Point de rupture

Publié: 17 février, 2010 dans famille, L'essentiel, plaisir, Questions existentielles, Réflexions, Société
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La présente génération de jeunes sera très probablement la toute première qui aura une espérance de vie moindre que celle de leurs parents.

Cette génération est moins active et a de mauvaises habitudes alimentaires et elle préfère aussi généralement les aliments industrialisés aux fruits et légumes frais.

Un prof d’éducation physique m’avait d’ailleurs déjà mentionné, il y a une dizaine d’années, que les élèves qui se classaient « moyens » par leurs performances physiques dans les années ’80 auraient été classés « forts » au début des années 2000 avec les mêmes performances.

Ces « natifs numériques » (voir la définition sur Wikipédia), adeptes du cocooning passent beaucoup de temps à se projeter dans le virtuel et moins à bouger et vivre dans le concret. Il faudrait sans doute ramener les bonnes pratiques du « vas jouer dehors! »…même si dehors il y a toutes sortes de trucs qui les menacent: Ils peuvent se faire frapper par une voiture, enlever par un pédophile, déchiqueter par une souffleuse à neige (pas cette année), taxer par le matamore du coin ou enrôler dans un gang de rue.

commentaires
  1. Ouf! Vous êtes réjouissant! ;o) Je dirais qu’il y a les deux extrêmes. Des jeunes qui en font énormément beaucoup de sport, il y en a encore. Les ligues de soccer et les arénas sont pleins de jeunes sportifs souvent poussés (encouragés?) par des parents anxieux qui n’hésitent pas à se lever à cinq heures du matin et à leur crier leur présence des gradins. L’obésité infantile nous a-t-elle rejointe au point que vous décrivez? C’est certain que plus de sport à l’école serait une excellente chose. Ma fille est depuis septembre dans une école qui a une heure d’éducation physique tous les jours et je vois une nette différence dans son tonus et sa vitalité. Ça devrait être généralisé. Pour la malbouffe, ne sommes-nous pas les premiers coupables en tant que parents? Quand j’entends des jeunes parents dirent à leur môme qu’ils iront célébrer son anniversaire au Mcdonald, je suis découragée. Mais il y a tous les autres qui font de beaux efforts. Ma dix-neuf ans, qui était très junk food, au point de ne pas manger mes beaux repas-santé quand elle habitait encore avec nous, cette même fille,maintenant maman, se préoccupe beaucoup de la santé de son bébé et a totalement changé son alimentation. Il y a de l’espoir.

  2. Solange dit :

    On a toujours tendance à dénigrer les générations qui nous suivent, quand j’étais jeunes il y avait beaucoup de familles nombreuses et pauvres, le baloney et le beurre de peanut étaient le repas de plusieurs. C’est vrai qu’il y avait la rue comme terrain de jeux.

  3. pierforest dit :

    @UneFemmelibre: Évidemment, je parlais de façon générale. Il y a et aura toujours des sportifs et des parents pour les encourager. Effectivement, la responsabilité première revient aux parents d’éduquer leurs enfants sur les bienfaits d’une alimentation saine et de l’activité physique. Possible, également que les habitudes changent en vieillissant. Pour ma part, j’ai eu mon époque très Kraft Dinner, alors qu’en regardant mon repas, ce midi, c’est autrement plus santé. Comme votre fille, on évolue dans nos habitudes.

    @Solange: Eh oui, soit on dénigre la génération précédente, soit on dénigre la suivante et le plus drôle, c’est que cette habitude se répète de génération en génération. 🙂

  4. Zoreilles dit :

    Ce que je trouve dommage pour les jeunes de maintenant, c’est que pour pratiquer des sports, on dirait qu’ils ont besoin d’être dans des équipes structurées.

