Le ton et les mots

Publié: 7 janvier, 2012 dans Bonheur, famille

Croyez-vous être un bon parent pour vous-même?

En chacun de nous se cache un enfant et quand on se parle à soi-même, c’est d’abord à lui qu’on s’adresse. Le ton et les mots que l’on emploi sont très significatifs et très proches de l’attitude de base que l’on adopte face à ceux sur qui on exerce un ascendant (employés, enfants, étudiants). Ainsi on aura des paroles dévalorisantes ou encourageantes, une attitude tolérante ou très stricte face aux erreurs, on sera très exigeant ou peut-être pas quant à l’atteinte des objectifs.

Cette attitude se construit d’abord sur le modèle que l’on a appris dans notre enfance et est donc grandement influencée par les mots, par le ton qu’on eu nos parents vis à vis de nous-même.

 

commentaires
  1. Il faut d’abord être compréhensif et bienveillant envers soi-même, exgeant aussi, (après tout, nous ne sommes pas des êtres médiocres et on doit croire en nos capacités), pour nous inciter à exiger le meilleur des autres avec compréhension et bienveillance. Cette attitude se construit à la fois sur le modèle transmis par nos parents mais également sur celui que notre évolution personnelle, nos réflexions et nos décisions ont construit pour nous-même. Si tout ne dépendait que de nos parents, ce serait bien trop décourageant, car les gens qui ont eu des parents destructeurs et dévalorisants répéteraient tous automatiquement le même pattern avec leur entourage. Heureusement, on peut influer sur notre destin, se bâtir une image positive de soi malgré l’image négative que nos parents ont pu nous réfléter. On fait son destin et personne n’est éternellement victime de son passé s’il en décide autrement et décide d’emprunter une autre voie.

  2. Zoreilles dit :

    J’abonde dans le même sens qu’Une femme libre. On peut soit répéter l’attitude qu’ont eue nos parents ou, au contraire, décider très consciemment d’emprunter une autre voie. Il y a des thérapies pour ça!

  3. pierforest dit :

    @UneFemmeLibre: Je suis tout à fait d’accord avec vous. Être bienveillant envers soi-même me paraît fondamental. Je vois par contre beaucoup de gens se dévaloriser et cela m’attriste à chaque fois. Je ne sais pas, par contre, si on change vraiment beaucoup, une fois que s’est formé, forgé l’essence de notre personnalité. Honnêtement, je ne me sens pas très différent de qui j’étais à 20 ans et le dialogue que j’entretiens avec moi-même est similaire. Disons que je suis plus conscient de mes possibilités, parce que c’est basé sur du vécu. J’imagine qu’il faut travailler fort, quand on veut changer l’image que l’on a de soi.

    @Zoreilles: Oui, souvent on voit ces approches. Soit on reproduit, soit on rejette en bloc et on prends une attitude complètement opposée.

  4. J’ai suivi tout un cours de 45 heures avec Germain Duclos, le spécialiste de l’estime de soi. C’est exact que c’est dans l’enfance que se forge l’image de soi mais selon lui, on peut parfaire son estime de soi, la rehausser, à n’importe quel âge. Il n’est jamais trop tard. C’est certain que plus c’est bas, plus il y aura de travail à faire, mais rien n’est impossible aux coeurs courageux et aux esprits intrépides! ;o)

    Bon, n’empêche, pour les parents de jeunes enfants qui nous lisent, le mieux, c’est quand même de leur en forger une belle estime de soi à nos petits, ils n’auront plus qu’à déployer leurs ailes!

    La façon de faire n’est pas si claire qu’on le pense cependant. Trop d’éloges nuisent à l’estime de soi, selon Germain Duclos. L’enfant se croit alors invincible et sera démoli au premier échec. Les enfants chinois, poussés par leurs parents vers l’excellence, scolaire ou musicale, à force d’efforts répétés, sans louanges, développent souvent une forte estime d’eux-mêmes. Ben quoi! Ils sont bons! On le leur dit à l’école, leurs notes sont exemplaires, ils jouent du violon ou du piano à la perfection, et pourtant, les parents ne les encensent pas, mais toute leur attitude parentale de rigueur leur dit, tu es capable, tu n’es pas seulement capable, tu es le meilleur, travaille et tu seras le meilleur!

