Archives de juillet, 2010

Si le temps ne nous était pas compté, nous pourrions réaliser absolument tout ce qui nous vient en tête. Imaginons, que demain matin j’annonce: « Je veux devenir pilote de ligne! ». Toutes sortes de bonnes raisons pourraient être invoquées pour me ramener à la raison. « Pierre, à 49 ans, tu es trop âgé pour entreprendre une telle carrière ». « La formation coûte une fortune ». « Il faut avoir accumulé des milliers d’heures de vol avant d’être éligible ». Si on regarde bien à ces objections, l’élément central, c’est le temps.

Pensez à un projet fou, n’importe lequel que vous aimeriez réaliser et fondamentalement, ce qui pourrait vous retenir c’est le temps. Le temps d’accumuler les sous pour la formation, le temps que durerait la formation, le temps déjà accumulé au compteur. C’est donc dire que si le temps ne faisait pas partie de l’équation, on pourrait réaliser n’importe quoi, absolument n’importe quoi. Je pourrais devenir un athlète olympique si j’en avais envie. Oui oui, un athlète olympique. Si j’y mettais le temps, l’entraînement, si je consacrais toutes mes énergies pendant quelques années à une discipline olympique, je deviendrais nécessairement meilleur que ceux qui ne s’entraînent pas et au bout d’un certain nombre d’années, je pourrais aspirer à rejoindre l’élite.Ahhh, mais je vous entend penser là… « Oui, mais Pierre, tu as 49 ans, tu n’es plus en mesure de compétitionner avec de jeunes athlètes ». Mais l’âge, c’est aussi le temps non?

Si le temps ne m’était pas compté, logiquement, je ne vieillirais pas non plus. Au tout début de la création, si on croit ce qu’on raconte, Adam aurait vécu 930 années. C’est tout de même pas mal. En comparaison, cela signifie qu’on serait aujourd’hui en présence d’une personne née en 1080. C’était l’époque des tournois de Chevaliers et des Croisades. À cette époque, imaginez, seulement 10,000 personnes vivaient à Londre. C’était un petit village quoi.  Quand on vit 930 années, avoir 20 ans ou 49, ce n’est pas significatif. Imaginez tout ce qui s’est réalisé durant un millénaire, c’est fou quand on pense qu’un individu pourrait avoir vécu tout cela. On imagine souvent que Caïn était adolescent ou jeune adulte quand il a tué son frère Abel. Il avait pourtant déjà 100 ans.

Ainsi, le temps est la seule limite à la réalisation de nos rêves. C’est donc une ressource non-renouvelable et comme toutes les ressources de cette nature, on se doit de les utiliser avec précaution, s’assurer qu’on les destine au bon usage. Si on vit un pays qui regorge d’eau douce, un robinet qui fuit ne semble pas un cas urgent, mais dans un pays où l’eau est rare, on ne permettrait pas une telle chose. Ainsi, mon temps, ressource non-renouvelable, doit être utilisé au meilleur usage que je puisse en faire et dans ce contexte, n’est-ce pas une priorité de réaliser ses rêves, entreprendre dès maintenant ce qui nous tient le plus à coeur?

Réaliser ses rêves demande du temps. Les résultats ne sont jamais immédiats. D’ailleurs, s’ils l’étaient, ils ne feraient pas partie de nos rêves, puisqu’on les aurait réalisés, le temps d’une publicité pendant une émission de télé. Un projet de cette nature demande donc un plan d’actions, une suite d’activités qui doivent être réalisées, les unes à la suite des autres pour se rapprocher de l’objectif. Pour passer du rêve, à la réalisation, la première étape consiste toujours à établir cette liste d’actions qui doivent être réalisées pour parvenir au but souhaité et quand on s’y met, on réalise rapidement que la partie la plus enrichissante d’un rêve, ce n’est pas l’aboutissement final, mais davantage tous le temps consacré à le réaliser. Au fond, tout cela revient à la même chose: Le bonheur, ce n’est pas une destination. Le bonheur, c’est un voyage et s’il vous tient à coeur, faites un premier pas, sans attendre.

Les 3 R du comportement écoresponsable signifient, dans l’ordre, « Réduire », « Réutiliser » et enfin « Recycler ». En gros, c’est la démarche la plus saine d’un point de vue environnemental. Si on le peut, on réduit d’abord sa consommation, sinon on tente de réutiliser ce qui existe déjà et finalement, en dernier recours, on choisi des produits qui sont recyclables.

