Et si l’habit faisait le moine

Publié: 23 septembre, 2013 dans Réflexions, Société, Uncategorized

habitMoine

Voici un médecin de l’urgence de l’hôpital Notre-Dame, une préposée aux bénéficiaires d’un CHSLD de Granby, un commis travaillant au guichet du bureau de la SAAQ de Longueuil et le Directeur de l’agence régionale de la santé de l’Outaouais.

Si au nom de la religion, il n’est pas possible d’imposer un code vestimentaire, on pourrait éventuellement faire face à des situations de ce genre.

commentaires
  1. Une femme libre dit :

    En toute franchise, je n’hésiterais pas à consulter la médecin de l’urgence. Si je souffre et qu’elle me soigne correctement, je me fous pas mal de son habillement, qui me semble d’ailleurs correct. La préposée aux bénéficiaires va devoir porter des souliers, mais sinon, là encore, si elle est douce et humaine avec les personnes âgées, ce qui n’est pas nécessairement le cas de tous les préposés, peu importe leur habillement, je lui confirais ma mère. Le monsieur du bureau de la SAAQ ne pourrait pas travailler tout simplement parce qu’il faut parler aux gens à ce poste et je doute qu’il puisse le faire. Charte ou pas. il n’aurait donc pas le poste. Et le dernier monsieur peut très bien être le Directeur de l’agence régionale de la santé de l’Outaouais. S’il a les compétences pour assainir le réseau engorgé de la santé, on a besoin de lui!

  2. pierforest dit :

    @UneFemmeLibre: Pour être honnête, je ferais même un détour pour consulter ce médecin à l’urgence :). En fait, l’essentiel de ce que je voulais exprimer, c’est que dans la plupart des métiers, il y a des règles vestimentaires écrites ou informelles. Je pense que la liberté de religion ne devrait pas avoir préséance sur ces règles d’entreprises. Aucun des 3 derniers ne pourrait travailler chez McDonald accoutré ainsi, même en invoquant la liberté de croyance ou de religion.

  3. Fleur d'âme dit :

    Ah! Les règles vestimentaires. À mon bureau, c’est : pas de jeans ou de pantalon d’exercice, pas de chaussures ouvertes (et on l’impose aux clients aussi). C’est une question de respect, de sécurité …. et de crédibilité!

    C’est vraiment à réfléchir cette charte… Est-ce qu’un turban peut remplacer un casque protecteur ? J’en doute!

  4. Zoreilles dit :

    Tous les milieux de travail ont leurs propres règles. Par exemple, en santé et services sociaux, le code vestimentaire est très strict et pour la prévention des infections, on interdit plein de choses et ce n’est pas une question de choix personnel, ça devient un choix « d’entreprise ». Par exemple, notre dermatologue porte son hijab dans le cadre de ses fonctions mais une infirmière (en salle d’op, en médecine chirurgie ou à l’urgence) ne pourrait pas faire la même chose.

    Je ne suis pas sûre qu’on avait besoin d’une Charte des valeurs québécoises pour encadrer tout ça. Bernard Drainville, à l’émission TLMEP dimanche soir dernier, donnait cet argument mais j’ai de la misère à croire ça.

  5. pierforest dit :

    @Fleur d’âme: Oui, la plupart des entreprises ont un code vestimentaire, plus ou moins sévère selon les gestionnaires en place.

    @Zoreilles: Actuellement, la charte canadienne des droits et liberté considère la liberté de religion comme un droit fondamental au pays. C’est au nom de ce droit, que les Sikh, par exemple, on obtenu par le Court Fédérale en 1994 le droit de porter le turban alors qu’ils sont en fonction comme agent de la gendarmerie royale du Canada. En sommes, cela signifie qu’en l’état actuel des choses, la liberté de religion a préséance sur les codes vestimentaires déjà en place.Une personne revendicatrice, voulant porter le hidjab dans une salle d’urgence ou une salle d’opération gagnerait donc probablement sa cause, en autant, bien sur que le hidjab en question soit aussi stérile que les autres vêtements portés par les médecins ou infirmière. Remarque, personnellement, le hidjab ne me pose pas de problème, comme tel, mais d’autres types de vêtements, le niqab, par exemple m’indispose réellement.

    Par ailleurs, la Court suprême en également statuée en 1994 qu’on ne pouvait hiérarchiser les droits, qu’ils étaient tous égaux devant la loi. Ainsi, si dans une même situation hypothétique, deux personnes se trouvaient discriminés, une femme pour son sexe, l’autre pour ses croyances religieuses, il n’y aurait pas de priorité accordée à discrimination basée sur le sexe, ce qui remet en question le principe d’égalité homme-femme. Il me semble que ce principe devrait avoir préséance sur les libertés religieuses.

