NON

Publié: 13 janvier, 2010 dans famille, Questions existentielles, Réflexions
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Quand je dis non, c’est NON!

Est-ce que vous avez déjà entendu cette expression?

Elle est d’ailleurs assez courante.

Elle présuppose qu’après avoir reçu un non à une demande, on persiste, on discute, on tente de faire changer la décision pour un oui.  Certains enfants qui auront été rabroués sévèrement et à répétition, pour avoir osé rouspéter, critiquer, discuter, adopteront alors un comportement de soumission: On m’a dit non, alors je baisse la tête, je courbe l’échine, je me tais et c’est comme ça.

« Cet enfant est un ange et ne me cause aucun problème. Il ne dit jamais un mot plus haut que l’autre », diront parfois les parents de ces enfants, valorisant ainsi les comportements soumis.

Qu’arrivera-t-il à ces enfants, lorsqu’ils deviendront adultes?

Seront-ils des adultes qui affirment leur position, discutent, négocient?

Peu probable, du  moins pas sans avoir fait par eux-même un long apprentissage de l’affirmation de soi. Après avoir été rabroués par leurs parents, ils le seront probablement par leur patron, voire leur conjoint.

Encourager ses enfants à devenir des adultes qui s’affirment, c’est accepter de les voir négocier, critiquer, rouspéter, c’est aussi accepter de mettre son ego de côté et revoir une décision déjà prise, c’est accepter qu’un non puisse devenir un oui à la lumière des nouvelles informations qui sont présentées, c’est permettre aux enfants de voir un non comme « un non à la lumière des faits tels que présentés », mais pas nécessairement un non définitif, c’est stimuler leur intelligence, leur sens de l’argumentation, c’est leur permettre, plus tard, d’affirmer leurs droits, plutôt que de passer leur vie à subir la volonté d’autrui.

C’est aussi apprendre à ne pas considérer un non comme une fin en soi, un rejet final et sans appel.

Source de l’image: http://lesparesseuses.typepad.com/le_blog_des_paresseuses/images/2008/03/25/blog14_non.jpg
commentaires
  1. Méli dit :

    Très intéressant point de vue, je suis assez d’accord… J’espère inculquer ce genre de valeurs à ma fille… lui apprendre à penser, à être critique, à négocier, mais toujours dans le respect de l’autre…

  2. Solange dit :

    Je suis d’accord avec ça.

  3. Ne pas abuser des non. Il faut qu’ils aient un sens et un but. Mes parents l’utilisaient bien rarement et j’ai fait de même avec mes enfants. « Maman, on peut manger sous la table? » Pourquoi je dirais non alors que je peux dire oui, que c’est sans danger et sans douleur? Parce que c’est plus compliqué de déménager la vaisselle sous la table, de s’assoir par terre, parce que c’est fou, parce que c’est marginal? On en a fait nous, des soupers sous la nappe, parce qu’il n’y avait pas vraiment de raison de refuser et on s’est amusé pas mal de la chose. Comme vous le faisiez remarquer en commentaire chez Unautreprof, les enfants. quand on ne pratique pas trop le non facile et qu’on accepte de voir le monde avec leurs yeux, nous ouvrent tout un autre univers. Et en plus, on leur permet de développer un esprit critique comme vous le dites dans votre billet (dont je m’écarte un peu….. ;o)

  4. pierforest dit :

    @Meli: Ce n’est pas toujours de tout repos pour le parent, mais à terme, je pense que l’enfant en bénéficiera.

    @UneFemmeLibre: J’aime beaucoup cette idée de manger sous la table. Elle reflète bien cette vision que les enfants ont de la vie. Je trouve utile de se permettre de voir à travers leurs yeux. En entrant dans leur monde, non seulement on dédramatise le quotidien, mais on établit également une belle relation avec les enfants.

  5. unautreprof dit :

    Ah!
    Je ne suis pas parent mais bien enseignante, je n’ai donc pas la même expérience, mais ton propos est super intéressant.