Ma blonde a passé tout le weekend au festival international des percussions qui se déroule à Longueuil. C’est un spectacle Tam-tam, musique, rythme et danses. Le genre de truc que ma blonde aime beaucoup, mais qui n’a pas le même intérêt pour moi, alors elle va s’amuser et me raconte sa journée au retour. Elle me disait hier combien elle appréciait que ce spectacle soit écoresponsable.

Ils ont mis en place des mesures pour justement réduire les déchets résultant de la consommation des festivaliers. Sur le site, on ne vendait pas de bouteilles d’eau. On offrait plutôt un service de remplissage, soit à l’eau, soit au jus, moyennant un prix très raisonnable. Pour ceux qui n’avaient pas déjà une gourde, on en vendait sur place, invitant les gens à les ramener l’année suivante. En plus des bacs de recyclage, on retrouvait également des bacs à compost. Des agents verts patrouillaient régulièrement sur le site pour sensibiliser les festivaliers à l’importance des comportements écoresponsables. Le site web de l’événement présente, par ailleurs, une section, médiatisant les actions écoresponsables du festival.  Voilà de belles initiatives qui pourraient être reprises dans la plupart des festivals, très nombreux au Québec, durant l’été. Je dis Bravo!

Ils avaient tous les deux à peu près le même âge. Quand Oscar est décédé, la douleur a dévasté Cécile. Toute son énergie, toutes ses pensées étaient désormais tournées vers le souvenir de celui qui avait été son compagnon de vie, son ami, son amoureux au cours de toutes ces années. Sur la pierre, on avait gravé:

1888 J.B. Oscar  De Sève 1966

époux de

1887 Cécile Barrette _ _ _ _

Il ne restait qu’à remplir la case vide à droite de son nom en inscrivant l’année où Cécile irait rejoindre son bien-aimé.

Quand on perd un être cher, la douleur s’installe brutalement, prenant toute la place, comme une plaie sanguignolante, comme un état de manque omniprésent. Chaque fibre de notre corps, tous nos sens nous rappellent de façon intense la présence de la personne disparue. Une douleur qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. Puis, progressivement, le temps fait son oeuvre. Le plaisir de vivre n’est pas revenu, mais doucement la douleur s’estompe,  laissant un peu de répit. Quand une fleur perce le sol, le travail est déjà débuté depuis un certain temps. Il en est de même du deuil.  Les blessures se referment éventuellement, ne laissant qu’une longue cicatrice, témoin indélébile de la douleur passée, un souvenir marqué dans la chair. Vient un temps où l’on reprend goût à la vie, où l’on redécouvre les petits bonheurs, les sourires, la valeur de l’amitié. Parfois même, plus tard, on sentira son coeur battre à nouveau pour un autre, l’amour renaissant de ses cendres tel un phoenix .

Si Cécile était encore là aujourd’hui, elle aurait 123 ans. Elle est donc vraisemblablement décédée.  Pourtant, on n’a rien gravé dans cette petite case à droite de son nom, laissant place à différents scénarios. Je me plait à croire qu’elle a  été amoureuse, une fois de plus et qu’elle aura voulu être mise en terre auprès de ce dernier grand amour avec qui elle aura vécu une fin de vie magnifique.

En revenant de ma marche quotidienne, ce matin, j’ai entendu un oiseau au chant assez particulier. J’ai d’abord pensé à un grincement de porte. Puis, m’est venu à l’idée qu’on pouvait soit se dire que l’oiseau chante comme une porte grinçante, soit se dire que certaines portes chantent comme des oiseaux. Ainsi, un ronflement pourrait être perçu comme un ronronnement. Je peux dire que j’appartient au monde ou que le monde m’appartient. Avoir un point de vue sur la réalité, ne change pas les faits ni la réalité, mais change notre façon de vivre l’expérience.

