Archives de février, 2015

Le malheur des uns…

Publié: 27 février, 2015 dans Politique, Société

Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres

Poutine

terre, terre!

Publié: 22 février, 2015 dans Juste du bonheur, L'essentiel, plaisir

neigeTerre, terre!

Après avoir dérivé des semaines sur la mer, voici que les marins aperçoivent la terre se dessiner à l’horizon. on crie, on chante, on est heureux, on est sauvé. Ce qu’ils ressentent alors, s’apparente aux sentiments qui m’animent ce matin.

Ce matin, de gros flocons de neige tombent paresseusement à la verticale et s’accumulent au sol en une couche légère et poudreuse.

Aucun vent ne vient perturber ce tableau magnifique. La température avoisine les -3 et le soleil diffuse cette lumière blanche, intense, qui se reflète, se multiplie, se réverbère partout sur le couvert immaculé.

C’est pour ces moments que j’aime l’hiver, les quatre saisons qui démarquent si bien le temps qui s’écoule. Les extrêmes qui s’adoucissent pour un fondu saisonnier.

hiverHier, en fin de journée, avec le facteur de refroidissement, la température ressentie avoisinait les -30. Cette période de l’année, de la mi-janvier à la fin février est toujours éprouvante pour le corps et pour le moral.

Le froid, le manque de lumière, la banque de vacances qui est épuisée, les weekends de 3 jours qui ne reviendront qu’en Avril, le rhume qui touche des tas de gens ici et là, tout cela contribue à en faire la période que j’estime la plus difficile de l’année.

C’est donc avec un bonheur renouvelé que l’on accueille, chaque année, les premiers signes du printemps. Ce matin, la température était relativement clémente, avec -12 degrés celcius et le soleil pointait à peine à travers un voile nuageux, mais suffisamment pour m’inciter à aller marcher quelques kilomètres et prendre un peu de lumière. Ce fut donc avec un peu d’étonnement et une bouffée de bonheur que j’ai vu passer quatre canards volant en formation.

Il est clair qu’en février, ces canards ne partent pas pour le climat plus chaud du sud, mais ont plutôt remonté un peu hâtivement vers le nord. C’est néanmoins un signe qui ne ment pas, un signe plus fort que celui de la traditionnelle marmotte qui voit son ombre ou pas à la mi-février.

Encore quelques semaines, tout au plus et on y sera. Courage!

Deucentenaire

Publié: 1 février, 2015 dans amour, Bonheur, famille, Juste du bonheur

Il y a des mots qui sont porteurs de tous nos préjugés, positifs et négatifs. Ainsi, quand j’entend centenaire, je me dis Wow, belle réussite, surtout si ces personnes sont en santé. Encore aujourd’hui, c’est un exploit de franchir le cap de la centaine. Peut-être qu’il en sera autrement éventuellement, mais pour l’instant, c’est encore une minorité de gens qui se rendent jusque là.

Je m’amuse également de ma propre réaction face à un article au sujet des quinquagénaires. La première image qui me vient, quand je lis ce mot, est celle d’une personne âgée, avec de l’embonpoint, cheveux blanc, un peu comme ceux qu’on voit dans l’émission de télé « Les détestables ». Pourtant à 53 ans bientôt 54, je suis rendu là, moi aussi et je ne m’associe absolument pas à cette image. Il y a comme une rupture entre ma perception et la réalité. Ces images et ces préjugés me viennent pourtant de quelque part. Pas de mes parents, en tout cas, parce qu’ils étaient encore en très grande forme à cet âge, tous les deux.

Ma vingtaine a été la décennie ou j’assumais ma vie d’adulte, ou j’ai trouvé ma partenaire de vie, me suis marié et suis devenu père. C’est aussi là que débutait ma vie professionnelle, tout au bas de l’échelle, impressionné par ceux qui se trouvaient tout en haut.

La trentaine a été très largement centrée sur la famille et sur ma progression professionnelle. Au travail, j’ai longtemps souffert du syndrôme de l’imposteur avec l’impression d’avoir des mandats ou un rôle qui dépassait mes compétences, pourtant, avec une bonne dose de gros bon sens, j’arrivais à m’en sortir. J’ai surtout progressé, parce qu’à travers toutes ces années, j’ai eu un excellent mentor qui m’a fait confiance et qui m’a bien guidé. J’ai compris l’importance d’une telle personne dans ma vie professionnelle et aujourd’hui, dès que je suis en mesure de jouer ce rôle auprès de quelqu’un, je le fais volontiers. Je donne au suivant.

