqu’un.

– Comme lorsque j’ai brisé le tracteur d’Achille et qu’il pleurait?

– Oui, on peut dire cela. Tu ne voulais surement pas qu’Achille ne veuille plus être ton ami parce que tu avais brisé son tracteur, n’est-ce pas?

– Non, j’avais de la peine moi aussi. Après, il ne voulait plus me prêter ses jouets et je suis revenu à la maison, mais le lendemain, on jouait encore ensemble, on était amis.

– Voilà, Achille t’avait pardonné.

– D’accord.

– Allez, on fait la prière jusqu’à la fin maintenant, d’accord?

– D’accord.

– Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnes-nous aujourd’hui notre pain quotidien. Pardonnes-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivres nous du mal. Amen. Allez, maintenant, monte dans ton lit.

– Je t’aime maman.

– Moi aussi mon loup. Bonne nuit.

les éclopés sociaux

Publié: 9 avril, 2017 dans Écriture, Bonheur, famille, L'essentiel

Atelier d’écriture de Leiloona.

En s’inspirant d’une photo de Kot, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

Kot

– Tu sais mec, la vie, faut pas trop lui en demander. Tu prends ce qu’elle te donne et tu fais avec. Toutes ces conneries de « si tu veux tu peux » ou « aides-toi et le ciel t’aidera » n’ont rien à voir avec la réalité. Si tu veux survivre, tu as besoin des autres, point à la ligne. tu peux pas faire tout seul. C’est pas le ciel, Dieu ou l’univers qui vont t’aider quand ça va mal, c’est tes potes, ceux qui vivent dans la même merde que toi et qui vont t’offrir un petit remontant quand tu en as besoin ou une clope même s’il ne leur en reste que deux. Et tes potes, c’est aussi ceux que tu as aidé un jour ou que tu vas aider demain. C’est cette solidarité qui tient le monde et rien d’autre. Y a que ceux à qui c’est jamais arrivé de tout perdre qui se croient capable de s’en sortir tout seul, mais un jour, la vie va leur foutre une baffe en pleine gueule et là, ils vont comprendre. Bref, merci pour la clope mec, t’es vraiment sympa!

 

oiseauPrintempsLe silence blanc de la nuit a fait place aux mélodies joyeuses de ces oiseaux bavards qui par leurs chants pressants appellent à célébrer la vie qui coule en eux, comme ces ruisseaux désormais libérés des glaces, qui sifflent avec insouciance, leur liberté retrouvée ou encore ces arbres enivrés de sève qui leur monte à la tête et qui exploseront bientôt de bourgeons multicolores, comme un feu d’artifice au ralenti. C’est le printemps, je le sais, je le sens partout en moi, jusqu’au bout de mes doigts. C’est à la fois la fin d’un cycle et le début d’un autre, me répétant sans cesse qu’à travers tout cela, la vie demeure un éternel recommencement.

souche
La folie avait débuté suite à un article paru dans le journal local et qui titrait: « L’arbre qui parle aux morts ».
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À prime abord, c’était une histoire invraisemblable qui sentait l’arnaque: Un arbre centenaire planté au beau milieu du cimetière de Sainte-Marthe-des-pas-perdus permettait aux gens décédés de communiquer avec le monde des vivants. Le mécanisme semblait relativement simple, voire simpliste. Il suffisait à un vivant, n’importe qui, d’attacher un petit bout de papier à une branche et dans les jours qui suivaient, un message provenant de l’au-delà y apparaissait comme par magie.
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Suite à la parution du journal, la rumeur s’était répandue comme une traînée de poudre dans le village et rapidement, s’étaient multipliés le nombre de bouts de papier attachés à l’arbre qui parle.  Les messages étaient de différentes natures, parfois gentils, parfois moins, mais ce qui rendait le phénomène stupéfiant c’est que tous reconnaissaient de façon formelle l’écriture manuscrite et le style littéraire des personnes décédées. On avait bien tenté de démasquer l’imposture, mais sans y parvenir. Les messages n’y apparaissaient que la nuit et sans témoin. Si quiconque tentait d’observer le phénomène en direct ou par une caméra de surveillance, rien ne se produisait cette nuit-là. Les sceptiques crièrent à la supercherie, mais faute de pouvoir la démontrer, la croyance populaire l’emporta et face aux pressions de la population locale, le conseil de ville embaucha des gardiens de sécurité qu’ils postèrent en périphérie du cimetière pour empêcher quiconque de s’en approcher la nuit. On assurait ainsi la fluidité des communications avec l’autre monde.
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La nouvelle se répandit progressivement dans la région, puis plus loin encore, de sorte qu’en quelques semaines, le village fut littéralement envahit par une foule de curieux venant quotidiennement faire la file, soit pour attacher leur ficelle et bout de papier soit pour prendre connaissance du message qui leur était adressé. On n’avait jamais vu un cimetière aussi rempli de gens vivants.
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Puis, peu à peu, un malaise s’installa au sein de la population. La nature humaine étant ce qu’elle est, les gens ne se contentèrent pas de lire uniquement les messages qui leurs étaient adressés, de sorte que des tas de secrets que l’on croyait enfouis avec les défunts commencèrent a refaire surface et se répandre en ragot un peu partout dans les villes environnantes. À la lumière de certaines informations, les autorités policières reçurent même de la pression pour ouvrir certaines enquêtes, notamment une concernant le Colonel Preston.
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L’épouse du Colonel Preston était décédée l’année précédente de mort naturelle, c’est du moins ce qu’indiquait le certificat de décès. Or, à peine 2 mois après l’incinération, une plantureuse blonde était venue s’installer dans la résidence du colonel, ce qui avait suscité toutes sortes de rumeurs sur les causes du décès. En outre, pour ajouter aux rumeurs, depuis quelques jours, l’épouse défunte était devenue passablement volubile. Elle avait ainsi laissé entendre, par arbre interposé, qu’elle dévoilerait bientôt une cruelle vérité.
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Or, le lendemain matin, peu après le lever du soleil, alors que les gardiens avaient quitté leurs postes de garde, quelqu’un s’introduisit dans le cimetière, une hache à la main et l’arbre bavard fut réduit au silence. Comme on s’en doutait, l’enquête menée par les policiers identifia le Colonel comme responsable de la mort de l’arbre, mais faute de mieux, on dû se contenter de l’accuser de méfait public de sorte qu’il écopa d’une amende ridicule, malgré les vives protestations de la population.
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L’arrogant Colonel se cru ainsi rassuré et à l’abri des témoignages d’outre-tombe et dans les semaines qui suivirent, on le vit régulièrement parader effrontément dans les rues du village, affichant fièrement son uniforme, ses médailles et sa plantureuse petite amie.
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Sa conduite victorieuse fut tout de même assez brève, puisqu’au printemps suivant, une énergique petite repousse vint pointer son nez au sommet de la défunte souche, annonçant ainsi la reprise éventuelle des témoignages de l’au-delà.