  5. pierforest dit :

    @UneFemmeLibre: Ça devait être très intéressant ce cours-là. Ce que vous dites concernant les enfants qui se croient invincibles et qui sont démolis au premier échec démontre à quel point l’équilibre est important. Il est important d’avoir une image positive, mais il faut aussi qu’elle soit réaliste, fondée sur du concret. Je ne suis personnellement pas très chinois dans mon attitude avec mes enfants. Je suis plutôt du genre « meilleur fan », mais ma blonde se charge de leur ramener les pieds sur terre. J’imagine qu’un dans l’autre, on atteint un certain équilibre.

  6. Zoreilles dit :

    Quand on a la chance de pouvoir élever des enfants à deux, l’équilibre est plus facile à atteindre, comme de raison. Mais les familles monoparentales y arrivent aussi très bien, elles se font aider par des « figures parentales » significatives pour l’enfant. Ne dit-on pas que l’éducation d’un enfant, c’est le travail de tout un village. On reste toujours ici dans le monde idéal…

    Instinctivement, j’ai reproduit les comportements de celui de mes deux parents qui m’avait donné les moyens et les outils pour tenter ma chance dans la vie, pour m’épanouir et être heureuse, avoir un minimum d’estime de moi. Quant à l’autre, j’ai travaillé très fort pour corriger ce qui me bloquait et je lutte encore quotidiennement pour ne pas croire ce qu’on me jetait au visage et qui me déconstruisait. Ça a fait de moi une personne et un parent qui passe son temps à se remettre en question!!!

    L’estime de soi, c’est vrai que ça s’acquiert en bas âge et je souhaiterais tellement que tous les jeunes parents soient conscients de ça.

  7. étoile dit :

    Votre billet me parle beaucoup. Très jeune déjà je manquais beaucoup d’estime. Ma mère étant très dépressive et mon père absent par le travail,j,ai été pendant des années la mère de ma mère. je ne lui en veux pas ce n’était pas sa faute.Elle ne pouvait pas donner ce qu’elle n’avait pas reçu. Mais quand arrive la vie d’adulte disons qu’il manque quelques outils dans notre coffre. J’ai fait plusieurs rencontres avec un psychologue et j’ai brisé le patern. Aujourd’hui,je suis fière de moi et du travail que j’ai fait pour me remonter dans mon estime. Bien sur il y a des jours où je dois être plus vigilente et voir si je suis bonne envers moi.J’ai un fils adulte que j’ai élevé seule. Il a une grande oreille musicale.Tout jeune je l’encourageais à continuer dans ce qu’il aimait le plus. Mais j’étais vraie avec lui quand c’était moins bon je lui disait tout en le respectant. Ce sont pour moi des critiques constructives. Je suis sa plus grande fan il le sait et encore aujourd’hui il lui arrive de me demander ce que je pense de ses compositions. L,estime de soi et le respect sont de grandes valeurs. merci pour votre billet et bonne journée.

  8. pierforest dit :

    @Zoreilles: Je pense aussi qu’il est plus facile d’élever des enfants à deux, puisqu’on peut ainsi compenser les attitudes extrêmes de l’autre, du moins, si les deux tempéraments sont différents et se complètent. Mais ça, comme les acquis, à un moment donné, il faut faire avec et l’accepter comme outils de base. Ensuite, reste à acquérir les outils manquants. Il y a une expression qui dit quelque chose du genre: « Quand on a juste un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous ». L’estime de soi débute dans l’enfance, parce qu’à cet âge, on n’est pas encore en mesure de prendre du recul face à ce que nos parents peuvent affirmer à notre sujet. Pour un enfant, il est normal de dire: « C’est vrai, parce que mon père, ma mère me l’a dit! ».

    Dans le livre de Jacques Salomé « Si je m’écoutais, je m’entendrais », on dit aussi qu’on passe une bonne partie de sa vie à tenter de réparer les manques, les brisures et les non-dits de l’enfance.

  9. pierforest dit :

    @Étoile: Difficile, ces situations où un enfant doit devenir « adulte » aussi tôt. Je me demande, dans ces situations de couples assez répandue où l’un est absent et l’autre déprimé, si c’est la dépression qui fait fuir l’autre ou si c’est l’absence qui a mené à la dépression.

    Effectivement, arrivé à l’âge adulte, il ne sert à rien de blâmer ses parents pour les outils qu’on n’a pas encore, puisque ça n’y changera rien. La seule option demeure de se retrousser les manches et aller chercher ces outils qui permettront de se construire un bonheur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s