Pas juste des mots

Publié: 11 avril, 2016 dans Bonheur, rêves, Sagesse

Entendu à la radio aujourd’hui, ces paroles pleines de sagesse de Samian, un rappeur québécois d’origine algonquine.

« On peut chaque jour choisir de nourrir nos peurs ou de nourrir nos rêves »

 

commentaires
  1. Grand-Langue dit :

    La peur constitue un de mes sujets préférés. Je collectionne à peu près tout ce qui s’écrit sur le sujet. Néanmoins, je me demande si l’on est libre de nos choix en ce domaine.

    Grand-Langue

  2. pierforest dit :

    Grand-Langue: Je ne pense pas qu’on soit libre ou pas de ressentir la peur, mais on n’est pas non plus prisonnier de nos réactions instinctives face à elle. On peut apprendre à réagir différemment, à avancer en dépit de cette peur. Je suis curieux de savoir d’ou te viens cet intérêt pour la peur?

    • Grand-Langue dit :

      Salut,

      D’où me vient cette fascination? De diverses lectures. J’aime lire sur le «magnétisme». C’était l’expression utilisée il y a un siècle (et plus) pour désigner les phénomènes inexplicables (je suis un sceptique invétéré). Plusieurs auteurs insistent sur les effets de la peur chez l’humain.

      Le cerveau d’un homme ou d’une femme peut, en certaines circonstances, réagir de façon tout à fait cartésienne pour ensuite dérailler totalement si une menace, fictive ou non, vient ébranler leur logique en atteignant un point vulnérable de l’individu. Je crois qu’une des meilleures description de l’effet de la peur sur le corps est décrite dans un roman très populaire «Le Horla» de De Maupassant ou de «La Peur» de Stefan Zweig. La peur fut un sujet de prédilection pour Zweig.

      Ces auteurs ne s’intéressaient pas aux esprits ou au paranormal, ils s’intéressaient à la peur et à ses effets. Selon eux, l’homme ne pouvant de psychanalyser lui-même, il sera toujours vulnérable face aux peurs et répètent qu’un homme habile saura déceler ce qui peut non seulement douter mais ce qui peut faire paniquer.

      De mon côté, j’aime observer les effets de la peur chez les gens. J’en suis moi-même souvent victime, je suis un foutu peureux (rire). Les petits évènements m’intéressent. Il y a quelques années, alors que le carnet de l’entreprise était peu garni, une femme demande au président si elle risquait de perdre son emploi. Plutôt que de calmer l’employée, le président répondit que c’était possible, qu’aucune entreprise ne pouvait vivre sans contrat. La pauvre dame a presque perdu connaissance et les gens des ressources humaines ont conseillé au président de ne pas parler ainsi et lui de répondre que la question était stupide, une entreprise sans contrat n’est plus une entreprise. On lui a répété qu’il fallait rassurer, c’est tout.

      La dame aurait pu se prendre en main et chercher un autre emploi, envisager d’autres solutions mais non, la panique occupait tout la place et comprendre que le président n’avait dit qu’une évidence n’était pas possible.

      Ce n’est qu’un exemple mais ça me fascine et il y a tellement de circonstances et de réactions diverses possibles mais dans tous les cas le corps, la chimie interne, semble paralyser les gens, si ce n’est pas sur une chose, c’est sur une autre.

      Je m’étonne que des gens puissent garder leur sang froid devant des situations qui me semblent sans issue alors qu’en d’autres circonstances, une petite chose les fera ‘capoter’.

      Maintenant, peut-on rester calme en toute circonstances? Dur à répondre. Est-ce la peur qui permet de prévoir le pire? La question est vaste.

      Grand-Langue

      • pierforest dit :

        @Grand-Langue: J’ai été marqué par ce livre de Maupassant que j’avais lu au Cegep. Je ne connais pas Zweig, mais je vais le rajouter à ma liste de lecture pour ma liseuse. Pas moyen d’emprunter « Le Martien » sur la BANQ, parce qu’il est toujours réservé, mais celui-là devrait y être.

        En période de grand stress, le cerveau primitif prend le contrôle et les réactions ne sont plus filtrées ou censurées par la couche rationnelle. Crise de larme, colère, violence sont des réactions qui peuvent alors survenir. Avoir besoin de junk food après une journée particulièrement stressante est aussi une réaction programmée en quelques sorte. C’est la chimie du cerveau et comme partout ailleurs, tous ne sont pas égaux dans le bagage génétique qu’ils ont hérité. Je me souviens avoir lu un article sur les toréadors, chez qui le seuil de déclenchement de la peur était beaucoup plus élevé que la majorité de la population.

        L’adrénaline et le cortisol sont des substances utilisées par le corps pour faire face à des situations de grand stress, pour mobiliser toutes les ressources nécessaire à faire face à la menace. Un simple dérèglement du mécanisme de ces neurotransmetteurs ou hormones peut entraîner ce qu’on croirait une réaction irrationnelle.

        Je pense, néanmoins, que l’on peut apprivoiser la peur. Les soldats y sont entraînés. Les techniques de déssensibilisation aux phobies le démontre également, mais il faut du temps pour y arriver.

  3. Zoreilles dit :

    En attendant que Grand-Langue te réponde…

    Je voulais te dire que Samian est un gars de chez nous, qu’il a grandi à Pikogan, tout près d’Amos, qu’il est un modèle pour beaucoup de jeunes autochtones de partout qui ont bien besoin d’avoir des modèles inspirants, surtout par les temps qui courent.

    Connais-tu la légende autochtone de laquelle il tire son propos? (du peuple Anishnabe ou comme on dit aussi les Algonquins)? Je te la résume en mes propres mots :

    Un jeune autochtone désespéré se confie un jour à un vieux sage du village : « J’ai deux loups en dedans de moi et j’en suis troublé parce que je ne sais pas lequel des deux va survivre. L’un est agressif, fou de rage, malheureux et opprimé, il me fait peur et me rend fou. L’autre est doux, en harmonie avec la nature, heureux de sa vie de loup, il m’apaise et me calme. Pourtant, je suis inquiet : Lequel des deux va survivre? »

    Et le sage du village lui a répondu en le regardant dans les yeux : « Celui que tu vas nourrir ».

  4. pierforest dit :

    @Zoreilles: J’adore ces légendes.

  5. jackss dit :

    Belles réflexions. Il y a de quoi nous alimenter longtemps. Tout ça est vrai. Mais je crois que les deux vont toujours coexister en nous et que c’est bien comme ça. Il y a des peurs qui paralysent. Il y en a qui stimulent et peuvent être le début de la sagesse.

  6. nanoulaterre dit :

    Ah… La peur c’est l’inconnu! Et si on ne fonce pas, on ne saura jamais. On peut aussi se planter mais, tant pis. J’ai lu quelque part une citation que j’aime beaucoup me répéter à l’occasion, juste pour m’encourager: « C’est à force de se planter qu’on devient un arbre. » Bizous et bon week-end à toi xxx

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