scène printanière

Publié: 31 mars, 2013 dans Juste du bonheur, L'essentiel, motivation, Réflexions

hockey-bottineLa neige a fondu dans les rues et le soleil joue à cache-cache derrière les nuages poussés par le vent. La rue est quasiment déserte, dans ce quartier résidentiel, à deux pas du parc où les jeux d’enfants sont encore couverts de neige. Je suis à quelques rues de chez moi, de retour d’une belle et longue marche printanière.

Le but de hockey a été installé dans la rue, en bordure du trottoir et un père, début trentaine, joue au hockey-bottine avec ses deux fils chaudement vêtus de leur habit de neige; L’un en rouge, l’autre en bleu. Le plus jeune n’a pas 5 ans. Il garde les buts, tandis que son frère un peu plus âgé, en milieu de rue, se dirige en zigzaguant vers lui, l’air concentré en maniant la balle orange avec un bâton beaucoup trop grand pour lui. Il s’approche, feinte à gauche, lance…ET COMMMMMPTE!. Soulevant son bâton dans les airs, il crie sa joie sous les yeux de son père souriant et sous les applaudissements des milliers de spectateurs qui peuplent son imaginaire. Son jeune frère, déçu, frappe le sol avec son grand bâton et laisse échapper un « argggh ».

Le père se mêle au jeu, prend possession de la balle, déjoue aisément ses deux fils, qui sont maintenant à la défense et d’un lancer du poignet, enfile facilement la balle dans le filet désert, levant lui aussi son bâton et laissant échapper un cri de victoire. Le plus jeune dit alors « Mon nez coule, on arrête de jouer! ». « Tu veux arrêter, parce que ton nez coule… » lui répond le père d’un ton sarcastique. Silence. L’enfant essuie son nez avec la manche de son habit de neige et le jeu reprend.

Je continue mon chemin, me disant que si la mère avait été là, elle serait allé essuyer le nez de son fils. Peut-être aurait-elle également voulu égaler les chances et permettre aussi au plus jeune de compter un but. Souvent, les rôles des parents sont ainsi fait que l’un écoute et console alors que l’autre le pousse à dépasser ses limites.

commentaires
  1. Fleur d'âme dit :

    J’aime beaucoup ce billet. J’ai vu. J’ai entendu. J’ai senti toute l’atmosphère qui régnait ce jour là. Une scène banale, mais si réconfortante. J’aime voir ces actiités parent-enfant qui se fon parfois rares dans certaines familles.

    Merci pour cette expédition dans mon enfance ou je me retrouvais dans les buts, jouant avec mes frères et les autres garçons de la rue…

  2. Aller jouer dehors avec les enfants?? C’est devenu rarissime. On joue parfois à des jeux sur le ipad ou l’ordi mais aller dehors? Cette scène que vous avez croquée, je ne l’ai jamais vue. Bon, premièrement, il n’y a pas de place physique pour jouer au hockey en ville. Les rues sont bien trop dangereuses et la police aurait tôt fait de tasser les joueurs! Les ruelles sont passantes et il y a des itinérants qui y dorment.

    Il n’y a qu’en banlieue qu’on peut peut-être observer une telle activité familiale. La banlieue est-elle plus adaptée à l’éducation des enfants? Autre question…

  3. pierforest dit :

    @Fleur d’âme: J’ai aussi beaucoup joué dans les rues moins passantes, au drapeau, au ballon chasseur, au hockey-bottine ou dans les champs ou terrains vagues, au baseball, à la cachette, à la guerre. Aujourd’hui, les enfants jouent moins dehors et encore moins s’ils ne sont pas encadrés par un parent… »C’est trop dangereux! ». En fait, je ne pense pas que ce soit plus dangereux qu’autrefois, mais on a cette perception, parce qu’avec internet, on voit tout, on sait tout. Un tueur en série tue ses voisins en Bulgarie et on se précipite pour verrouiller la porte, si elle ne l’est pas déjà.

    @UneFemmeLibre: En banlieue, ça se produit encore, mais c’est plutôt l’exception en effet. Les jeux dehors pour les enfants sont généralement des jeux encadrés par des adultes. Je me souviens d’un billet de Stéphane Laporte, l’année dernière qui m’a rappelé qu’à mon époque, quand on s’organisait pour jouer au baseball dans les champs, il n’y avait pas coach, pas de limite de joueurs et tous jouaient en même temps. Le danger d’une génération trop encadrée, c’est qu’ils se trouvent dépourvus quand il n’y a pas une personne en autorité ou un système pour pour établir les règles du jeu.

  4. Zoreilles dit :

    En lisant ton billet, je me disais que c’est pour ça que, « idéalement », c’est plus facile d’élever des enfants à deux parce qu’il y a deux façons de voir, deux façons de faire qui se conjuguent et se complètent pour le bien des enfants.

    Cette scène de hockey dans la rue, c’était mon univers quand j’étais enfant sauf que nous étions beaucoup plus nombreux et que jamais un parent ne venait se mêler à nos jeux. Aujourd’hui, je vois ces mêmes scènes se reproduire mais il y a souvent plus de parents que d’enfants. Les petits n’apprennent sûrement pas les mêmes choses! Je ne dis pas que c’est mieux ou que c’est pire, je dis que c’est juste différent.

    Mais l’important, c’est qu’on joue dehors et puis, je plains celui qui viendrait dire aujourd’hui que les filles, on les prend juste comme goaler!!!

  5. pierforest dit :

    @Zoreilles: Oui, c’est aussi cet équilibre, cette dualité dans la façon de voir la vie et aborder les problèmes que je trouve utile à l’éducation des enfants. Ça ramène forcément vers une position équilibrée.

    Si je relis le message de Fleur d’âme, elle était goaler elle aussi. 🙂

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