    Je suis surtout contre le « non » sans explication. Pas qu’il faille se justifier, ça n’a rien à voir, mais quand on s’adresse aux jeunes comme s’ils étaient des personnes intelligentes capables de comprendre qu’on puisse dire non pour des raisons de sécurité ou autres (même un « non » parce que ça ne me tente pas mon coco en ce moment qu’on fasse ça), ils développent aussi leur jugement critique et le respect de la limite de l’autre personne.
    Je dis parfois en blaguant (mais en étant très sérieuse au fond) à mes élèves qui veulent ne pas mettre leur foulard dehors : « Non, tu le mets. J’ai froid alors tu t’habilles… »

    Comme tu dis, il faut aussi savoir revenir sur une décision. Souvent, quand mes élèves me déroutent par une commentaire pertinent qui me fait changer d’idée, je souris, bien contente et fière, surtout quand ils l’amènent avec respect et conviction…

  6. Pur bonheur dit :

    Cent pour cent d’accord avec vous. Ma fille était tellement bonne pour défendre son point de vue en tout, que je la voyais devenir avocate!
    Et elle était aussi excellente pour défendre son petit frère. Lui était plutôt facile à élever, il a mis plus de temps à s’affirmer, mais aujourd’hui il est plutôt têtu!
    Et c’est bien tant mieux pour lui. Il étudie pour être à son compte en fin d’étude et il va devoir négocier ses contrats, donc..

  7. pierforest dit :

    @Unautreprof: « J’AI froid alors tu t’habilles! ». J’adore 🙂

    @PurBonheur: Ma plus jeune a également un don assez particulier pour argumenter et depuis qu’elle est toute petite. Je trouve que même si c’est plus exigeant par moment, c’est une qualité qui prend de plus en plus d’importance au fur et à mesure que les enfants vieillissent.

  8. azuldelmar dit :

    J’aime beaucoup quand les parents utilisent le jeu d’argumentation avec leurs enfants. Les aider à penser de façon originale c’est les rassurer quant à leur place dans la famille et dans le monde plus tard.

  9. cath dit :

    Très intéressant point de vue… les enfants qui accepteront le NON impératif sans rechigner ont deux routes à mon sens : 1- être soumis toute leur vie. 2- être rebelle à tout, systématiquement. Parce que leur libre arbitre n’aura pas été cultivé, parce qu’ils n’auront pas le sens de l’argumentation (qui n’est pas inné…)

    Après, il faut reconnaitre aussi et je le dis pour l’avoir pratiqué, qu’entrer toujours en dialogue peut être fatigant au quotidien !!! Alors parfois, un « non catégorique », parce-que là, on n’en peut plus et on n’a pas l’énergie pour discuter et aussi pour que les enfants sachent qu’au final, la décision appartient aux parents, c’est pas si grave non ?

  10. pierforest dit :

    @Cath: Oui, je pense comme toi. Il est en effet fort probable que ces enfants deviennent soit soumis, soit rebelles. Pour ce qui est de la fatigue de constamment négocier, je suis également tout à fait d’accord et on doit se donner le droit de dire parfois « C’est non et je ne veux plus en discuter ». On est tous humains après tout.

  11. Éléonore dit :

    Je vais faire tache, mais je m’assume lol
    Je comprends qu’un non doit reposer sur des bases solides et qu’il n’est pas immuable.
    Mais un enfant doit aussi accepter un non sans toujours discuter.
    Va t-on passer notre vie à tout discutter, tout négocier ?
    On éleve un enfant dans le but de le rendre autonome et le préparer à la vie.
    Oui dans la vie il y a des situations de négociation, mais il y a aussi des situations d’autorité.
    Lundi matin mon chum se présente à son travail et il négocie une semaine de 4 jours ? c’est une blague ou quoi !
    La réalité de la vie c’est aussi ça. Ton enfant aura un prof, un directeur, une employeur, un PDG, un chef de police, un juge, une premier ministre au-dessus de lui et il faut aussi lui apprendre que l’autorité ne se discutte pas toujours.
    Et comme employeur mon conjoint te dirait que les jeunes employés ont parfaitement appris la notion de « je discutte », « je me plains », etc. mais la notion de l’autorité dans une usine de 5000 employés est une hierarchie qui existe et que tu dois respecter veut veut pas !

    Je me souviens toujours de cet exemple qu’on m’avait donné dans un cours de pédagogie: une mère et son enfant dans une barque: maman je peux me lever ? non ! Pourquoi ? parce que c’est trop dangreux. Oui mais je vais faire attention, je peux me lever ? non, je te l’ai dit. Oui maisss maman je suis capable, je vais me lever juste un petit peu, regarde, je peux maman ? Non ! Pourquoi je dois toujours répéter, la barque va verser. Oui mais maaaaman je vais juste venir près de toi , regardes je suis caaaaaaa…. plouf à l’eau…

    Donc oui parfois l’obéissance doit être sans discusssion. Il serait ridicule de considérer que nous avons 20-30-40 ans de plus que nos enfants et que notre jugement soit si déficient qu’il faille toujours le remettre en question non ?