    La charte canadienne des droits et libertés en est rendue à ses limites, notamment en ce qui concerne les libertés de croyances et de religions. Il serait temps, à mon avis, d’établir une hiérarchie de ces droits. Le faire à travers une charte québécoise des valeurs me semble typique de l’approche québécoise qui a le courage de mettre en place des mesures souvent décriées d’abord dans le reste du Canada, puis reprises quelques années plus tard (assurance-médicament, garderie subventionnées, régime de retraite capitalisé).

    Je suis donc d’accord avec le principe derrière la charte des valeurs, notamment celui de clarifier les choses, mais je suis contre l’approche visant, notamment, à certains employés de l’État de retirer unilatéralement croix, turban, hidjab, etc.je pense que ça dépend beaucoup de l’emploi et en ce sens, je le subordonnerais plutôt à un code vestimentaire qui serait alors évalué localement plutôt que globalement.

  6. Grand-Langue dit :

    Le médecin de l’hôpital Notre-Dame? N’importe quand!

    Grand-Langue

  7. Nanoulaterre dit :

    Et bien, personnellement, je suis pour la charte des valeurs québécoises et plus encore. Le port du voile, quel qu’il soit n’a pas sa place ici dans un Québec où les femmes des générations précédentes ce sont battues pour enfin permettre aux générations qui leur ont succédé, le droit d’exister en tant que personne à part entière. C’est ce que je pense.

  8. pierforest dit :

    @Grand-Langue: Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que ça ne me surprend pas. 🙂

    @Nanou: Ma femme porte présentement des bandanas en public, suite à sa perte de cheveux. Le Gouvernement devrait-il l’interdire également?

    Ou alors est-ce que les femmes musulmanes pourront simplement tronquer le voile pour le bandana, puisque de toute façon c’est la notion de se voiler qui est un rite religieux, pas le voile en tant que tel.

    Et si le voile était interdit comme signe religieux, mais que la personne prétend le porter simplement comme accessoire de mode, est-ce encore un signe ostentatoire?

    Je vois des tas de problèmes et de problématiques à l’imposition globale par le Gouvernement du port d’une pièce de vêtement, quelle qu’elle soit, d’autant que pour plusieurs postes au sein de la fonction publique, le port du voile n’aurait à mon avis aucune incidence sur la neutralité des services offerts.

    Mais, en même temps, il faut aussi empêcher qu’au nom de sa religion et de la charte canadienne des droits et liberté, on veuille porter un accessoire quelconque ou une pièce de vêtement qui ne ferait aucun sens dans le cadre de l’emploi. Il me semble que l’on pourrait atteindre plus facilement ce résultat en établissant que le port d’accessoires ou de vêtement soit simplement subordonné au code vestimentaire en vigueur.

    Je ne pense pas qu’on puisse forcer une femme à se sentir l’égale de l’homme. Je pense, par contre que la société doit annoncer ouvertement ses valeurs fondamentales (et c’en est une) et favoriser ainsi l’émancipation de celles qui le souhaitent en leur faisant clairement savoir que la société les supportera.

  9. Nanoulaterre dit :

    Pierre,

    c’est un sujet que trop délicat à aborder que cette chartes des droits et valeurs.Le cas de ta femme n’a évidemment rien à voir avec le reste.Et je m’arrêterai ici. Bon week-end Pierre!

  10. pierforest dit :

    @Nanou: Oui, je comprends que tout cela est très délicat. J’ai des amis, originaires d’Afrique du nord et dont la famille est de religion musulmane. Ils se sentent ciblés par cette charte des valeurs et principalement parce qu’on a beaucoup centré le débat autour de la question du voile qui vise évidemment davantage les musulmans. À mon avis, le débat est beaucoup plus large que la simple question vestimentaire et j’ai l’impression que le projet du Gouvernement couler à cause de cela et ce serait vraiment dommage.

    J’ai pris l’exemple de ma femme simplement pour mettre en lumière la problématique de l’approche préconisée par le Gouvernement. Je comprends qu’à la vue de femmes voilées, plusieurs femmes puissent sentir que tout l’avancement pour l’égalité entre homme-femme soit menacé, parce que tout ça rappelle ce qui se passait ici-même au Québec, il y a moins de 50 ans. Cette époque où on considérait normal qu’une femme puisse être appelée « Mme Bertrand Tremblay », comme si elle était la « femme de », « la possession de ». Il y a un danger à permettre à des cultures et religions qui ne reconnaissent pas d’emblée l’égalité entre individus, sans égard au sexe, de perpétuer ces valeurs, je comprends cela.

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