Quelle famille!

Publié: 11 mars, 2017 dans Bonheur

Au retour de Houston, hier, j’étais assis dans l’avion au côté d’une jeune maman qui voyageait seule avec ses trois jeunes enfants de 8 mois, 3 et 5 ans, dont un passablement actif. C’est du sport de gérer ainsi un voyage d’un peu plus de 4 heures avec une si jeune famille sans que ça ne tourne à la catastrophe. Elle semblait pourtant plutôt zen face à tout cela et s’était bien préparée pour les tenir occupés, avec des jouets, des livres, tablettes électroniques avec la série passe-partout. J’ai mis à profit mes compétences de jeune grand-papa pour lui donner un coup de main, soit en tenant sa souriante petite puce dans mes bras le temps qu’elle s’occupe des deux autres, soit en lisant un livre à son plus jeune fils de 3 ans à un autre moment, ou en discutant sérieusement avec lui au sujet des rivets posés partout sur les ailes de l’avion et qui l’intriguaient beaucoup.

En jasant un peu avec elle, j’ai vite compris qu’ils menaient une vie de famille très très active et un peu atypique. Résidents de Houston depuis quelques années, ils venaient à Montréal pour passer quelques jours en famille. Lui, ingénieur pour l’Agence Spatiale Canadienne, basé à Houston depuis 8 ans et voyageant beaucoup pour son travail, elle, médecin pour une communauté inuit du grand nord, donnant des consultations à distance une partie de l’année et se rendant sur place le reste du temps. Elle s’apprêtait d’ailleurs à retourner dans ce village inuit pour quelques semaines de consultations cliniques en y amenant son bébé et sa cousine. Pendant ce temps, son mari reviendrait à Houston avec les deux plus vieux et la belle-maman. Ouf, quelle famille!

Prendre une identité

Publié: 11 février, 2017 dans Bonheur, famille, Juste du bonheur

prenomsLa question du prénom de l’enfant à naître est souvent débattue dès les premiers mois de grossesse. Si c’est une fille, si c’est un garçon, les prénoms préférés de l’un et l’autre sont débattus avec le conjoint, mais aussi très souvent avec la famille élargie. Mes deux premiers petit-enfants se nomment Béatrice et Achille et ça leur va à merveille. Je les imaginerais difficilement avec un prénom différent. Souvent, les prénoms sautent quelques générations avant de revenir d’actualité, parce qu’il n’est plus très fréquent de donner aux enfants des noms semblables à ceux des parents ou même des grand-parents. On remonte souvent une génération plus loin, parfois plus. C’est ainsi que les deux suivants qui s’annoncent pour bientôt (février et avril), deux garçons seront prénommés, à moins d’un changement de dernière minute, Colin et Georges.

C’est important un prénom, parce qu’il nous collera à la peau toute une vie.

Selon internet, Colin est dérivé du prénom grec Nikolaos qui combine Nike et Laos et qui signifie victoire du peuple. Ce sera donc un démocrate dans l’âme. de 20 à 40 Colin voient le jour au Québec à chaque année. Colin sera le frère d’Achille.

Georges est dérivé du grec Georgios qui servait à désigner les agriculteurs ou les travailleurs de la terre. Il sera donc habile de ses mains. Tout au plus une dizaines de Georges naissent chaque année au Québec depuis 2010. Ce qui est amusant ici, c’est que ce sont les parents de Colin et non ceux de Georges qui possèdent une ferme laitière. Georges sera le petit frère de Béatrice et ses parents ont leur entreprise de design graphique pour  jeux de table, Mr Cuddington.

Reste maintenant à mettre un visage sur ces prénoms. On a tous bien hâte!