Pas facile d’apprécier la vie quand on souffre.

Que ce soit physiquement ou psychologiquement, la souffrance draine beaucoup d’énergie et prive la personne des moments de sérénité nécessaires à l’émergence du bonheur.

Pour plusieurs, la médication devient alors un moyen d’avoir ces répits, ces pauses pour reprendre un peu son souffle et dans ces moments, la simple absence de souffrance devient une forme de bonheur.

Pour d’autres, c’est la méditation ou la pratique d’une activité physique intense qui arrive à libérer ces moments de vide qui peuvent ensuite être remplis ou laissé vide, selon ce dont on a besoin.

Lâcher prise, c’est cesser de s’accrocher. Ça peut paraitre facile, à prime abord, parce qu’on se dit: « Il suffit de ne plus se battre ».  Mais derrière le lâcher prise, il y a aussi la peur, l’insécurité, le risque que le changement n’apporte pas le bien espéré. Il y a donc un terrible combat dans le lâcher-prise, soit celui d’accepter le changement sans savoir de quoi il sera fait. C’est un combat contre soi-même, c’est surtout un combat contre cette habitude, pour certains, de vouloir tout contrôler.  Derrière le refus de lâcher prise, il y a aussi un être fragile qui ne veut pas souffrir, mais se faisant, il se prive d’un bonheur plus grand.

commentaires
  1. Jackss dit :

    Très beau billet, Pierre

    Il est tellement d’actualité pour moi présentement. Il me vient tout de suite à l’idée un des mes proches et ceux de d’autres de mes amis.

    Il n’y a pas de mots pour décrire cette souffrance. Il n’y a pas de recette miracle pour la soulager. Les ressources pour dépister le problème ou y faire face sont drôlement déficientes.

    Quant à la médication, il y a là tout un débat à faire. Mon faire travaille présentement à la rédaction d’un livre sur le sujet. Je ne partage pas son point de vue. On a beau croire qu’Il y a conspiration de l’industrie pharmaceutique, je crois qu’on ne peut balayer de la main les médicaments susceptibles de corriger des dérèglements chimiques ou hormonaux.

  2. unautreprof dit :

    exact.
    On dirait que ton billet a été écrit pour moi.
    Mais je vais tellement mieux. Heureusement.

  3. Armande Simplette dit :

    Ouf… la souffrance ne prive pas que de la sérénité. Elle prive de sommeil, mais aussi de volonté, de rationnalité, d’objectivité… entre autres choses. Elle peut rendre bête et méchante la personne la plus douce et la plus aimable. Facile d’y plonger, dans la souffrance, difficile par contre de ne pas s’y noyer. La médication, l’alcool, le nutella en pot géant, on a tous nos bouées. On a aussi, parfois nos proches, nos amies, ceux et celles qui tentent de nous motiver en nous disant « quand tu toucheras le fond, il te suffira de remonter ». Paroles qui se veulent réconfortantes de ceux qui n’ont pas compris que le fond se dérobe sans cesse sous nos pieds, et que c’est toujours plus profond, abyssal… On finit aussi par apprendre à ne plus dire « rendu là, ça ne peut pas être pire… ». Mais si, ça peut toujours être pire…

    Le vendredi après-midi où j’ai pensé que seule la mort était mon unique remède, je me suis fait suffisamment peur pour ne pas me complaire dans l’idée et pour décider de sortir de mes idées noires, de mon pyjama et de mon pot de nutella pour aller m’oxygéner le corps et nettoyer la brume que j’avais dans la tête. En fait, le remède est en nous. Peut-être suffit-il de se rendre assez creux pour s’en apercevoir et de ne jamais complètement étouffer la petite étincelle de vie, la petite voix qui souffle « avance, il y aura toujours des lendemains, ça finira par aller mieux… ».

    J’ai accompagné, autrefois, une connaissance à une réunion des AA où elle allait fêter son premier anniversaire de sobriété. Les AA font une « prière » qui est connue sous le nom de Prière de la sérénité, et qui dit en substance :

    « Mon Dieu, donnez moi la sérénité d’accepter
    les choses que je ne peux changer,
    le courage de changer les choses que je peux,
    et la sagesse d’en connaître la différence. »

    Dans le travail de lâcher-prise, c’est la chose la plus intelligente que j’ai entendue et l’outil le plus efficace.

