Victime d’injustice

Publié: 22 mai, 2013 dans L'essentiel, motivation, Questions existentielles, Réflexions, Société

injusticeHier, durant la journée, ma fille est convoquée d’urgence par son professeur, relativement à un scénario de film qu’elle avait réalisé.

Elle s’assoit dans le bureau de sa prof.

– Qu’est-ce qui s’est passé Elisabeth?

-…De quoi voulez-vous parler?. Je ne saisi pas.

– Je suis au courant pour ton travail, je sais que tu as plagié.

– Mais de quoi parlez-vous???

– Ton travail, ton scénario, je sais que tu as copié. Ne cherche pas à nier, ma grande, je sais tout. Tu auras zéro pour ton travail.

– Mais qu’est-ce que c’est…Je n’ai jamais rien copié, j’ai INVENTÉ ce scénario, je ne l’ai copié nulle part.

– N’essaie-pas, ma grande, je sais que tu as copié. J’ai reçu le même scénario d’un autre élève AVANT le tiens. Tu vas avoir zéro pour ton travail…Écoutes Elisabeth, je sais que d’avoir de bonnes notes, c’est important pour toi et que tu as énormément d’activités ces temps-ci…

– MAIS JE N’AI RIEN COPIÉ DU TOUT. CE SCÉNARIO VIENT DE MA TÊTE, JE l’AI INVENTÉ!!!!

– Je n’ai aucune preuve de ce que tu avances Elisabeth, alors tu auras zéro.

– Mais c’est COMPLÈTEMENT FOU. je n’ai rien copié, JE VOUS LE JURE. C’EST MOI QUI l’AI INVENTÉ. JE-VOUS-LE-JURE!!!

– C’est comme ça. J’ai reçu l’autre travail avant le tiens, tu as juste changé les noms des personnages.

– MAIS PAS DU TOUT, c’est MON HISTOIRE, MON SCÉNARIO. Je n’ai rien copié….Je fais même toujours mes travaux très tôt, longtemps avant la date de remise, justement parce que j’ai beaucoup d’activités. d’ailleurs, j’y pense, allez voir dans vos courriels,  je vous avais envoyé un courriel il y a plusieurs semaines, décrivant mon histoire et vous demandant si c’était OK de développer cette idée.

– Bon…J’irai vérifier.

Elisabeth est sortie un peu abasourdie du bureau. Finalement, un peu plus tard, la prof la rappelle: « C’est beau, Elisabeth, tu n’as plus à t’inquiéter, tout est correct! ».

« Tout est correct! ».Juste ça. Vous trouvez ça suffisant vous?

Pour ma part, ça me paraît totalement insuffisant. Elle aurait d’abord dû présenter ses excuses de l’avoir accusée faussement. Ensuite, il me semble que ça doit aller un peu plus loin. Est-ce que finalement, c’est le prof qui a confondu les choses en pensant que le premier courriel envoyé provenait d’un autre élève. Si c’est le cas, elle devrait le dire.

D’autre part si un autre élève a copié, c’est qui?? Est-ce un proche? Est-ce quelqu’un qui a eu accès à son ordinateur? Doit-elle se méfier? Est-ce que son compte Courriel a été piraté? Est-ce que son ordinateur a été hacké?

Je pense qu’il y a des actions à prendre, pas juste dire: « OK, tout est correct! ». Ensuite, je remet sérieusement en question le jugement du prof, sur la façon dont elle a géré la situation. Elle aurait pu se contenter d’énoncer les faits, plutôt que d’accuser (sans preuve), ce qu’elle a peut-être également fait avec l’autre élève. Elle aurait tout simplement pu dire: « J’ai reçu deux travaux identiques. Pour l’instant, aucune note ne vous est attribué. J’ai besoin de votre collaboration pour déterminer lequel a créé l’original et lequel a plagié. Avez-vous des moyens de me démontrer que vous avez produit l’original? Elle aurait pu questionner les deux élèves sur les personnages, sur le fond de l’histoire. Celui qui a copié en a forcément une moins bonne idée.

Hier, quand elle me racontait son histoire, je sentais la colère monter en moi. Je me sens toujours ainsi face à l’injustice, surtout si elle est associée à la bêtise humaine.

