Le jardin anglais

Publié: 14 août, 2016 dans Bonheur, Coup de coeur, famille, Juste du bonheur, motivation, plaisir

Mon fils s’est installé à Warwick avec sa petite famille. Lui et sa conjointe, tous les deux travailleurs autonomes avaient simplement besoin d’une bonne connexion à internet pour travailler de la maison et ils rêvaient de s’installer loin de la ville. Ils ont ainsi pu faire l’acquisition d’une jolie petite maison à un prix imbattable comparativement à ce qui se paie en milieu urbain. Nous sommes allé leur rendre visite ce weekend.

ww2

Ce matin, m’étant levé tôt, j’en ai profité pour aller prendre une marche et m’imprégner de l’ambiance de cette petite ville du centre du Québec. Je passais de quartier en quartier en étant séduit par la diversité des maisons. Ça me faisait penser à ce que c’était avant que les urbanistes ne prennent le contrôle du développement urbain, avant que l’on ne décide que les maisons doivent toutes être en harmonie les unes par rapport aux autres, que les secteurs doivent être bien définis, les unifamiliales ici, les logements multiples par là, la zone industrielle plus loin. Dans certaines villes, la hauteur des maisons, le style, le plan d’architecte et même la couleur de la brique doivent être approuvés avant qu’on puisse construire quoi que ce soit, de sorte qu’au final tout semble pareil, équilibré, mais un peu fade et sans fantaisie.

À Warwick, je n’ai pas vu deux maisons semblables les unes au côté des autres et je devine même que c’était délibéré, un peu comme ces jeunes filles se choisissant une robe de bal. On la souhaite unique, se distinguant des autres et c’est une fierté d’être différent. À Warwick, les styles de maison, le revêtement, les couleurs sont multiples et même la répartition est un peu chaotique. On y retrouve des bungalow au côté de logements multiples ou même d’entreprises manufacturières autour desquelles on a construit des maisons unifamiliales. On y voit aussi des grosses maisons victoriennes qu’ont sans doute habitées les bourgeois de l’époque. Les boulevards sont appelés ainsi non pas parce qu’ils sont très fréquentés, mais simplement parce qu’on a divisé la rue avec un terre-plein gazonné ou on y a planté des arbres qui sont maintenant matures. C’est très joli. Cette diversité peu contrôlée qui fait le charme de Warwick m’inspire un sentiment de liberté qui malheureusement se perd progressivement. Warwick me fait penser à un jardin anglais.

warwick

commentaires
  1. C’est quand même extraordinaire de pouvoir s’installer à la campagne en déménageant avec soi son emploi de ville. L’Internet a bouleversé notre façon de vivre d’une façon parfois fort intéressante. Vive le progrès et la technologie!

  2. pierforest dit :

    @UneFemmeLibre: Et leurs clients sont majoritairement d’ailleurs sur la planète. Ils n’ont qu’un seul client canadien et il est situé en Alberta. Comme quoi on peut être une compagnie internationale et travailler de chez soi. Ça remet en question l’exode des régions vers les grands centres pour se trouver un travail. Aujourd’hui, il est possible de faire l’inverse, profiter des grands espaces, s’approcher et s’approprier la terre tout en ayant un travail intéressant et bien payé. Évidemment, ce n’est pas vrai pour tous les domaines, mais pour tout ce qui touche la technologie, c’est possible.

  3. Zoreilles dit :

    Warwick, c’est la petite ville natale de la conjointe de mon frère et elle est si fière de son coin de pays… avec raison d’ailleurs! Lors de vacances d’été il y a plusieurs années, elle nous avait amenés visiter « sa » ville et les alentours, nous avait montré la maison de son enfance, son école, etc. On avait trouvé ça beau. Pour nous, cette région manquait de lacs et de rivières mais autrement, on se serait même vus y vivre, parce que tout était « à échelle humaine »!

    Avec la technologie, les communications, la mondialisation, le travail autonome qui prennent de l’ampleur, j’espère que ça donnera un second souffle aux régions qui en ont grand besoin. De plus en plus, même les entreprises cherchent à éviter les grands centres quand c’est possible. À long terme, on aura des problèmes si on continue de dévitaliser les régions au profit des grandes villes qui suffoquent à cause de la surpopulation.

    La maison de ton fils et sa petite famille est vraiment magnifique. J’aime particulièrement cette grande galerie couverte et la fenestration généreuse qui doit amener une belle luminosité pour les activités de la vie quotidienne… et le travail.

    Pour avoir été, comme eux, travailleuse autonome avec mon bureau chez moi, je trouve qu’ils ont bien choisi leur environnement pour y vivre, y être heureux et… y travailler!

  4. pierforest dit :

    @Zoreilles: Je pense effectivement que c’est une opportunité pour relancer les régions. Évidemment, ça suppose un accès internet haute vitesse, ce qui fait parfois défaut en région. Je me souviens qu’une petite ville de moins de 500 habitants avait pris la situation en main en faisant installer une antenne sans haut-débit liée par fibre optique et permettant d’offrir un accès haute vitesse illimité à tous les citoyens pour une somme d’environ $50/mois payée à même le compte de taxe. J’ai trouvé ça original et débrouillard.

  5. Grand-Langue dit :

    Jolie ville que Warwick. Je crois que la façon dont évolua cette ville favorisa une telle diversité. Même chose par exemple pour les maisons de diverses couleurs qu’on retrouve aux Îles. Maintenant, je ne crois pas que l’on puisse associer l’urbanisme au manque de diversité. Il y a très peu d’urbanisme au Québec, surtout si l’on considère l’aspect visuel.

    Ce qui peut être magnifique dans un village comme Warwick peut constituer une horreur ailleurs. Nous n’avons pas de places publiques dignes de ce nom, nous ne tenons pas compte des vues dégagées, ni de l’affichage (ou si peu) ou encore de la variété des arbres plantés dans les parcs. Ce ne sont que quelques exemples.

    Il y a énormément à faire. La diversité doit aussi faire partie de notre monde, on ne peut pas et il ne faut pas tout contrôler, là dessus je vous rejoint. Quand on rencontre des quartiers entiers qui sont identiques, ce ne sont pas les urbanistes qui exigent cela mais plutôt les impératifs financiers $$$, les « développeurs ».

    Grand-Langue (urbaniste raté)

  6. pierforest dit :

    @Grand-Langue: En fait j’extrapole sur le fait que même les petites villes annoncent maintenant un plan d’urbanisme, alors j’ai assuméque c’était fait par des urbanistes, mais qui sait, le problème est peut-être justement là. Il n’est jamais trop tard pour une seconde carrière.

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