Se faire rapailler

Publié: 29 mars, 2010 dans humour, Politique, Société
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Rapailler: Verbe. Tromper une personne. Entortiller, emberlificoter dans un raisonnement trompeur. « on s’est fait rapailler! » est équivalent dans le langage des Québécois à « On s’est fait fourrer! ».  Les néologismes naissent de situations vécues.

Rappelons que la ville de Québec avait mandaté le Dr Clotaire Rapaille, qui se dit Docteur en psychologie, pour découvrir le « Code de Québec », ce qui rappelle ici le fameux livre « Le Code Da Vinci ». Le Dr Rapaille devait donc scruter, analyser la conscience collective des gens pour comprendre leur perception de la ville de Québec et ainsi découvrir le moyen infaillible de vendre la ville aux étrangers en s’adressant à leur cerveau reptilien.  Alors que l’exercice est sur le point de tourner la ville en ridicule et lui accoler des mots pas très flatteurs, le Maire Régis Labaume, une sorte de Napoléon des temps modernes,  va tenter au cours des prochains jours de s’en sortir sans trop de dommage.  C’est un dossier à suivre!

commentaires
  1. Zoreilles dit :

    Un autre synonyme aussi : Se faire enfirouaper… Pas trouvé dans le Hachette, ni le Littré ni le Larousse mais dans le Dictionnaire de la langue québécoise de Léandre Bergeron. Mais désormais, le verbe rapailler va sûrement figurer dans tous les dictionnaires, y compris celui de la langue québécoise… En prime, on aura un visage à mettre dessus.

    Depuis le début, cette histoire rocambolesque n’a pas d’allure. Elle fait couler beaucoup d’encre. Était-ce voulu? Vouloir changer l’image de sa ville pour mieux la vendre à l’étranger, c’était une bonne idée au départ, mais le travail aurait dû être confié à une firme de relations publiques, des concepteurs publicitaires qui auraient fait des focus groups, je sais pas, n’importe quoi mais pas embaucher à gros prix un clown qui traite les gens de névrosés.

  2. pierforest dit :

    @Zoreilles: Ça ne sera pas la première fois que le Québec se tourne vers l’étranger pour des solutions miracles. Je pense à l’architecte Taillibert et notre fameux stade, à Jeffrey Loria qui devait sauver les Expos de Montréal et qui les a finalement déménagé à Washington. On a des gens de talent au Québec et ils ont su le démontré avec l’incroyable succès du 400ième de Québec. On a encore trop souvent ce réflexe de peuple colonisé, de croire que parce que ça vient de l’extérieur, c’est forcément mieux.

  3. unautreprof dit :

    Finalement : ciao Rapaille.
    Je trouve notre Homme rapaillé national (Gaston Miron) pas mal plus sympathique!
    😉

  4. Air fou dit :

    « un visage à mettre dessus » hahaha! bien dit, ça, Zoreilles. Il parait qu’il se fait passer dans le milieu artistique pour Plamondon souffrant de schizophrénie et ayant perdu beaucoup de poids. Dans un cas comme dans l’autre, n’en a-t-il pas perdu!

    Tellment d’accord avec ton commentaire, Pierre. Réflexe de colonisé. En plus, il me semble que niul ne connait mieux l’image de Québec que des gens qui y habitent, non? Un tas d’artistes, à Québec… Certains auraient peut-être pu collaborer? Ce n’est pas l,expertise qui manque.

    J’ajoute « se faire passer un sapin ».

    Zed ¦)

  5. pierforest dit :

    @unAutreProf: Oui tout à fait. Je trouve même à Clotaire une ressemblance avec Bernie Ecclestone, dans le look et dans l’attitude.

    @Zed: Il ressemble un peu à Plamondon, c’est vrai, dans le la forme du visage et le port de tête un peu hautain.

    J’ai un ami Kabyle. On jase souvent de politique et de philosophie ensemble et je me retrouve beaucoup à travers sa façon de parler de son pays. Le peuple Kabyle rêve de son autonomie, comme le peuple Québécois rêve du sien. On constate que les peuples colonisés se ressemblent dans leurs réactions (idem pour les amérindiens). La conscience collective garde des traces de cette soumission à l’envahisseur, même si ça date parfois de plusieurs centaines d’années. Les guerres tuent encore, même quand les armes se sont tues. Elle tache les âmes, elle transmet de génération en génération, une sorte de honte inconsciente qui nous amène à se dénigrer soi-même.

  6. Air fou dit :

    Ce que tu dis là, on le dit au sujet des Haïtiens. Très juste, je trouve.

    Zed ¦)

  7. Eldiablo Minouchka dit :

    J’aime bien ta réflexion au sujet de ton ami Kabyle… la colonisation laisse des marques profondes. La colonisation est un plan fixé sur de longues décennies, jusqu’à l’uniformisation la plus complète. En ce qui concerne Rapaille et bien si on avait observé son visage, on aurait pu lire clairement «NE SURTOUT PAS SE FIER!»

  8. pierforest dit :

    @Zed: Tout à fait. J’ai lu avec intérêt l’histoire d’Haiti, racontée par Éléonore (http://yadesmots.blogspot.com/) et ce peuple en a vraiment bavé. On ne peut faire fi du passé, quand on porte un jugement sur le présent.

    @Minouchka: On va peut-être finir par comprendre que les meilleurs vendeurs sont ceux qui connaissent bien leur produit et qui l’aime. Demander à un étranger de vendre Québec était une aberration commerciale.

  9. Mijo dit :

    Ouille.
    On dit également « se faire entuber » en France.

  10. pierforest dit :

    @Mijo: Oui, le sens est le même. Au Canada, compte tenu de la surface de nos forêts, on dit « Se faire passer un sapin » 🙂

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