Bonheur en banque

Publié: 5 avril, 2011 dans Bonheur, compostelle, Juste du bonheur, L'essentiel, souvenirs

Il y a des sentiments de bonheur qui s’incrustent solidement en nous et réapparaissent de façon récurrente tout au long de notre vie. Pour moi, l’un deux est associé  à la moto.

Je n’en ai plus, depuis des années, mais j’ai encore très présent en moi le sentiment de liberté que me procurait cette activité. Partir, sans destination précise, sentir le vent contre soi, être au grand air, sans entrave ni ceinture de sécurité, ressentir la puissance de la machine, la vitesse, c’était vraiment grisant et ce sentiment est resté très vivant.

Juste l’évoquer ramène en moi tout ces sentiments de bonheur.

J’ai ainsi une banque bien garnie de sentiments de bonheur que j’évoque de temps à autre, juste pour le plaisir que çà me procure. C’est un peu comme si chacun de ces sentiments particuliers étaient déposés là dans un compte à bonheur et qu’une fois déposés, je pouvais les retirer à volonté sans aucun risque d’avoir un jour un compte à sec. Ce qui y est déposé l’est pour l’éternité, enfin, vous comprenez.  Et plus les années s’accumulent, plus mon compte se garni. En un sens, c’est comme si plus le temps passait, plus il m’est facile d’être heureux.

En réalité, l’important, c’est de de faire plus de retraits de ce compte, que du compte à regrets. Lui aussi, forcément, accumule un solde avec les années, mais ce sont essentiellement les retraits qui comptent et ici, je vous assure, on a le choix du compte, même si ça demande parfois un certain effort.

Ce matin, j’ai eu le plaisir de prendre une longue marche d’une dizaine de kilomètres, sur une petite route de campagne que j’apprécie particulièrement. La température était douce et le soleil éclatant. Je n’entendais que le chants des oiseaux ici et là et à perte de vue, des champs où la vie renaît déjà. C’est un sentiment de bonheur intense et récurrent qui m’habitait alors. Il me rappelait cette longue randonnée sur le Chemin de Compostelle, en Espagne. Ce chemin est situé dans le nord de l’Espagne, dans des régions rurales, peu industrialisées ou mécanisées. J’avais remarqué, avec beaucoup de plaisir, que si on s’immobilisait un instant, on n’entendait absolument aucun bruit mécanique, pas même celui des automobiles au loin, juste la nature à l’état pur. Quel magnifique moment.

commentaires
  1. unautreprof dit :

    En même temps, souvent, on a appris des moments de regrets. On a évolué grâce à eux, on est où on est et qui nous sommes parce qu’on a fait des erreurs.

    Les moments de bonheur, eux, eh bien, ils sont de ces souvenirs à chérir.

  2. pierforest dit :

    @UnAutreProf: Tout à fait. Je-ne-sais-plus-qui disait « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».

  3. Solange dit :

    C’est Friedrich Nietzsche dans Crépuscule des idoles.

  4. Zoreilles dit :

    J’ai particulièrement aimé ta phrase : « En un sens, c’est comme si plus le temps passait, plus il m’est facile d’être heureux. » Je me retrouve beaucoup là-dedans.

    Par contre, le compte à regrets, ça ne me dit rien du tout. Je ne l’ai jamais ouvert, ce compte-là! Je n’avais rien à y déposer. Non pas que je n’ai pas fait d’erreurs, bien au contraire! Mais chaque fois que j’ai pris une décision, que j’ai choisi une route qui s’est avérée cahoteuse, j’avais fait le choix qui s’imposait alors dans les circonstances que je vivais. Et j’assumais. Ou bien je rectifiais le tir. Alors, je n’ai pas de regrets parce que je faisais du mieux que je pouvais avec ce que j’avais. Je me pardonne beaucoup avec du recul, ça fait partie de la tendresse que je commence à développer pour moi-même comme pour les autres.

  5. pierforest dit :

    @Solange: Merci. Je n’aime pas particulièrement Nietzche, mais je reconnais qu’il a dit des tas de trucs assez vrais.

    @Zoreilles:Avoir de la tendresse pour soi-même est un pré-requis essentiel. On devrait enseigner cela à nos enfants alors qu’ils sont touts petits. Ça fait une telle différence dans les relations qu’on établi, avec soi-même et aussi avec les autres. Je mentionne le compte à regrets parce que je sais pertinemment que certains y font beaucoup de retraits et aiment se rappeler et nous rappeler comment leur vie a été difficile. Je ne suis pas très fervent de ce compte, je préfère l’autre, le compte à bonheur, qui alimente plus agréablement ma vie.Je pense que dans presque chaque situation, on pourrait trouver des raisons de se réjouir ou de se désoler. Je préfère personnellement me réjouir que me désoler, ça m’apporte beaucoup plus.

  6. étoile dit :

    Je viens de vous lire pour une première fois et j’ai beaucoup apprécié ce texte que vous avez écrit. Vous parlez de « banque de petit bonheur ». Ca me rejoint car moi je fais le compte à tous les soirs au coucher de cinq « cadeaux » reçus dans ma journée. Moi aussi J’ai une bonne banque de ces petits bonheurs quand arriveront mes vieux jours. merci!

  7. Accent Grave dit :

    C’est que je j’appelle des moments parfaits. Ces moments peuvent durer quelques heures mais plus souvent ils ne dureront que quelques secondes et parfois une fraction de seconde. Ils resteront gravés dans notre mémoire, avec les odeurs, les atmosphères.

    Cette banque de mémoires est en fait une banque de survie. Même si les moments entreposés ne sont pas nombreux, on peut toujours s’y ressourcer. Ils fournissent l’espoir, le sentiment que tout ne fut pas vécu en vain.

    Accent Grave

  8. pierforest dit :

    @UnAutreProf: Faut être son propre coach. Je suis du genre à me parler, à m’encourager comme si je parlais à une autre personne. C’est une technique empruntée à l’auto-hypnose.

    @Etoile: C’est merveilleux de faire cette revue de la journée au coucher et identifier ces cinq cadeaux. Quelle belle façon d’enrichir sa banque à bonheur!

    @Accent Grave: Il y a un site (1000 awesome Things) que j’aime beaucoup. On identifie ainsi des tas de moments parfaits du genre: « Quand votre Ipod lit dans vos pensées et vous envoie la chanson à laquelle vous pensiez » ou « Quand tous les feux de circulations sont au vert durant votre trajet ».

  9. Méli dit :

    Il y a aussi les bonheurs qu’on regrette, car on n’y a plus accès… ceux-là, cause une petite tristesse… mais bon, toujours le dilemme : vaut mieux avoir connu le bonheur et l’avoir perdu que ne pas l’avoir connu dutout…

  10. pierforest dit :

    @Méli: Il y a des bonheurs qui font partie de nos souvenirs et on les évoque à la fois avec joie et nostalgie. On ne recrée pas le passé, mais on peut s’en servir pour construire un avenir encore plus beau.

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