Les oubliés

Publié: 22 mai, 2011 dans Questions existentielles, Réflexions

La souffrance qui s’inscrit dans la durée suscite l’indifférence.

On peut avoir mal, souffrir, être désespéré, mais pas trop longtemps. Dans ma région, depuis presqu’un mois, les résidences de centaines de personnes sont inondées et çà ne semble pas vouloir finir bientôt. Et puis il y a les Japonais, les Haitiens. À force d’en entendre parler à gauche et à droite, dans tous les médias, il semble que l’on devienne insensible qu’on se lasse. Je pense aussi à ceux qui souffrent de douleurs chroniques, de migraines, de dépression, ceux qui sont en deuil. Vient un temps ou, sans le dire ouvertement, on leur demande de taire leur douleur. C’est un peu comme si on disait: « Je sais que tu as mal, je ne peux rien y faire, alors cesse de le dire ».

commentaires
  1. unautreprof dit :

    Il est vrai qu’on laisse souvent tomber les choses dans l’oubli.
    C’est, à mon avis, le pire mal. J’ai des élèves avec des parents un peu «tout croches», qui gèrent les problèmes de manière pas nécessairement adéquate, mais qui essaient, à leur façon. Leurs enfants sont parfois anxieux, eux aussi «tout croche», mais on ne ressent pas chez eux la même souffrance viscérale que ces autres élèves qui ont des parents qui ferment les yeux et ne s’occupent pas d’eux. C’est la pire des souffrances que je constate.

  2. Le malheur, la souffrance, l’inefficacité, la non-performance, la tristesse… Tout ça dérange. Les gens aiment mieux oublier. C’est plus facile.

  3. pierforest dit :

    @UnAutreProf: Je me souviens avoir lu que le contraire de l’amour ce n’était pas la haine, mais l’indifférence.

    @L’impulsive Montréalaise: Oui, tout à fait. C’est bien plus facile d’être heureux quand on est inconscient.

  4. étoile dit :

    Bonjour Monsieur,
    La souffrance est partout autour de nous. Écouter avec le coeur devient parfois un tour de force. Mais en écoutant les autres on se rend compte que nos petits bobos ne sont rien à côté. Donner simplement la main ou un beau sourire peu aussi appaiser je crois. Nous sommes malheureusement souvent impuissant devant la souffrance de l’autre mais donner ce que l’on peux est essentiel. Je suis bien aujourd’hui mais demain je n’en sais rien. J’ai beaucoup reçu de la vie alors je distribue à mon tour sans attente.Je suis très compatissante avec ces gens qui vivent des innondations. J’espère sincèrement que ça finisse bientôt c’est assez. Bon courage à tous.

  5. pierforest dit :

    @Etoile: Poser un geste, peu importe lequel est une façon de combattre l’indifférence. Bravo pour vos actions altruistes.

  6. Accent Grave dit :

    Je distingue ceux qui souffrent de maladies mentales des vistimes de séismes.

    Les premiers, faut les aider, les soulager, les soutenir, c’est l’horreur.

    Les second, faut les aider, c’est déjà bien. La nature humaine, pour réussir à vivre de façon équilibrée, doit oublier les malheurs multiples. Faut vivre sans constamment penser aux disparus, aux injustices, aux dangers possibles. Si on ne savait faire abstraction de la douleur, le vie n’aurait aucun sens.

    Je comprends aussi ce que vous dites. Vivre heureux malgré les malheurs omniprésents ne signifie pas faire preuve d’indifférence. L’indifférence totale est aussi, à mon sens, le symptome d’une maladie grave, la cicatrice de mauvaises expériences vécues.

    Accent Grave

  7. Zoreilles dit :

    J’ai tellement pu mesurer ce phénomène souvent autour de moi. Les exemples foisonnent et pas seulement pour les victimes d’inondations, des feux de forêt du Slave Lake, celles des séismes en Haïti ou au Japon.

    C’est pareil pour les drames humains individuels et ça m’écoeure 100 fois plus. Qu’il s’agisse de dépression, d’épuisement professionnel, d’acouphènes, d’Alzheimer, d’un cancer ou n’importe quoi ayant trait à la santé qui chancelle et vous voyez tout le monde disparaître comme par enchantement. Ils ne font pas que s’en désintéresser, ils vous fuient carrément.

    J’irai même plus loin… Moi qui suis de nature enjouée, on ne m’autorise même pas à filer moche. J’ai pas le droit.

    Non vraiment, le malheur, la souffrance, ça vend pas… À moins d’être spectaculaire et instantané.

  8. Air fou dit :

    Accent Grave m’aurait volé ma pensée, mais simplement, on la partage… Question de survie. Pour aider soi et les autres, faut être encore là, savoir distinguer entre ce que l,on peut faire et ce qu’on ne peut pas.

    Je ne crois pas, personnellement, que cela tombe dans l’oublie, pas si d’abord il y eut un sentiment d’empathie. Je pense que c’est ce qui s’accumule au fond de soi et rend le regard de plus en plus lourd, de moins en moins neuf, de plus en plus blasé, pour certaines personnes, plus on vieillit.

    J’ai mal pour énormément de gens. Tu te souviens du devoir d’être heureux chaque fois qu’on le pouvait? C’est pour cela, pour soi, pour les autres.

    Aider les personnes atteintes de maladie mentale, que c’est envahissant, épuisant, vidant, oui! Pour cela, il faut puiser l’énergie du bonheur, voire la créer, EN créer. Je crois.

    Zed ¦)

    Zed

  9. pierforest dit :

    @Accent Grave: La principale différence entre une catastrophe naturelle et une maladie mentale, c’est la durée.

    @Zoreilles: Je me demande si les gens fuient parce qu’ils ne peuvent supporter d’être en présence de gens qui souffrent sans que ça nuise à leur propre bonheur.

    @Zed: Créer du bonheur, c’est comme créer de la richesse. C’est un bienfait collectif qui enrichit d’abord celui qui le crée, mais qui a des retombées positives sur son entourage.

  10. Solange dit :

    Je ne crois pas que ce soit de l’indifférence , de l’impuissance, mais pas de l’indifférence. Quelque soit les causes, il suffit de solliciter les gens pour voir tout ceux qui répondent à l’appel. Je pense comme Accent grave.

  11. Méli dit :

    C’est tellement vrai, on n’a pas le droit d’être triste un peu trop longtemps dans notre société sous peine d’être rejeté, c’est comme ça, je l’ai constaté bien souvent… Pourtant, ça n’est pas une maladie contagieuse, souvent, juste un peu d’écoute peut faire une grosse différence…

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