La quarantaine a été pour moi une sorte de quête, de remise en question, de qui suis-je, qu’est-ce que je veux vraiment, alors que j’ai aujourd’hui l’impression de m’être trouvé et c’est apaisant, d’une certaine façon. Il faut dire que j’ai fait les bons choix aux bons moments, notamment au niveau professionnel et ça compte beaucoup. Ce retour aux études, début quarantaine, dans un parcours universitaire, l’acquisition de nouvelles compétences « certifiées » et non pas juste apprises sur le tas et la décision de quitter une entreprise ou je travaillais depuis 25 ans ont été des éléments-clé de cette décennie. Après 25 ans au même endroit, on est forcément perçu comme un vieux, faisant partie des meubles, alors que là, je suis le nouveau. Et puis ce changement assez drastique d’industrie (je suis passé du monde du transport à celui du pharmaceutique) m’a propulsé, tête baissée, dans un monde ou je devais avoir l’humilité nécessaire pour apprendre un nouveau jargon, d’autres façons de faire, de se comporter, et faire des liens avec mes expériences passées pour ensuite mettre tout cela à profit. Honnêtement, ça a bien marché. Mi-quarantaine, je me suis également remis passablement en forme, notamment à travers ces deux longues randonnées sur le Chemin de Compostelle qui m’ont donné le goût de marcher. Ma mère me racontait que lorsque j’étais tout petit, je n’aimais pas marcher, disant toujours que cela me fatiguait, alors c’est un peu comme de tirer la langue au passé que d’avoir marché Compostelle, côte à côte avec ma mère. Cela a d’ailleurs resserré beaucoup les liens avec elle. Je lui rends visite maintenant à tous les dimanches, pour jaser de tout et de rien.

La cinquantaine a donc été marquée par le changement. De travail, d’industrie, mais aussi par la façon de voir la vie. En 2013, l’année fut marquée par le cancer de Josée qui nous a beaucoup ramenés dans l’instant présent. Comment être bien « maintenant » est devenu très important dans nos choix quotidiens. Ce fut une année très difficile pour elle, mais on est passé au travers et ça va maintenant beaucoup mieux. En 2014, j’ai eu envie de me remettre en forme, alors ce fut beaucoup de vélo, le jogging, une alimentation plus saine, tout cela sans doute influencé par ce qu’avait vécu Josée. Le jogging, surtout, a été un point marquant, puisqu’encore une fois, je tirais la langue au passé. Alors qu’enfant, dans les cours d’éducation physique, je terminais systématiquement dans les derniers lorsqu’on faisait des courses de quelques kilomètres, si je refaisais ces parcours, aujourd’hui, avec ces mêmes élèves, je terminerais sans doute dans le peloton de tête.

2015 est à nouveau centré sur la famille, mais de façon différente. C’est le plaisir de voir les enfants, voler de leurs propres ailes et c’est aussi la nouvelle génération qui pointe. Béatrice, la jolie Béatrice qui a joint le clan depuis l’automne dernier et Achille qui sera là en mai. Les enfants sont maintenant là où j’étais, il n’y a pas si longtemps. Le temps passe si vite.

Est-ce que je referais des choix différents? Je ne sais pas. Je n’oserais pas. Un de mes livres fétiches est « Replay » de Ken Grimwood. Il y raconte une histoire, un peu comme « Le jour de la marmotte » où un type meurt et réapparaît dans son passé, mais avec ses connaissances présentes. Il tente des choix différents, mais ces choix différents changent aussi complètement le reste de sa vie. Présentement, je me sens bien, je suis heureux, j’aime comment la vie se déroule pour nous, Josée et moi, pour les enfants, pour nos proches, alors je n’oserais rien changer, de peur d’être privé de tout cela.

Alors, plutôt que chercher à nager à contre-courant, je préfère surfer sur la vague et rester positif. Le deux-centième viendra bien en son temps.