    Quand j’étais petite, jouer dehors était l’activité principale autant qu’aller à l’école. On ne pratiquait pas le vélo, on faisait du bécyk, on ne s’entraînait pas officiellement mais on jouait des soirées de temps à la corde à danser au printemps et à l’été, on courait à perdre haleine en jouant à la cachette, à la police délivrance, aux drapeaux, au ballon-chasseur, l’hiver, on allait glisser où il n’y avait pas de remonte-pente, on n’y pensait même pas, on jouait au hockey bottine dans la ruelle avec des mottes de neige comme buts.

    Bref, on n’avait pas besoin de rien sauf plein de petits amis, des voisins, etc. Nos parents nous trouvaient en très grande forme, même des fois trop! C’est vrai que la technologie tellement accessible a un peu tué tout ça…

    Quand je raconte ça, j’ai l’impression d’avoir 90 ans et de venir d’une autre planète.

  5. pierforest dit :

    @Zoreilles: Tu énumères effectivement les activités extérieures auxquelles j’ai également participé (sauf peut-être sauter à la corde 🙂 ). Effectivement, nous n’avions pas besoin d’être encadré, on s’organisait tout seul et tout était OK en autant qu’on soit rentré pour souper ou avant 20h ou 21h selon l’âge. La plupart du temps, au retour de l’école, on prenait une collation et on repartait dehors jusqu’à l’heure du souper, puis c’était la même chose en soirée, sauf lorsqu’on avait des devoirs à terminer.

    Maintenant, les enfants sont pris en charge plus tôt, on les encadre dès le jeune âge, à la garderie, on les inscrit à des cours parascolaire, de musique ou autre chose, on les inscrit dans une équipe de hockey ou de soccer et comme il faut aller à l’arena et que c’est trop loin de la maison, les parents suivent pas à pas ces activités. Je constate que j’avais beaucoup plus de liberté et de latitude que les enfants d’aujourd’hui, les miens compris, peuvent avoir. À 10 ou 12 ans, on partait à la chasse, à travers champs, avec nos carabines à plomb et nos lunchs, le samedi matin et on ne revenait que tard en fin d’après-midi et jamais il n’y avait une mère qui s’inquiétait.

    C’est sur qu’on a fait quelques trucs pas nécessairement très sécuritaires, mais en même temps, sachant qu’il n’y avait pas un parent qui nous avait constamment à l’oeil, on devait assumer nos gestes, parce que personne n’était là pour nous dire que c’était dangereux.

  6. Zoreilles dit :

    Restais-tu proche de chez nous, cou’donc? Tu as aussi 90 ans et tu viens d’une autre planète? ;o)

    Là, je vais être démagogique, l’espace d’une seconde… Maintenant que ça prend 4 casques de bécyk un par-dessus l’autre, des genouillères, une bouteille d’eau pis un vélo high tech, les jeunes trouvent la vie trop compliquée pour jouer dehors, ils s’encabanent pour jouer à des jeux en ligne avec des copains qu’ils ne connaissent pas! (C’est pas un peu ce qu’on fait, nous, les adultes, avec nos blogues?…) Oups, la frousse me prend là…

    C’est vrai que la vie des jeunes est plus compliquée que l’était la nôtre, comme notre vie est plus compliquée que l’était celle de nos parents, dans le temps. « On devait assumer nos gestes », avec cette phrase, tu viens d’expliquer plein de choses.

    Même dans les CPE, les conseillères pédagogiques encadrent des activités de développement pour les apprentissages des 6 à 18 mois. Non mais, franchement, on pourrait tu les laisser être juste des bébés tandis qu’ils sont bébés? Même chose pour les poupons, les bambins et tous les noms qu’on donne aux moins de 5 ans, avant que l’école les prenne en charge.

    J’ai peur qu’on soit en train d’éduquer plein de p’tits chiens savants individualistes qui n’auront plus d’imaginaire ni de créativité et qui ne sauront plus faire face aux difficultés, à l’échec, à l’ennui, à la compétition, la rivalité, la bêtise humaine et se relever après avoir tombé.