    Tout un billet que vous avez fait là. J’y ai peut-être été un peu sensible… Et dire, que je n’avais jamais confié ça, par écrit, nulle part…

  4. pierforest dit :

    @Jackss: Je suis de ton avis, concernant les compagnies pharmaceutiques. Si elles profitent financièrement des médicaments qui soulagent la douleur, elles rendent également disponible des solutions face à la souffrance. Ce n’est pas un complot quand la souffrance est bien réelle. J’ai dans mon entourage des personnes qui ont notamment eu recours à des antidépresseurs et la différence a été très significative. L’une d’entre elle m’avait déjà dit: « Maintenant, je sais vraiment ce que ça veut dire VIVRE! » et elle en profite pleinement. En même temps, elle pensait à toutes ces années de combat pour tenter de sortir du nuage noir. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant, se disait-elle. C’est vrai, il y a généralement des effets secondaires, mais entre deux maux, il faut choisir le moindre.

    @UnAutreProf: Oui, c’est vrai que j’ai pensé à toi en écrivant ainsi qu’à d’autres personnes de mon entourage. Content que tu ailles bien maintenant.

    @Armande: Le pot du nutella!! Vous m’avez bien fait rigoler. J’imagine un médecin qui prescrirait ça à son patient. :). Personnellement, le salé me réconforte davantage que le sucré. Quand j’ai une fringale, je saute sur le fromage.

    L’été dernier, j’ai eu des pierres aux reins, des calculs rénaux. C’était la première fois que ça m’arrivait et honnêtement, je ne me souvenais pas avoir vécu pareille douleur dans ma vie. Heureusement que j’ai eu accès à des anti-douleurs puissants, parce que c’était difficilement supportable. Mais ça n’a duré que quelques heures, alors qu’il y a des personnes qui doivent composer avec la douleur sur une base quotidienne. C’est tout un défi. Ce que vous mentionnez de ce vendredi après-midi est très évocateur. Au bout du compte, l’élément-clé, c’est l’espoir. Il faut avoir en soi la conviction que la souffrance cessera et comme vous le dites, cet espoir ne peut résider qu’en nous-même.

  5. Armande Simplette dit :

    Le pouvoir défrustrant du Nutella, vous ne connaissiez pas? Elles sont rares, celles qui mangent leurs émotions en respectant les 4 groupes alimentaires du Guide…

  6. volage dit :

    Le lâcher prise a beaucoup d’emprise et à lui seul il essouffle. C’est difficile de trouver la force de lâcher prise quand on n’a même plus la force de rester sous l’emprise.

  7. pierforest dit :

    @Armande: Voilà qui pourrait faire un excellent bouquin: « Mangez ses émotions tout en consommant bio! » :).

    @Volage: C’est ce qui est paradoxal: Lâcher prise demande beaucoup d’efforts.

  8. Nanoulaterre dit :

    Ton billet m’interpelle aussi Pierre. Il y a aussi cette souffrance générée par la souffrance de l’autre, la souffrance d’une mère qui voit son fils s’enfoncer de plus en plus. Pour générer un réel lâcher-prise, il y a, à un moment, cette prise de conscience qui, heureusement vous interpelle un jour. Pour moi, ce fut une véritable révélation et ça disait; « Qu’est-ce que je veux faire du reste de ma vie?
    Continuer en silence de souffrir alors que je ne peux rien changer à rien de toute façon ou bien Vivre ma vie? » J’ai choisi de vivre…

  9. pierforest dit :

    @Nanou: L’image qui me vient en tête quand je pense au verbe « S’accrocher », c’est celui d’une personne suspendue par les mains au bord du précipice. S’accrocher avec vigueur, on le fait pour sauver sa vie. Or, bien souvent, comme tu le dis si bien, la vie, c’est parfois le lâcher-prise.

  10. Isabelle dit :

    Je suis désolée de poser cette question mais je ne comprends pas ceci: lâcher-prise. Qu’est ce que le lâcher-prise? On en parle oui mais c’est un concept que je ne saisis pas.

  11. pierforest dit :

    @Isabelle: Le contraire du lâcher-prise, c’est de vouloir tout contrôler et comme c’est impossible, cela amène un grand stress. Vivez-vous ce genre de situation?

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