Légalité et moralité

Publié: 25 mars, 2011 dans Questions existentielles, Réflexions, Société

Je suis un peu perplexe face à cette secrétaire d’école qui risque maintenant de perdre son job, parce qu’elle a déjà joué un rôle dans un film porno. Si cette activité n’est pas conforme à la morale de certains, elle demeure néanmoins tout à fait légale. Je vois donc mal, qu’on puisse invoquer cet élément pour la foutre dehors. Aurait-on eu la même réaction, si on avait su, par exemple, que le directeur ou que tel ou tel prof est adepte de nudisme? Possiblement, mais ici encore, on parle d’activités qui se déroulent à l’extérieur du contexte de travail. La moralité est une chose, la légalité en est une autre.

Dans une société de Droit, c’est d’abord et avant tout la loi qui compte. Nos lois sont très souvent l’aboutissement des valeurs morales d’une société, mais elles ont au moins le mérite d’avoir été débattues, évaluées et votées par des représentants élus majoritairement par la population. Cela ne signifie pas qu’elles sont toutes bonnes et on a sans doute tous des exemples éloquents d’aberrations légales, mais c’est le moins pire des systèmes.

En publiant cette information, il est clair que cette dame sera dans l’eau chaude et que la pression sera forte pour l’amener à démissionner, mais si elle tient son bout, elle aura sûrement gain de cause. Par ailleurs, elle aura eu assez de publicité pour tourner un nouveau film du genre « Une secrétaire à la polyvalente » qui pourrait très bien se vendre comme des petits pains chauds, compte tenu des circonstances.

commentaires
  1. Éléonore dit :

    ce sera la semaine pour moi de débattre de ce sujet lolol

    bien sûr qu’il y a la loi d’un côté
    et bien sûr qu’il y a l’éthique de l’autre.

    J’ai eu une belle discussion avec mon mari la-dessus, pas facile de tracer la ligne…

    Afin de ne pas m’étendre (ouf méchant jeu de mot … ) sur le sujet de la pornographie, je dirais que la pornographie comme le jeu à l’argent, ne sont pas des activités anodines par rapport à l’éducation au secondaire.

    Si, par exemple, un directeur d’école ou même un concierge, était reconnu pour être des joueurs de pokers assidus des gros joueurs qui jouent de fortes sommes et que cela serait notablement reconnu dans une école, bien je ne serais pas à l’aise avec cela, pour la bonne raison que la dépendance au jeu est un GROS problème présentement chez les jeunes de cet age qui ont une fragilité par rapport à cela.

    La pornographie aussi fait des ravages chez les jeunes hommes qui développent leur perception de la sexualité sur les modèles pornographiques. Avant même d’avoir eu une relation sexuelle ils la tête pleine des images pornographiques ! C’est une réel problème.

    Tu sais baiser sans condom n’est pas illégale mais un professeur qui serait notablement reconnu pour cela serait une pomme pourrie dans une école. Comme un prof qui passeraient ces soirées dans un bar de danseuses (sachant que souvent les danseuses sont recruté chez les mineures en fugue…)

    Bref, il n’y a pas que la loi la-dedans…

  2. Air fou dit :

    Et Bill Clinton, le si crédible… Multiplions les « et ».

    Si c’eut été un homme qui aurait fait la même chose ou qui en regarderait, de la porno…

    Un prof alcoolique, une gardienne infidèle, un directeur qui a déjà volé des bonbons, une ministre une paire de gants… Et tant de pédophiles libres, de fraudeurs à grande échelle, d’assassins, eux qui représentent un danger pour la société…

    Ceci dit, je suis absolument contre la porno. Est-ce une secrétaire compétente?

    Zed ;-D

  3. Accent Grave dit :

    Ma position est claire et honnête mais sachez-le, je suis sans morale.

    Ce genre de chose ne m’atteint absolument pas. Exerce-t-elle son métier correctement? Fait-elle quelque chose d’illégal? Alors qu’on la laisse tranquille. Décrochez, personne ne connaît même cette femme et tout le monde la juge. C’est quoi ça?

    ON se débarrasse des écoles confessionnelles. Voulez-vous maintenant des écoles morales? C’est bien pire. Aussi bien ramener la religion. La moralité est une chose subjective, élastique, rattachée directement aux croyances, donc aux églises. Les moralisateurs ont quelques chose en commun avec les prêtres, ils s’arrogent le droit d’être à la fois pervers et défenseurs de la morale!

    Vous êtes contre la porno, pas moi. L’un aime ceci, l’autre pas. Allons-nous forcer une tierce personne à faire de sa vie une activité, non pas légale, mais morale? Faudra écrire un code moral maintenant. Ça n’a aucun sens. Le directeur de lécole financerait les Talibans qu’on dirait: c’est son droit le plus stricte!

    De plus, porno, érotisme… etc. Ces termes prennent une couleur ou une autre en fonction de l’observateur.

    Et pourquoi affirmer, sur un air triste, que légalement on ne peut la foutre à la porte? Réjouissons-nous! Si on n’y peut rien légalement, fort heureusement, on n’y peut rien tout court!

    Accent Grave

  4. pierforest dit :

    Sujet sensible on dirait…

    En fait, je pense que pour des activités immorales, qu’il y ait des sanctions morales en fonction du code auquel l’individu adhère et qu’aux activités illégales, il y ait des sanctions légales en fonction du code légal auquel l’individu adhère. Vivre en société signifie nécessairement d’avoir des règles auxquelles on adhère, de gré ou de force, parce que sinon c’est rapidement invivable.