Et vous…avez-vous déjà été victime d’injustice?

 

commentaires
  1. Zoreilles dit :

    Il n’y a qu’une seule chose qui soit pire que d’être victime d’une injustice, et c’est lorsque quelqu’un qu’on aime en est victime à son tour, par exemple un conjoint, un enfant, un frère, une soeur, un ami, etc. Le pire, c’est qu’on les sait parfaitement au-dessus des gestes qu’on leur reproche. Et que le système endosse tout ça. Décidément, la droiture, l’intégrité, l’honnêteté, la fierté et la conscience sont des valeurs souvent baffouées dans pas mal d’institutions. Quand ça arrive à du monde que j’aime, je perds tellement d’illusions…

    Oui, je connais ce sentiment et je pourrais t’en raconter des expériences du genre vécues récemment par mon conjoint, par ma fille, par mon gendre. Les injustices qui me sont arrivées à moi, je peux toujours passer par-dessus mais pas celles qu’on a faites à ceux que j’aime et qui méritaient mieux que ça.

    Parfois, on voudrait rétablir les faits, prouver l’injustice, démontrer hors de tout doute que la personne a été traitée injustement et qu’elle mérite réparation, du moins que son honneur soit sauf mais hélas, la plupart du temps, surtout dernièrement, j’ai dû étouffer mes sentiments de rage et de révolte en me disant que tout ce que je pouvais faire était d’être derrière eux à 100 % avec toute mon admiration pour avoir été fidèles à eux-mêmes et que la vie finirait par leur donner raison, du moins au fond de leur coeur comme du mien.

  2. pierforest dit :

    @Zoreilles: C’est effectivement cela. Si on me blesse, je peux facilement pardonner et même tendre l’autre joue, mais si on touche à mes proches, je ne suis plus du tout conciliant.

  3. aragonne dit :

    Les injustices, les petits despotes du monde du travail, les voisins qui empiètent sur la liberté des autres, les petits cons de la cour d’école… Notre monde est rempli d’injustices plus ou moins flagrantes. On joue parfois au héros en voulant redresser les torts commis envers les autres, qu’ils nous soient proches ou non. Cependant, on doit parfois choisir nos batailles et laisser les autres apprendre à se défendre par eux-mêmes lorsqu’ils en sont capables. Sinon, ils seront d’éternelles victimes et nous éternel héros. Mais si on peut s’entraider, se consoler, se conseiller et s’épauler lorsque l’adversité survient, alors nous en serons tous plus forts.

    A trop vouloir porter les ennuis des autres sur nos épaules, nous finirons par porter le poids du Monde. Je connais quelqu’un comme ça, qui porte sur ses frêles épaules les problèmes de tout le monde, sa famille, ses amies, ses collègues, ses patrons. Cette personne dit toujours oui, consent à tout. Mais au final que lui restera-t-il lorsque se sera à son tour de tomber ? Probablement rien, elle aura tout donner aux autres et je parierais qu’il y aura peu de gens pour la soutenir lorsque cela surviendra.

  4. Oh que c’est choquant! Je comprends tellement. Se faire accuser à tort, rien de pire! Au moins, quand c’est vrai, on le mérite…

    Ceci dit, le plagiat est une véritable plaie dans nos écoles, collèges et universités. Avec des textes tout prêts sur tant de sujets dans l’internet, tentant pour l’élève de ne pas citer ses sources et de s’attribuer les idées qu’il a en fait glanées chez d’autres auteurs. Les professeurs deviennent méfiants. Mais il vaut mieux laisser passer un coupable que d’accuser à tort un innocent. En tout cas, votre fille a son père derrière elle, elle est chanceuse et protégée! ;o)

  5. Nanoulaterre dit :

    Tu as tout à fait raison. Le professeur aurait dû agir de façon prudente en empruntant le questionnement que tu as proposé. Que de frustration et d’incompréhension elle a dû vivre!

