Adéquatude

Publié: 29 août, 2010 dans Réflexions

On fréquente ceux avec qui on se sent adéquat. Ainsi, ceux qui ont de mauvaises fréquentations, les ont souvent pour de très bonnes raisons.

commentaires
  1. Edmonde dit :

    Je suis assez d’accord et un poète merveilleux le disait si bien:

    « Nous n’aimons pas celui qui nous contraint à n’être pas nous-mêmes; et nous n’aimons pas plus celui qui nous contraint à nous montrer nous-mêmes.
    Mais nous aimons celui qui croit que nous sommes ce que nous voudrions être…« 

    Paul, Valéry, «Choses tues», Tel Quel, Folio – Essai, p.33.

  2. Jackss dit :

    Ah bon? Là je comprend! Jean Charest a de mauvaises fréquentations parce qu’il a de bonnes raisons. J’aurais dû y penser. Je blague, Pierre. L’occasion était trop bonnes. Cette phrase que tu as citée, elle a de quoi faire réfléchir. C’est probablement l’effet rechercher.

    Mais je crois qu’elle ne s’applique pas dans les services publiques, les systèmes financiers, les systèmes juridiques, la police, l’armée, l’industrie du pétrole, les jeux olypiques, ma famille. Je dirais même qu’un juge ne devrait jamais avoir de mauvaises fréquentations, comme par exemple, des liens avec les collecteurs de fonds des partis politques.

  3. pierforest dit :

    @Edmonde: Beaucoup de bon sens chez ce poète. Au fond, nous n’aimons pas être contraint, mais bien être aimé pour la partie de soi que l’on veut bien dévoiler.

    @Jackss: C’est tout à fait çà. Ceux qui veulent atteindre des objectifs dont le chemin implique un accroc à leurs valeurs, confieront la tâche à celui qui l’exécuta sans expliquer comment il s’y prendra, ce qui permet au premier de conserver l’illusion de ses valeurs et au second d’obtenir ce qu’il convoite. Les gens riches et célèbres se fréquentent, parce qu’ils se sentent adéquats les uns avec les autres, ils se reconnaissent des valeurs, des règles communes. Si l’un d’entre eux se retrouvait parmi les plus pauvres de notre société, ils ne se sentiraient pas à leur place, ils ne se sentiraient pas adéquats. L’inverse est aussi vrai. Les plus pauvres, entre eux, se sentent à l’aise, parce qu’ils n’ont pas honte de leur pauvreté, parce qu’ils se voient à travers un filtre de valeur communes, ils se sentent adéquats. Si l’un d’entre eux se retrouvait parmi les plus riches de notre société, il douterait de ses manières, de sa tenue et se sentant inadéquat, ne mettrait pas au devant, la plus belle partie de lui-même. Ainsi, ceux qui se retrouvent là ou on ne les aurait pas imaginé y sont donc pour d’autres raisons, de très bonnes raisons.

  4. Solange dit :

    En général oui, mais je crois que certains sont pris dans un engrenage dont ils ne savent plus se sortir.

  5. Jackss dit :

    Ton point de vue est intéressant, Pierre. C’est vrai que tout est question de valeurs et de normalités dans un contexte donné. Ce qu’un groupe peut trouver honteux et répréhensible pour eux peut paraître normal, incontournable et même souhaitable. Je l’ai vécu à plusieurs reprises lorsque je travaillais dans la Fonction Publique.

    J’ai même eu le privilège de voir mon nom mentionné à l’Assemblée Nationale, en même temps qu’une quinzaine d’autres, suite à une rencontre de quelques jours dans les Laurentides pour les fins du travail. Il a fallu par la suite faire des enfirloupettes pour tenir le même genre de rencontres sans donner attirer l’attention. Il y a des situations où on n’a pas le choix: il faut patiner pour demeurer efficaces et dynamiques.

    Plusieurs programmes de formations pour cadres ou employés occupant des fonctions complexes font l’objets de manchettes juteuses. Tout dépend du point de vue et de la position qu’on occupe.

  6. Zoreilles dit :

    Dans notre vie personnelle, on choisit les gens avec lesquels on partage des valeurs communes au moins assez pour que la confiance règne et qu’on puisse être fidèle à soi-même, se sentir intègre, en accord avec ce que l’on est, ce que l’on croit, etc.

    Dans le travail, c’est autre chose, on n’a plus cette liberté-là nécessairement. Pour ma part, j’ai dû quitter des emplois permanents, sans claquer la porte et sans faire de vagues, parce que je me sentais incapable de fonctionner dans un système qui allait à l’encontre de mes valeurs.

    Depuis que je suis travailleuse autonome, je n’ai plus ces problèmes-là!

  7. pierforest dit :

    @Solange: Il y a des victimes partout.

    @Jackss: Les médias écrits ne font toujours un malin plaisir de mettre en évidence les dépenses « exagérées » de nos Gouvernements, mais à mon sens, la formation continue des employés, au public ou au privé, devrait être perçue comme un investissement plutôt qu’une dépense. Tout est question de l’objectif à atteindre.

    @Zoreilles: Quand intérêts et valeurs sont en contradiction, le choix est toujours déchirant.

  8. xjanesatticx dit :

    Bien vrai car veux veux pas les gens qu’on côtoie répondes à un de nos besoins 🙂 Mais parfois la présence de certains gens peuvent totalement renversé notre équilibre…

  9. pierforest dit :

    @Jane: Oui, nos relations avec les autres ne sont jamais désintéressées. Si on y trouve pas son compte, d’une façon ou d’une autre, généralement, les relations ne durent pas.

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