Quand je me préparais à mon voyage pour Compostelle, en 2006, je me souviens avoir lu les commentaires des gens sur un forum de discussion. Ainsi, une dame disait avoir détesté son voyage. Il y avait beaucoup de pèlerins sur les routes cette année-là et plusieurs d’entre eux se levaient vraiment très tôt et marchaient vite pour s’assurer d’avoir une place au gite suivant. Cette  » course au gîte  » avait complètement gâché le voyage de cette dame. Une autre dame ayant fait le voyage la même année, avait répondu qu’elle était souvent la dernière à quitter le gîte, le matin. Elle restait même parfois pour donner un coup de main aux hôtes en faisant un peu de ménage. En chemin, elle marchait lentement, échangeant avec les gens vivant dans ces villages. Elle s’arrêtait pour faire des esquisses, pour dessiner des paysages qui l’impressionnaient. Elle était très souvent la dernière arrivée au gîte, en soirée et il y avait toujours eu de la place pour elle.  Toutes deux avaient fait le même chemin, une avait détesté et l’autre avait adoré son voyage. N’est-ce pas là l’illustration de l’importance que peut avoir notre point de vue sur les situations que nous vivons, au quotidien?

Quand j’étais enfant, l’hiver, je me souviens qu’on s’amusait à marcher yeux fermés dans les champs. Au bout d’un certain temps, on ouvrait les yeux pour observer nos traces dans la neige et constater le trajet parcouru. C’est vraiment difficile d’aller en ligne droite, quand on ne voit pas ou on va. Je lisais ce matin un article ou l’on parlait des expériences conduites par une équipe de l’institut Max Planck en Allemagne. Ils ont ainsi mesuré le parcours de personnes dans une forêt dense, sans point de repère. Ils ont également fait l’exercice dans le désert de Tunisie pour constater qu’en l’absence de balise ou de boussole, les gens tournent en rond.

Dans la vie de tous les jours, nos comportements sont assez similaires. En l’absence d’objectifs bien définis nous permettant de concentrer nos efforts et notre attention, on virevolte à gauche et à droite, on tourne en rond sans aller nulle part. Se fixer des objectifs de vie, c’est un peu comme se doter d’une boussole nous permettant d’aller dans la bonne direction.

La personnalité  est un équilibre qui s’est établi entre les différentes composantes psychologiques  d’un individu à travers ses expériences de vie.

Certains n’aiment pas tel ou tel aspect de leur personnalité et aimerait en changer,sans nécessairement pouvoir bien mesurer les conséquences d’un tel changement sur leur identité. Lorsque l’on rompt l’équilibre, on ne sait jamais quand et comment il se rétablira. Le chaos est un état très actif, ou se créent de nouveaux liens, de nouveaux arrangements et une fois le nouvel équilibre atteint, on découvre parfois des dommages collatéraux  mal anticipés, voire pas anticipé du tout.

Selon Erikson (1968), l’adolescence est notamment une période critique de formation de l’identité, puisque l’état chaotique, la confusion identitaire sont très présents à cette époque de la vie ou l’on cherche à stabiliser, fixer qui l’on est. Une fois adulte, on peut ainsi vouloir changer un aspect de sa personnalité, mais une fois l’équilibre atteint, c’est plus difficile. C’est la loi de l’inertie.  Ainsi un tel est soupe-au-lait ou colérique, tel autre est timide ou revanchard, rancunier, condescendant, narcissique ou bonasse, manque de confiance en lui ou est trop arrogant, s’exprime sans réfléchir ou ne s’exprime pas du tout, toujours en retard ou de mauvaise humeur, égocentrique ou dépendant affectif,  incapable de se lier d’amitié ou incapable d’être seul.

L’hypnose, certaines maladies, un choc psychologique, une thérapie, une lésion ou la consommation de drogues peuvent amener des changements de personnalité drastiques et surprenants, puisqu’ils permettent de passer outre les barrières du conscient, érigées de façon à protéger ou maintenir l’ équilibre identitaire. Je pense notamment au film « Full Metal Jacket » datant de 1987 réalisé par Stanley Kubrick. C’est une histoire se déroulant dans un camp d’entraînement des recrues de la Marine américaine. Un sergent brutal s’acharne sur un jeune soldat un peu faible d’esprit mais sans méchanceté et il finit par briser complètement sa personnalité et le transformer en machine à tuer incontrôlable.

Si l’on peut transformer un simple d’esprit en bête sanguinaire, pourrait-on, à l’inverse transformer un être méchant en un être bon en s’y prenant adéquatement?

Sources:

Comprendre le cerveau: Naissance d’une science de l’apprentissage

The strange case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde

Full Metal Jacket, le film