    J’ai été aussi victime d’une grande injustice. J’avais 17 ans, je travaillais dans une station service. La patronne est entrée un bon matin en me traitant de voleuse et qu’elle avait les preuves. Il y avait 2 agents de sécurités qui, par pur hasard, était là pour venir chercher l’argent. Elle a dit ça devant eux en ajoutant que jamais plus je ne me trouverais du travail. Je n’ai jamais volé de ma vie! Je faisais bien mon travail. J’étais tellement jeune et démolie… Je pleurais tellement… J’insistais en lui disant que je n’avais jamais volé quoi que ce soit mais je voyais bien que c’était peine perdue. Je n’ai pu continuer mon travail. J’ai appelé ma mère pour qu’elle vienne me chercher. Je n’ai ensuite rien fait… Je m’en rappellerai toute ma vie. Si cela se serait passé aujourd’hui, je la poursuivrais en justice!

  6. Grand-Langue dit :

    Il y a le plagiat et il y a ceux et celles qui écrivent pour d’autres.

    Votre fille fut victime, non pas d,une injustice mais d’une imbécile. Même une justice déficiente ne permet pas de tels jugements. Elle devrait en parler à son pron prof. lui dire qu’elle n’a plus confiance en elle, qu’elle saura se mfier des autres élèves et du prof. Cela pourrait faire réfléchir l’enseignante, enfin, j’ose l’espérer.

    Grand-Langue

  7. pierforest dit :

    @Aragonne: Oui, il est important de choisir ses batailles.

    @uneFemmeLibre: Le concept même de la présomption d’innocence vise effectivement, je pense, à limiter la possibilité de voir un innocent condamné. Je sais que les universités s’améliorent pour mettre en place des mécanismes pour détecter le plagiat.

    @Nanou: C’est vraiment choquant ce qui t’es arrivée autrefois dans ce garage. Effectivement, quand on est jeune, on accepte parfois des trucs qui ne passeraient pas, quand on regarde à rebours.

    @Grand-Langue: Ma fille ne veut pas que j’aille plus loin dans mes démarches, parce que d’une part elle a finalement eu 97% pour son travail et que d’autre part elle aura à nouveau ce professeur l’année prochaine et qu’elle est connue pour être rancunière. Elle n’a pas envie d’avoir à mener ce combat l’année prochaine. N’empêche, la personne qui a copié son scénario en changeant juste les noms manquait vraiment d’imagination, parce qu’il était assez facile d’imaginer que le professeur s’en rendrait compte.

  8. unautreprof dit :

    À l’université, j’ai eu un conflit dans une équipe. Les deux filles, amies, avaient rencontré la prof disant que je ne faisais pas ma part. En fait, je la faisais, mais probablement pas de la manière dont elles le souhaitaient. Lorsque j’ai été convoquée, les deux filles ont déballé leur sac, la prof en a ajouté, je n’ai eu en aucun moment mon mot à dire. Cette prof, qui est dans la formation des futures enseignantes, je fantasme encore à l’idée de lui écrire pour lui dire qu’elle m’a appris une grande leçon par son comportement aucunement pédagogique (ne me laisser aucun droit de parole) et que jamais je ne ferais comme elle étant prof. Tu me donnes envie de trouver son adresse courriel…

    J’étais démolie, totalement, j’ai coulé le cours car je l’ai abandonné.

  9. pierforest dit :

    @UnAutreProf: J’imagine ce courriel commençant par: « Merci de m’avoir appris quelque chose qui me sert encore aujourdMhui dans mon rôle de prof ». Et puis la suite. 🙂

  10. Zoreilles dit :

    Ta fille est très sage… Ce genre de prof ne s’avouerait pas coupable de s’être trompée de toute manière et comme elle doit l’avoir encore l’année prochaine, elle ne prend pas la chance de bousiller son ego… Ce type de personne a l’ego très fragile habituellement…

    Mais rien n’empêche ta fille, lorsqu’elle en sera à la fin de sa relation prof-étudiante, de lui rappeler cette injustice et lui dire en quoi ça l’avait blessée profondément d’être ainsi mal jugée et accusée à tort. Si ça ne change rien à la conscience de sa prof, ça fera du bien à ta fille d’être allée au bout de cette histoire et ce, très pacifiquement. Elle grandira beaucoup dans cette expérience si elle réussit à boucler la boucle elle-même et de façon aussi franche et authentique.

  11. unautreprof dit :

    Pierre : si jamais je le fais, je te ferai lire!
    J’ai trouvé son adresse et j’y pense. Peut-être l’histoire de ta fille me permettra de régler la mienne.

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