Les grandes organisations et les valeurs

Publié: 6 avril, 2009 dans motivation, Société
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bigbusiness

 

J’ai la curieuse et désagréable impression que plus les entreprises ou les organisations grossissent, plus elles perdent les valeurs qui ont contribué à leur succès.

Dites-moi que je me trompe.

Avez-vous des exemples d’organisations ou d’entreprises qui sont devenues plus humaines ou plus respectueuses de leurs employés tout en connaissant une expansion?

commentaires
  1. Jackss dit :

    Bonjour Pierre

    Je crois que ton intuition est très bonne. Une thèse de doctorat en a fait une brillante démonstration. Le livre Artistes, artisans et technocrates est un des plus passionnants et les plus éloquents que j’ai lu sur le sujet.

    On voit comment les leaderships de l’artiste visionnaire, de l’artisans qui maîtrisent les connaissances aident à propulser l’entreprise vers les somments. C’est là qu’entre en scène le technocrate. Il flatte l’égo de ses supérieurs, se fait remarquer pour son audace et son sens de la productivité. Petit à petit il gravit les échelons en donnant des jambettes habiles à ses supérieurs. Puis au moment où il entre en poste, l’entreprise commence à décliner parce que l’aspect humain est trop mis au rancart.

  2. Zoreilles dit :

    La question est habilement posée, je souhaite qu’il y ait plusieurs réponses mais j’en doute. Je connais l’entreprise Tembec qui pouvait réunir les critères que tu mentionnes. Née au Témiscamingue il y a plusieurs années, elle oeuvre dans le vaste domaine de la foresterie, en transformation. Lors d’une crise financière précédente, elle a été rachetée en grande partie par les travailleurs qui devenaient actionnaires. C’était le bonheur, ils étaient motivés, se traitaient bien, avaient un objectif commun de rentabilité mais avec beaucoup d’humanité. Maintenant, je ne suis plus certaine de cette réussite. La foresterie a connu de profonds bouleversements, les crises se sont succédées sans arrêt pour cette entreprise.

    Le livre que suggère Jacks a l’air très intéressant.

  3. Minouchka dit :

    Expansion et malheureusement synonyme de déshumanisation… Bonne Pâques à toI! 🙂

  4. pierforest dit :

    @Jackss: Ce livre me paraît des plus intéressants. Je vais me le procurer. Au fond, ce que ça signifie, c’est que la mondialisation a accéléré le processus de déshumanisation des organisations, d’une part en mettant à la tête des multinationales des individus qui n’ont pas d’intérêts émotifs au succès de leur entreprise, mais strictement des intérêts pécuniers et d’autre part, en éloignant les gestionnaires de la base, du fondement de l’entreprise, de ses employés. Fatalement, une révolutions de la gestion des organisations viendra dans les années à venir.

    @Zoreilles: C’est typique. Dès que les choses commencent à aller moins bien, chacun cherche à limiter ses pertes, les objectifs communs prennent le bord et on se limite aux objectifs sectoriels ou individuels. Si on constate une fuite dans le bateau et que tous se ruent sur les bouées de sauvetage au lieu de colmater la brèche, nécessairement, le bateau va couler.

    @Minouchka: Je suis idéaliste et j’aime à croire que l’on trouvera un moyen de sortir de ce qui semble une impasse. Joyeuses Pâques à toi aussi! 🙂

  5. Gwendal dit :

    Bonjour !
    Encore une bonne question… Même si je crains que la réponse la plus évidente soit la bonne ! Les relations humaines se développent plus facilement dans un petit groupe que dans un grand. Il est donc normal qu’une fois que l’entreprise a pris du poids, celles-ci passent au second plan. J’ai en tête l’exemple d’une grande entreprise française… Il s’agit de la FNAC. (C’est l’équivalent de Virgin mégastore, livres, disques, vidéos, etc). Lorsque l’entreprise fut créée elle était à la pointe du « management à la cool ». Les employés y étaient de vrais passionnés, bien traités, bien payés, motivés par un même amour : Partager la culture.
    Quarante plus tard, c’est devenu une usine à vendre de « l’Entertainment », avec un chiffre d’affaire de 7,3 milliard de CAD, où le profit passe avant les salariés… Qui sont devenus de vrais esclaves, démotivés, sous payés, et incompétents car embauchés uniquement pour des contrats précaires.
    Ca donne envie de grandir, non ?

  6. pierforest dit :

    @Gwendal: Exemple éloquent. Il semble que lorsque l’objectif soit d’abord et avant tout de créer, d’innover, de fournir un produit ou un service de qualité, la croissance financière va de soi, mais que les valeurs s’effondrent quand c’est la croissance financière qui devient l’objectif. Or, dès que l’entreprise atteint une certaine ampleur, il semble que la décision naturelle soit de placer à la direction des individus n’ayant QUE des objectifs financiers et alors forcément, les valeurs s’effondrent. C’est préoccupant.

  7. Gwendal dit :

    Jolie pierre dans le jardin de la décroissance, n’est-il pas ?

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