iglooAujourd’hui, j’ai passé la journée à ne rien faire ou à peu près. On dirait que ces temps froids me rendent un peu somnolent, comme un ours qui hiberne en attendant le retour du printemps. Je me suis installé sur le canapé du salon et me suis emmitouflé dans ma doudou préférée en regardant par la fenêtre et piquant des petits dodos intermittents.

Ce n’est pas juste le froid (-23 ce matin), mais surtout le vent qui soufflait fort, soulevant des tourbillons de neige. Et puis, en fin de journée, le vent a considérablement diminué, alors je suis sorti pour aller pelleter et me dégager une voie jusqu’au bac de compost et enlever de l’entrée la neige qui n’avait pu l’être par le déneigeur qui était passé avec son gros tracteur rouge. Après cette journée où le sol a été balayé par les vents forts, la neige n’était pas floconneuse et légère comme hier, elle avait plutôt la consistante « pukaangajuq », comme on dirait en inuktikuk, c’est-à-dire avec la fermeté correcte pour la découper au couteau à neige et se construire un igloo.

 

 

equilibrePar définition, l’équilibre demeure un état fragile. Avoir une alimentation équilibrée ou une vie équilibrée est un exercice qui requiert une certaine rigueur et un peu de sagesse, à défaut de quoi, on se balance constamment d’un côté à l’autre avec une amplitude variable selon les tempéraments.

 

Bonne année 2018

Les 3 vies de Thomas

Publié: 9 novembre, 2017 dans Bonheur, Réflexions, Société

Près de mon lieu de travail, il y a un cimetière. J’aime déambuler dans ces lieux. J’y vais à l’occasion durant l’heure du lunch. C’est paisible. Quand on s’y promène, on ressent des tas de souvenirs-fantômes diffus qui flottent ici et là à hauteur d’homme autour de ces noms gravés dans la pierre. Des histoires d’amour et des drames aussi. Des couples qui ont vécu ensemble très longtemps et qui sont décédés presqu’en même temps, comme s’ils n’avaient pu vivre l’un sans l’autre. D’autres pierres, sont presque complètement effacées par l’usure du temps, comme si ces personnes décédées avaient perdu leur nom, faute de descendance pour garder vivant ce qu’ils ont été. Et puis, cette pierre m’a particulièrement touché. Un couple, Patrick et Mary Hackett, ont perdu 6 de leurs enfants, âgés de moins de 3 ans entre 1845 et 1856. À cette époque, la mortalité infantile était élevée. 20% d’entre eux mouraient dans leur première année de vie. Aujourd’hui, on s’attend tous implicitement à faire éventuellement face à la mort de ses parents, mais pas à celle de ses enfants. La gastro-entérite était souvent la cause des décès au milieu du 19ième siècle. Beaucoup de femmes n’allaitaient pas leur bébé. On leur donnait du lait de vache non pasteurisé et l’eau courante n’était pas non plus contrôlée.

Des 6 enfants de Patrick et Mary décédés en bas-âge, 3 avaient été nommés Thomas. C’est quasiment une malédiction.

cimetiere

3 secondes

Publié: 2 novembre, 2017 dans Bonheur, Questions existentielles, Réflexions

3 secondes. En si peu de temps, le cours d’une vie peut changer radicalement. Hier soir, alors que je revenais du travail par une étroite route de campagne, j’ai vu, un peu plus loin devant moi, un type qui montait la côte en vélo. J’ai ralenti parce qu’une voiture venant à contre-sens s’est alors pointée en haut de la côte et je voulais éviter qu’on se croise tous au même moment. Puis, tout à coup, sans raison apparente, le cyclise a chuté et s’est étalé par terre de tout son long jusqu’au milieu de la voie. J’ai freiné rapidement, mille-et-un, mille-et-deux, mille-et-trois. Le type s’est relevé, a pris son vélo  pour se ranger sur le bas-côté et m’a regardé. Je lui ai fait signe pour savoir s’il était okay et il a levé le pouce. Je suis donc reparti. Un peu secoué.

Si j’étais parti 3 secondes plus tôt, si j’avais forcé un feu jaune ou roulé juste un tout petit peu plus vite, j’aurais pu être à sa hauteur quand il a chuté, sans avoir le temps de réagir et je l’aurais frappé, le tuant peut-être, provoquant un drame terrible auprès de ses proches et également dans ma propre vie, mais à 3 secondes près, j’ai évité ce hasard du destin et ma vie continue comme si de rien n’était.

Merci le temps, merci la vie, merci mon Dieu.

Lever de soleil émouvant ce matin. Depuis quelques mois, j’ai changé d’emploi et depuis, je dois voyager vers l’est pour me rendre au travail alors qu’auparavant, je voyageais systématiquement vers l’ouest. J’ai donc le privilège de profiter pleinement du lever du jour quand vient l’automne, particulièrement à ce moment-ci de l’année. Ce matin, c’était juste grandiose. Je n’ai pas pris personnellement de photos, mais heureusement je réalise que plusieurs l’ont fait. Merci l’automne, pour ce moment de bonheur.

Crédit photo: lemayeve & Ntehrani1

 

Nostalgie projetée

Publié: 29 octobre, 2017 dans Écriture, Bonheur, Réflexions, Société

Je ferme les yeux et je me projette mentalement dans un avenir possible où je n’aurai plus auprès de moi tout ceux que j’aime, un avenir où je n’aurai plus les mêmes capacités physiques et mentales, un avenir où je penserai avec une certaine nostalgie à tout ce que j’avais à une autre époque, sans le réaliser pleinement, à la paix relative dans laquelle nous vivions, à des débats d’idées plutôt que des combats armés, à une situation économique où en plus d’un toit et d’un repas, vous avions le temps de regarder pousser les fleurs, à une terre et un climat qui n’étaient pas détruits par la surexploitation et où on pouvait prendre un verre d’eau sans devoir le payer. Puis, j’ouvre les yeux sur aujourd’hui et je suis attentif à ce qui se passe autour de moi pour apprécier l’instant.

Et je me dis, également, que des bonheurs aujourd’hui insoupçonnés, viendront aussi fleurir demain.

 

La mémoire du rêveur

Publié: 15 octobre, 2017 dans Bonheur, psychologie, Réflexions, rêves

Dans un rêve, je me suis souvenu d’un événements survenu auparavant dans un autre rêve, comme une mémoire parallèle qui ne s’active que dans ce monde.

À tous les jours ou presque, quand j’ouvre les yeux, je me souviens du dernier rêve de la nuit, que je tourne en boucle à quelques reprises, m’interrogeant sur le sens qu’il peut avoir et très souvent, cela ressemble à des mises en scène visant un apprentissage émotif, une façon de d’expérimenter à l’avance comment je réagirais dans telle ou telle situation, une façon également de ramener à l’avant-plan les pensées qui ont occupées mon esprit la journée précédente.