    On n’agissait peut-être pas toujours de manière sécuritaire comme tu le soulignes très justement mais on savait inventer notre vie, faire face à l’adversité, s’ajuster à toutes les situations et marcher hors des sentiers battus lorsqu’il le fallait. Et la plupart de ces cadeaux de la vie ne s’apprennent pas ailleurs que dehors, à la dure parfois, sans supervision des grandes personnes.

    Je t’avais averti, je peux être parfois plus démagogique d’un animateur de radio poubelle quand je m’y mets!!!

  7. pierforest dit :

    @Zoreilles: Oui, tu es démagogue, mais tu sais quoi? Je suis entièrement d’accord avec toi! 🙂

  8. Air fou dit :

    Je pense que Zoreilles n’irait pas vivre au Japon… (Félixe est-elle inscrite à l’université?) Moi non plus. Mais nous japons, c’est déjà ça.

    C’est la responsabilité des citoyens qui votent même en ne se rendant pas aux urnes, et qui poursuivent la carotte de la consommation rapide à payer plus tard et surtout sans courir. Or, le bâton rapproche de plus en plus le plus tard du maintenant. N’est-ce pas sur tous les plans???

    Le cœur me fend quand je vois des enfants obèses ou en surpoids avec leurs parents à côté… Notamment.

  9. unautreprof dit :

    Plus de sport à l’école?
    Encore cette histoire?
    Pourquoi pas plus de sport les fins de semain?

  10. unautreprof dit :

    semainE
    (en voulant envoyer cette correction trop rapidement, j’ai reçu le message : vous envoyez vos commentaires trop rapidement. Calmez-vous!
    Eh ben, un ordi qui me dit de me calmer! Hihihiii)

  11. pierforest dit :

    @Zed: J’aime certaines philosphies japonaises, notamment le Kaizen, mais je n’irais pas non plus vivre au Japon parce que je suis incapable de m’asseoir sur mes talons à cause d’un manque important de flexibilité (Faudrait que je me mette au yoga). Or, c’est ainsi que les japonais s’assoient pour manger. Je serais donc forcément condamné! :). Je ne suis pas fou des carottes, mais comme tout le monde, je les préfère au bâton. Malheureusement, comme tu dis, c’est lui qui approche fatalement. Je pense que la meilleure façon que trouverons les Gouvernement pour diminuer le surpoids sera de revoir la définition en y ajoutant un petit 15% et en parlant dorénavant des personnes non-minces, plutôt que des personnes obèses. (Soupir!)

    @unAutreProf: Je ne suis pas spécialement en faveur du sport « encadré » à l’école. La période de récréation et l’heure du lunch devraient être suffisant pour permettre aux jeunes de dépenser leur énergie et être ensuite plus calme (toutes choses étant relatives) en classe. Remarque, c’est aussi vrai pour les autreprof qui tapent trop vite sur le clavier :). Le sport ou simplement l’activité physique, jouer dehors, les soirs et fins de semaine me paraît tout à fait avisé.

  12. Éléonore dit :

    Tu abordes une excellente question !
    Au USA l’espérance de vie a déjà commencé à baisser significativement
    http://www.lanutrition.fr/Baisse-de-l-esp%C3%A9rance-de-vie-aux-Etats-Unis-a-2487-145.html
    De plus, les mensurations en hauteur ont cesser de croitre pour…. s’élargir…
    Les maladies de la malnutrition se multiplient et deviennent un fardeau pour la société 😦
    Par contre je dois dire que dans ma famille nous avons pris bien soin de créer des habitudes sportives et alimentaires saines. On s’évite des problèmes pour l’avenir. Pas besoin de régimes etc on bouge plus !

