Le fil qui retient l’épée

Publié: 29 avril, 2017 dans Bonheur, famille, L'essentiel, motivation, Sagesse

On connaît tous cette histoire de l’épée de Damocles. Bien qu’elle date de plusieurs siècles, elle illustre parfaitement ce sentiment terrible qu’une menace perpétuelle nous pend au-dessus de la tête: Brexit, Trump, Corée du Nord, crise économique, l’Europe fragmentée, la montée de l’intégrisme, l’endettement incroyable des pays occidentaux, la puissante Chine silencieuse, le terrorisme, le changement climatique, la surpopulation, mais aussi des épées plus personnelles, la maladie, la peur de perdre la vie ou de perdre un proche.

Chacun définit ses propres épées de Damoclès et il est difficile d’en faire totalement abstraction. Elles influencent nos actions, notre quotidien et notre façon de percevoir la vie.

De façon générale, l’information me sécurise. J’aime analyser et comprendre, parce que ça me donne l’illusion d’être en contrôle.  C’est un peu comme si elle me permettait de mesurer le niveau de risque que je cours réellement et me préparer mentalement en conséquence.

Cependant, dans ce monde où il y a tant, mais tant d’information à notre portée, cela provoque aussi l’effet inverse, puisqu’on peut découvrir chaque jour une nouvelle menace potentielle. On peut ainsi passer l’essentiel de son temps à analyser le fil qui retient l’épée plutôt que de vivre sa vie. C’est un peu fou quand on y pense.

Et au fond, ça changerait quoi de savoir que le fil cèdera aujourd’hui, demain, dans un mois ou dans un an?

Si je savais de façon certaine que ce que je crains arrivera demain, est-ce que je vivrais différemment la présente journée? Oui, sans doute. Je voudrais certainement savourer chaque minute intensément. Je ne me soucierais pas de ce qu’on pourrait penser de moi. Je ne m’inquiéterais pas d’un futur qui n’existe pas encore et qui n’existera pas.

Mais quand j’y pense, qu’est-ce qui m’empêche de le faire quand même?

commentaires
  1. Zoreilles dit :

    Eh que j’aime l’analyse que tu fais de notre vie actuelle dans cette société où l’on est surinformés… Je réfléchis souvent, en mon for intérieur, à ces questions-là mais tu m’amènes beaucoup plus loin!

    Je ne sais pas si c’est une chance ou un coup du sort mais depuis l’âge de 27 ans, je vis chaque jour comme s’il était mon dernier. Et lorsqu’une question me plonge dans l’embarras, je relativise en me demandant : « Sur mon lit de mort, ça va tu être ben important ça? »

    Quand on m’annoncera que c’est la fin et que cette fois, ce ne sera pas un mauvais diagnostic, je crois sincèrement que je saurai y faire face même si j’ai peur de souffrir, comme tout le monde.

    Toutefois, je ne saurais pas faire face à une mauvaise nouvelle pour un proche, quelqu’un que j’aime. Autrement dit, j’aime mieux ne pas trop en savoir d’avance… À chaque jour suffit sa peine!

    • pierforest dit :

      @Zoreilles: Tu as dû vivre quelquechose de bien spécial à 27 ans pour que tu vives ainsi chaque jour comme si c’était le dernier. Ceux qui sont passés vraiment près de la mort ont souvent ce réflexe que l’on acquiert visiblement pas aussi facilement qu’on le souhaiterait.

      La question de « sur mon lit de mort,ca vas-tu être ben important? » est une bonne façon de désarmocer la plupart des situations de stress que l’on peut vivre. Je vais m’en souvenir.

      Et je suis aussi comme toi, sur le fait que je suis davantage préoccupé par la mort des proches que par la mienne.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s