    Pour le code légal, c’est assez simple, puisqu’il est érigé comme une règle fondamentale de nos sociétés. Pour le code moral, là, çà dépend des individus. La liberté de croyance, au Canada, fait en sorte que chacun peut avoir son propre code moral, tant qu’il n’interfère pas avec le code légal, ce dernier ayant priorité. En principe du moins.

    On prétend devenir une société laique, mais il reste encore beaucoup d’influences de l’Église dans nos lois qui, il y a 50 ans à peine, jumelaient sans problème code légal et code moral. Pourtant, les société qui le font encore ouvertement aujourd’hui, sont catégorisées d’intégristes.

    Est-ce que je suis triste qu’on ne puisse la foutre dehors, non pas du tout, c’est le contraire qui m’attristerait. Ce serait alors le signe que le fameux code moral aurait alors plus de poids que le code légal.Elle n’a enfreint aucune loi.

    En complément, voici la chronique de Richard Martineau: Cliquez ici

  5. Zoreilles dit :

    C’est bien la première fois de ma vie que je suis assez d’accord avec Martineau. Ça commence à m’inquiéter…!!!

    Je pourrais m’offenser si elle était prof peut-être et qu’elle avait un double emploi dans l’industrie de la porno en même temps. Parce que certains profs ont une influence, qu’on le veuille ou non, sur les élèves auxquels ils transmettent beaucoup plus que des connaissances et de l’académique.

    Mais elle est adjointe administrative. Et ça s’est passé dans une « vie antérieure ». On n’a pas besoin de savoir tout ça à son sujet. C’est trop d’information pour la fonction qu’elle occupe.

    Légalité et moralité. Je fais une grande différence entre les deux pour ma part, c’est ma conscience qui s’arrange avec ça.

    Admettons que ça se passe à l’école secondaire que ma fille fréquenterait, en secondaire II disons? J’en profiterais pour jaser avec elle de cette situation, qu’on réfléchisse ensemble sur les dessous pas très propres de l’industrie de la pornographie, à qui ça profite, ce que ça véhicule comme faussetés, illusions, dangers, mythes, etc. De toute manière, il est complètement illusoire de penser que ceux et celles qui travaillent dans nos institutions publiques, en santé ou en éducation, mènent des vies exemplaires.

    À l’école secondaire où ma fille fait souvent de la suppléance, un prof s’est suicidé dernièrement. Ça a été terrible à gérer dans l’école, les autres profs, les élèves, etc. C’est toujours bien pas qu’il n’a pas su où trouver de l’aide… La direction aurait mieux aimé avoir affaire à une secrétaire qui avait déjà tourné un film porno.

  6. Air fou dit :

    D’accord avec l’opinion de Martineau à 100 % aussi.

    Pour une prof, qu’est-ce qu’on en sait? C’est en effet trop d’info! Alors que des profs pédophiles, ça existe, ça a existé pas mal beaucoup là où on prônait un code moral tellement élevé, euh… non… tellement catho, donc tellement hypocrite.

    Qu’est-ce qu’on ferait alors avec l’orientation sexuelle? Faut voir où ça s’arrête.

    Autrefois, on avait des demoiselles – à l’époque où le terme n’avait pas encore été déclaré discriminatoire et pourtant…- qui n’avaient pas le droit de sortir avec des messieurs, qui chauffaient le poêle le matin et balayaient la classe le soir. Tiens, comme les madames voilées à côté de chez nous! On a bien les mêmes racines et si en Algérie on trouve parmi les meilleurs alcools, on n’a toujours pas le droit de boire.

    Je voudrais bien que la porno soit interdite, comme la prostitution. Mais c’est impossible. Nous sommes dans une société patriarcale.

    Le sujet est sans doute sensible parce que quand une femme fait quelque chose elle est automatiquement plus salope qu’un homme qui fait pire.

    Zed ¦)

  7. pierforest dit :

    @Zoreilles: Si on fouillait plus en détail, il y a fort à parier qu’on découvrirait de nombreux profs ou personnel des écoles qui ne mènent pas une vie exemplaire. Là et dans tous les autres secteurs. Devrait-on en juger d’ailleurs? Ne devrait-on pas se limiter à la capacité de ces personnes à livrer la marchandise, à bien faire leur boulot. Accepterait-on, aujourd’hui, un Premier Ministre qui serait coureur de jupon et gambler? J’en doute. Pourtant René Lévesques faisait partie de cette catégorie et il a sans doute été le Premier Ministre le plus aimé du Québec.

    Je lisais hier que le jeune qui a fait connaître cette situation à travers une page Facebook a été suspendu indéfiniment et ne pourra vraisemblablement retourner à cette école. Il pourrait même faire face à des poursuites, selon la Direction de l’école. La mère de ce jeune, également professeur, a aussi été suspendue (avec solde), parce qu’elle était au courant et n’avait pas empêché son fils de dévoiler l’information.

    Tout semble déraper. Ce jeune a fait savoir publiquement que l’adjointe avait joué dans un film. Est-ce criminel, est-ce une atteinte à la vie privée? Tout cela cause nécessairement du tort à cette dame, c’est incontestable, mais est-ce que de le faire savoir devient une action illégale??

    Ici, le phénomène prend cette ampleur, parce que ce qui aurait été autrefois un « ragot du village », a maintenant une portée mondiale grâce aux médiaux sociaux.

  8. pierforest dit :

    @Zed: La question de pose, en effet. Il y a pas tant d’années, un prof qui se serait officiellement affiché comme homosexuel aurait sans doute perdu son poste.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s