Archives de octobre, 2012

Philo 101

Publié: 20 octobre, 2012 dans Réflexions, souvenirs

Écrire un texte de 500 mots sur quelque chose dont on ne sait absolument rien. Voilà le devoir confié à une amie de ma fille pour un cours de philosophie.

Intéressant comme sujet non?

Intéressant, parce qu’il amène au coeur de la réflexion philosophique. En effet, si on ne sait absolument, absolument rien d’une chose, on ne peut en parler de façon pertinente et rigoureuse.

On ne peut que lui inventer des attributs invérifiables.

Si par exemple, je voulais parler du fantôme qui se cache dans tiroir du haut du comptoir de la cuisine. Déjà, ça pose un problème, parce que ça présuppose que je sais ce qu’est un fantôme et que je sais où il se cache, donc, je ne pourrais affirmer ne savoir absolument rien sur cette chose.

Voyez-vous où ce prof de philo veut amener les élèves? Je trouve l’approche assez brillante.

Quand j’ai suivi des cours de philo, autrefois, on se contentait d’étudier Platon et Socrate et je trouvais ces cours d’un ennui total. Je préfère de beaucoup l’approche de ce prof qui, à travers cet exercice, va susciter des débats philosophiques parmi ses élèves. Voilà ce que j’appelle un cours de Philo. Plutôt que d’étudier ou d’apprendre la pensée des philosphes célèbres, il amène les jeunes à réfléchir par eux-même.

Emmanuelle

Publié: 18 octobre, 2012 dans Réflexions, Société, souvenirs

Cette femme qui a marqué l’imaginaire de plusieurs adolescents de ma génération (dont le mien) est décédée hier à l’âge de 60 ans.

Il est probable que sa popularité au cours des années 70-80 a eu un impact à la baisse sur le choix du prénom « Emmanuelle » pour les bébé-filles nées au cours de cette période.

Autant les chansons à succès tel « Mélanie » de Chantal Pary ont eu un impact à la hausse sur le choix de ce prénom, autant un prénom associé aux films érotiques aura eu l’impact inverse, comme si on voulait préserver l’enfant de la charge émotive controversée qui pourrait l’affecter.

Auriez-vous, par exemple, nommé votre fils « Adolf »? J’ai l’impression que ce prénom est devenu un peu tabou, depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Des souvenirs fumants

Publié: 14 octobre, 2012 dans Réflexions, Société, souvenirs

Aujourd’hui, quand on entend « cigarette », on pense cancer, contrebande et coût élevé, mais pour moi, le tabac est aussi associé à des souvenirs agréables d’enfance et d’adolescence.

D’abord, je dois vous dire que mon père a travaillé toute sa vie dans le domaine du marketing pour une compagnie de tabac, alors, sans nous en rendre compte, nous avons appris tout jeunes quelles étaient les bonnes marques et les marques de la concurrence. Ainsi pour moi, Players, Du Maurier, Peter Jackson, Sweet Caporal sont toutes des marques amies, tandis que Mark Ten, Belvedere ou Export A étaient des marques ennemies.

Enfant, nous passions tous nos été à Venise-en-Québec. Je me souviens particulièrement de deux marques de cigarettes. D’abord les Sportsman, plus rares et qui, à mon souvenir, étaient surtout des cigarettes fumées par les américains qui franchissaient la frontière. Et il y avait les Sweet Caporal. La particularité de cette marque, c’est qu’on retrouvait, à l’intérieur du paquet, derrière le papier métalisé, une série de petites cartes qui permettaient de composer des mains de poker. Avec la bonne main, on pouvait gagner gros, alors régulièrement, mon ami et moi, faisions le tour des poubelles des endroits publics, le lundi matin, pour vérifier les paquets dont on avait oublié de vérifier les cartes et qui contenaient peut-être la suite manquante pour une Flush royale ou un carré d’As.

Un peu plus tard, alors âgé de 12 ou 13 ans, je me souviens d’un petit voilier que mon père avait ramené au chalet un vendredi. La voile, tout verte, aux couleurs de Caméo, visait évidemment à faire la promotion de cette marque de cigarette. Ce petit voilier d’à peine 12 pieds avait une coque en styromousse que l’on avait recouvert de fibre de verre. Très légère, je pouvais facilement la porter seul sur mes épaules pour traverser la rue jusqu’au lac. Avec ce voilier, même en chavirant, il y avait peu de danger, puisque sa légèreté permettait aisément de le redresser, malgré les vagues. J’ai appris par essais et erreurs à progresser face au vent, comment prendre les vagues de travers et sentir le vent. J’étais devenue assez habile à manoeuvrer ce petit volier et j’en conserve des souvenirs impérissables de plaisir et de liberté.

