L’équilibre

Publié: 11 décembre, 2011 dans L'essentiel, Questions existentielles, Réflexions

L’univers est ainsi fait qu’il tend vers l’équilibre. Les forces en présence, les unes par rapport aux autres finissent pas trouver leur point de stabilité.

Il est en même des êtres humains, enfin pour la plupart. La santé, la capacité physique, la façon dont on gère ses émotions, les besoins relationnels, les loisirs, l’alimentation, les aspirations personnelles et professionnelles, les habiletés, tout cela finit par se fixer progressivement en tendant vers un certain point d’équilibre.

On a alors ce que qu’on appelle le roc de l’être, les caractéristiques fondamentales qui définissent un être humain.

Ainsi, je suis ce que je suis, par l’amalgame d’évènements heureux et malheureux, de choix, de caractéristiques physiques et psychologiques qui m’ont mené progressivement à ce point d’équilibre représentatif de ma personnalité. Je ne suis pas nécessairement satisfait de tout et qui le serait par ailleurs. Certains fondements n’ont pas la solidité que je souhaiterais et il est normal de vouloir apporter des améliorations.

Quand on a atteint un point d’équilibre globalement satisfaisant, le danger est de vouloir éliminer la petite bête noire qui rend le modèle moins attrayant à nos yeux. L’impact pourrait être équivalent à celui de retirer l’une des pierres de la construction ci-contre.

Prenez quelques instants pour observer la construction de pierres…Laquelle oseriez-vous retirer?

On pourrait peut-être retirer la pierre du haut à droite, mais encore là, il faudrait procéder avec précaution. Elle soutient possiblement celle du dessous. On remarque également que plus la pierre est au coeur de la construction, plus les conséquences de la retirer auraient d’impact sur l’ensemble. En fait, retirer une seule de ces pierres et tout pourrait bien s’écrouler. On devrait alors tout reconstruire.

Un conseil judicieux est donc d’adopter une approche Kaizen consistant à améliorer progressivement ce qu’on a, plutôt qu’à recourir aux changements drastiques.  Le changement est plus long, moins parfait que ce qu’on a en tête et pour les impatients, la démarche est parfois difficilement réalisable, mais il a l’avantage d’être cohérent avec le reste de la construction. Il suppose un changement qui tiendra compte de l’ensemble de ce qu’on est plutôt que de porter l’attention uniquement sur la bête noire à éliminer.

commentaires
  1. Zoreilles dit :

    L’équilibre de l’oeuvre me semble assez fragile en effet. Je ne saurais pas du tout quelle pierre pourrait être retirée sans risquer de rompre ce bel équilibre!

    Je suis justement dans cette réflexion en ce moment : ce qu’on a comme base, ce qu’on transmet, ce qu’on peut jeter, ce qu’on pourrait remettre en question, ce qu’on a de la misère à jeter, ce qui a construit notre équilibre (si fragile aussi).

    Évoluer là-dedans, c’est un work in progress, on n’a jamais fini d’apprendre et de comprendre. Les changements drastiques, ça fait souvent des dommages collatéraux!

  2. pierforest dit :

    @Zoreilles: « Ce qui a construit notre équilibre » amène de belles réflexions. Il y a quelques semaines, alors que nous prenions une marche, ma blonde me demandait: « Si tu pouvais changer quelque chose dans ta vie, ce serait quoi? ». Même s’il y a des tas de choses que j’aurai fait différemment, avec l’expérience que j’ai maintenant, je ne pouvais me résoudre à dire « J’aurais fait ceci ou cela autrement », parce que je suis fondamentalement heureux aujourd’hui et ce que je suis maintenant est la résultante de tout cela. Changer un élément, poser une pierre autrement et le résultat ne serait plus le même.

  3. Accent Grave dit :

    Atteindre l’équilibre… hummm. Je suis sceptique face à cet objectif. La Vie évolue, notre vie évolue, tout doit changer, constamment, à mon avis. Si un tel équilibre pouvait être atteint, je crois qu’il faudrait le détruire pour pour revivre. La stabilité, à mon sens, c’est l’immobilité, l’attente ennuyante de la mort. Il faut vivre en déséquilibre car tout bouge autour de nous, notre corps lui-même se tranforme, il s’auto-détruit. Peut-être parlez-vous d’un autre équilibre? Lequel? Existe-t-il?

    Tout au long de l’évolution, tout au long des épreuves, bonnes ou mauvaises, il faut savoir être heureux et ne rien considéré comme acquis. Je me demande si je connais quelqu’un d’équilibré. Peut-être que personne n’est équilibré, fort heureursement. Serait-ce une utopie?

    Ça pourrait être un objectif, peut-être, en autant qu’il ne puisse être atteint. Rechercher l’équilibre c’est rechercher la mort, la stagnation. Il faut se mettre en péril, à risque, foncer dans ce qui nous éloignera de la stagnation.

    Dernièrement, quelques personnes m’ont parlé d’équilibre et quand on me demandait mon avis je disais: j’espère que tu ne seras jamais équilibré, autrement tu perdrais ton lustre.

    Enfin, vous parlez probablement d’autre chose, peut-être des excès, des tourbillons incontrôlés qui perdent les gens.

    Accent Grave

  4. pierforest dit :

    @Accent Grave: Je pense aux planètes qui tournent autour du soleil, je pense au lit des rivières qui se sont progressivement fixés, je pense aux montagnes. Il y eut un temps où ces éléments étaient instables pour progressivement atteindre un point d’équilibre autour desquels la vie a continué de croître, dans le mouvement, le chaos et la compétition pour les ressources. Cette dualité m’interpelle.

    Bien sur, une planète pourrait quitter son orbite, une rivière pourrait quitter son lit et une montagne pourrait exploser et perdre la tête, mais ça se ferait nécessairement dans un bouleversement intense qui détruirait aussi une bonne partie de l’écosystème qui s’est recréé autour de ces points d’équilibre.

    Pour moi, le bonheur représente ce roc solide qui s’est progressivement établit et qui s’alimente à la vie et aux plaisirs de l’écosystème qui se construit tout autour.

    Je comprends par ailleurs for bien ce que vous décrivez. Il est vrai que le mouvement est signe de vie et l’absence de mouvement désigne la mort. Pourtant, quand je repense à mes expériences de vie, le mouvement est associé au plaisir, alors que le bonheur n’apparaît que dans les pauses, alors que je me remémore ces plaisirs, que je prends conscience de la portée de l’expérience.

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