  12. pierforest dit :

    @Eléonore: Intéressant point de vue. Dans toutes les sociétés il y a des règles et des hiérarchies de pouvoir. Un policier me fait signe te passer sur une lumière rouge? Je en discuterai pas, à savoir si c’est illégal ou pas, je vais passer. Je risquerai d’ailleurs un ticket pour « refus d’obtempérer ». 🙂

    Dans le cadre du travail également, il y a des moments ou l’on doit également obtempérer. Je suis d’accord avec tout ça. Les employés qui discutent toujours dans une usine se retrouvent d’ailleurs généralement dans le rôle de délégué syndical. Discuter c’est, d’une certaine façon garder son libre-arbitre. Se donner le droit de remettre en question une directive, même si elle vient d’une figure d’autorité.

    Discuter ne signifie pas nécessairement refuser d’obtempérer, mais de demander des justifications. Dans l’armée, ça n’existe pas. « C’est un ordre! ». On habitue les soldats à ne pas réfléchir, à ne plus avoir de libre-arbitre, à obéir sans réfléchir.

    Savoir argumenter sans péter les plombs, exprimer son désaccord, demander des justifications, négocier, n’est pas une compétence innée (même si certains y sont plus doués). Ça s’apprend et c’est là, la raison de mon billet. Si on a la chance de faire cet apprentissage dans le cadre familial, ce seront des compétences acquises qui deviendront fort utiles par la suite.

    La semaine de 4 jours? Pourquoi pas. Il y a peut-être une façon de présenter la demande pour que l’entreprise soit gagnante également. Négocier, c’est justement être en mesure de trouver une formule qui devienne acceptable à l’autre partie. Imaginons que la semaine de travail est de 35 heures, répartie sur 5 jours. Si la proposition est, pour le même salaire, de faire 4 journée de 9 heures, l’entreprise se retrouverait avec un gain d’une heure par jour, par employé et ton conjoint pourrait aussi y trouver son compte. Le contexte ne s’applique sans doute pas, mais je veux simplement démontrer que le pire qu’on puisse lui réponde en demandant une semaine de 4 jours, c’est non. S’il a des arguments pour négocier, qui sait…peut-être que le non pourrait devenir un oui.

  13. Zoreilles dit :

    J’ai eu la chance de grandir dans une famille où ce concept s’incarnait quotidiennement dans les deux extrêmes, avec un père qui nous considérait comme des personnes à part entière et une mère, très autoritaire, ex-enseignante, qui se rabattait souvent sur cette phrase : « J’ai dit non, c’est non, et ce sera toujours non, pas de rouspétage » alors, évidemment, avec Papa, on a appris à vendre nos idées, peaufiner nos arguments, discuter des pour et des contre, bien se préparer à la discussion avant de demander quelque chose, alors qu’avec Maman, c’était autre chose qui nous obligeait à prendre sur nous constamment pour rester polis!!!

    Quand je suis devenue maman à mon tour, j’ai voulu donner ce que j’avais reçu de meilleur. Est-ce que j’ai dit non? Bien sûr que oui mais jamais sans expliquer pourquoi ni demander à ma fille si elle avait l’impression que j’avais compris de quoi il s’agissait. Et j’étais toujours prête à me remettre en question après réflexion et/ou si des faits nouveaux survenaient. Je lui disais souvent « Dis-moi pourquoi je devrais dire oui » et j’ai vu des fois où d’elle-même, après son argumentation, elle concluait ainsi : « Ouais, si j’étais à ta place, je pense que je dirais non ». J’ai même vu une fois où elle m’a avoué après coup qu’elle avait été soulagée que je lui refuse cette permission qu’elle m’avait demandée pour une fin de semaine dans un chalet où elle ne se serait pas sentie en sécurité!

    Au fond, j’ai été une maman négociable, peut-être parce que je suis rebelle moi-même à l’autorité bête et méchante. J’aime que ce soit le bon sens qui prime, je n’ai jamais voulu représenter l’autorité pour mon enfant mais être une présence bienveillante, aimante, fiable, un guide dans la vie.

  14. pierforest dit :

    @Zoreilles: Ce qu’on a vécu, enfant, contribue beaucoup à ce que l’on devient une fois adulte. En fait, c’est un peu notre coffre à outil. Si on a les bons outils, il est plus facile d’arriver au résultat souhaité. Si nos outils sont de moins bonne qualité, ça ne signifie pas qu’on ne puisse atteindre les mêmes résultats, mais qu’on devra sans doute y mettre plus d’efforts. Être un guide dans la vie pour nos enfants, c’est également ainsi que je perçois mon rôle face à eux.

  15. […] Allez visiter le blog suivant, lui aussi traite du même sujet : https://floconsdebonheur.wordpress.com/2010/01/13/non/  […]

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