À 15 ans, je fumais déjà. En mettant mon paquet de cigarettes dans la manche de mon t-shirt, je me sentais nécessairement plus viril pour impressionner les filles. La publicité était habile à nous passer ce genre de message. D’ailleurs, vous vous sonviendrez peut-être d’une publicité de Belvédère à la télé, au Québec au début des années ’70. On y voyait l’acteur Jean Besré, dans une scène noir et blanc et dès qu’il allumait une cigarette, les couleurs fusaient de toutes parts et on entendait une chanson jouer en boucle: « Chanter en couleur, fumez Belvédère… ». C’était au début de la télé couleur et à cette époque, il y avait certaines émissions et noir et blanc et d’autres en couleur, alors on jouait un peu sur ce concept pour vendre les cigarettes.

Du Maurier était associé au Tennis, par la commandite du « Du Maurier Open ». Peter Jackson commanditait des événèments reliés au Golf. Cette marque, dont le paquet était tout noir, traînait une certaine aura de bourgeoisie. On ne voyait pas d’adolescents fumer des cigarettes Peter Jackson. Et il y avait Players, très associé aux courses automobiles. Je me souviens d’ailleurs avoir assisté à un Grand-Prix à Sanair où les cartes d’accès privilégiées que détenaient mon père nous donnaient même accès aux paddock.

Aujourd’hui, la perception du tabac et des cigarettes est complètement différente. À l’époque on fumait partout à tous âges sans que personne ne s’y oppose: Dans les autobus, dans les avions et même dans les hôpitaux. Maintenant, c’est devenu impensable. Mes enfants ne fument pas et j’en suis des plus heureux, quand on connaît maintenant les méfaits du tabagisme.

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai aussi toujours vu mon grand-père fumer. Je me souviens d’ailleurs de ses bouts de doigt tous jaunis par le tabac. Une fois, il m’avait raconté avoir fumé toute sa vie. Originaire de la région de Saint-Jacques-de-Moncalm où on cultivait le tabac, dès 5 ans, il se roulait et fumait des feuilles de tabac. Dans sa cave, il faisait aussi sécher des feuilles de tabac, qu’il coupait et fumait ensuite dans sa pipe. Il fumait indistinctement la cigarette, la pipe et occasionnellement le cigare. Il est décédé à 86 ans et souffrait d’emphysème et je pense que s’il n’avait pas fumé ainsi, il aurait probablement passé le cap des 100 ans, parce qu’il était très actif.

N’empêche que mon père, retraité depuis plus de 20 ans, est malgré tout resté loyal à son employeur et encore aujourd’hui, il prend la défense des manufacturiers de tabac en disant que ce sont les Gouvernements qui sont hypocrytes, en interdisant la publicité et les commandites, mais en profitant largement des taxes découlant de la vente des produits dutabac. Il n’a pas tout à fait tort.

Ce qui est paradoxal, quand on y pense, c’est que ce sont les améridiens qui fait découvrir le tabac à l’homme blanc et qu’aujourd’hui, on les accuse de contrebande de cigarettes, parce qu’ils vendent ces produits d’origines ancestrales sans verser les taxes aux Gouvernements de l’homme blanc.

Quelques marques de l’époque:

Le syndrome du vide, c’est cette irrépressible besoin de devoir remplir la case vide. Et il y en a toujours une.

En fait, elle est nécessaire, utile et requise  puisque c’est la case vide qui s’avère être le catalyseur de l’action. Si tout est parfait et en place, quelle serait l’utilité de bouger quoi que ce soit? C’est donc le vide qui appelle l’action, le changement, le mouvement et quand le mouvement cesse, c’est la mort qui s’installe.

N’avez-vous pas ce sentiment récurrent qu’il manque toujours un petit quelque chose?

Que vous ne consacrez pas assez de temps ou d’énergie à ceci ou cela et que ce manque vous entraîne dans une série d’actions visant à combler le vide?

La case comblée fait alors place à une autre qui se vide et le cycle recommence, peu après.

La vie est mouvement, action et la case vide en est le catalyseur.