  13. Éléonore dit :

    @Zoreille, tu as raison, nous quand nous étions jeunes on jouait dehors, simplement… mais dans notre temps les familles comptaient encore 2-3-4 enfants avec UN papa et UNE maman.
    Aujourd’hui il n’y a plus d’enfant dans les voisinages, s’il y en a on doit savoir si ce soir il est chez papa ou maman, on doit savoir si maman permet de jouer dehors passer 7 heures ou bien si la gardienne veut pas, ou bien si maman à peur des gangs de rue, etc

  14. pierforest dit :

    @Éléonore: C’est préoccupant en effet. Chez moi, un peu par la force des choses, on a également commencé à bien s’alimenter. Je dis « par la force des choses », puisque c’est l’hypoglycémie de ma chérie qui nous a progressivement amené à éliminer les sucres rapides de notre alimentation. Pas complètement, mais une réduction très significative. On prend du pain de blé entier ou de kamut, les pâtes ne sont plus blanches, mais d’épeautre, la farine c’est de la farine d’épeautre, nos légumes sont bios (directement du producteur) et c’est la même chose pour la viande. C’est nécessairement plus coûteux, mais ce sont aussi des choix de vie. Et bouger est également un élément clé. Je me dis que ces deux éléments alimentation-activité physique sont le secret de la longévité.

  15. Non, une récréation de dix minutes le matin et pas de récréation l’après-midi (la majorité des écoles primaires l’ont éliminée, grugeait trop de temps) et une heure pour dîner (manger, ce n’est pas un gros exercice), ce n’est rien du tout comparé à trois heures assises le matin et deux heures assises l’après-midi. C’est malsain. Plusieurs enfants prennent ensuite l’autobus scolaire (encore assis), arrivent tard chez eux et s’installent devant la télé, ensuite souper et devoirs (encore assis). S’ils avaient une heure d’éducation physique chaque jour, ça jouerait énormément au niveau de la santé, de la forme et donc des résultats scolaires. Tout est relié.

  16. pierforest dit :

    @UneFemmeLibre: Quand j’étais enfant, il y avait une récréation le matin, l’heure du lunch était suffisamment longue pour que l’on puisse dîner et jouer au ballon-chasseur, au drapeau ou au « roi de la montagne » et il y avait une autre récréation l’après-midi. Je revenais à la maison à pied, prenait une collation et retournait dehors jusqu’à l’heure du souper. Le soir, c’était soit les devoirs, soit encore dehors. Les choses ont bien changées depuis. Je trouve dommage que pour que les enfants soient actifs physiquement, il faut que çà se fasse de façon encadrée et structurée. À l’époque, la difficulté était de garder les enfants assis, alors que maintenant, la difficulté c’est de les faire bouger. C’est le monde à l’envers.

  17. Méli dit :

    Belle réflexion… Les enfants reproduisent souvent notre exemple… Mon chum aime la malbouffe, donc il en fait souvent, alors nécessairement son fils en mange, bon, il est ultra petit et maigre, mais ça c’est sa nature… et il ne fait que jouer à des jeux vidéo, rien d’autre ne l’intéresse, son père le laisse faire car il aime ça aussi… Bon, c’est leur vie… on ne peut changer les autres… on ne peut que choisir notre vie… je mange un peu mieux, donc ma fille aussi, elle est consciente des bons choix alimentaires et j’en suis bien fière… Je pense que l’information est là, les gens sont libres… S’ils choisissent de mal manger, de ne pas bouger, c’est leur choix, je sais c’est la loi du moindre effort, mais que pouvons nous y faire ? Je mange assez bien, mais un peu trop de sucré, c’est pas facile, je voudrais bouger plus, mais parfois je manque tellement d’énergie, après de grosses journées… Je ne connais pas nécessairement la solution miracle ! Je trouve quand même dommage que les jeunes bougent moins…

  18. pierforest dit :

    @Meli: C’est toujours délicat, dans une famille reconstituée de vouloir intervenir auprès des enfants de son conjoint parce que ça pourrait créer des conflits du genre « T’es pas ma mère! ». c’est également délicat de ne pas intervenir, parce que ça peut créer deux séries de règles différentes selon que l’on est enfant de l’un ou de l’autre. Comme disait Claude Ruel (un ancien coach du Canadien), « Y en aura pas de facile! ».

    Personnellement, comme je suis plutôt du matin que du soir, je préfère prendre une marche le matin, parce que le soir je n’aurais plus la motivation d’y aller.

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