Contacts et bulles d’isolement

Publié: 17 juin, 2017 dans Bonheur, Juste du bonheur, plaisir, Questions existentielles, Réflexions

 

canal_de_chamblyJe reviens d’une balade en vélo le long de la piste cyclable du canal de Chambly. L’endroit n’est pas hyper-fréquenté, même si on y croise quelques cyclistes et des marcheurs.

Ce qui m’a frappé, c’est que moins l’endroit est fréquenté, plus les inconnus vont se saluer. Un petit signe de tête pour les uns, un sourire ou un cordial bonjour pour les autres. Mais dès qu’un endroit devient très fréquenté, c’est l’inverse qui se produit. Les gens s’isolent dans leur bulle, ne se regardent plus, se ne sourient plus. C’est tout de même un curieux phénomène.

J’ai pédalé quelques kilomètres côte à côte avec un monsieur d’un certain âge, je dirais plus de 75 ans, qui était visiblement équipé pour faire de longues distances. Originaire de Californie, il avait envoyé son vélo par Fedex à Montréal et il pédalait ensuite de Montréal à Boston où il allait retrouver sa femme pour célébrer leur 25 ans de mariage. Sa deuxième femme, a-t-il tenu à précisé, la première étant décédé après 17 ans de vie commune. Il roulait environ 100 kilomètres (60 milles) par jour. Il m’a dit être surpris de constater le nombre de gens parlant français par ici et ce n’est pas le premier américain à me faire cette remarque. Pour plusieurs d’entre eux, l’amérique du nord en entier est anglophone, même s’ils admettent qu’il y a beaucoup de latinos dans le sud.

 

commentaires
  1. Zoreilles dit :

    C’est pourquoi dans les villages ou les petits milieux, les gens se connaissent (au moins de vue) et se saluent, échangent parfois quelques mots, prennent des nouvelles. Dans les plus grandes villes à forte densité de population, les gens sont dans leur bulle, c’est vrai, je le constate chaque fois que je suis en déplacement. Je ne m’habitue pas!

    Pour les gens de chez nous qui vont étudier, vivre ou travailler à Montréal, par exemple, c’est la chose à laquelle ils ont le plus de difficulté à s’habituer, cet anonymat qui fait qu’on peut passer une journée entière sans sourire ou sans parler à personne.

    Une fois, avec ma belle-soeur anciennement de Rouyn-Noranda, il est arrivé quelque chose de comique. Elle habite à la campagne près de St-Jérôme depuis plus de 10 ans. On était toutes les deux chez Costco à St-Jérôme et ça a adonné de même, j’ai rencontré, salué et fait des gros câlins à au moins 5 personnes que je connaissais. Il faut que dire que beaucoup de gens de l’Abitibi font un arrêt chez Costco à St-Jérôme avant de remonter dans le Nord. Ma belle-soeur m’en parle encore, elle dit que je connais tout le monde mais c’est pas vrai, c’est juste que ça a bien adonné cette fois-là!

    • pierforest dit :

      @Zoreilles: Il doit exister une masse critique à partir de laquelle on passe du besoin de contact à celui de l’isolement. Je pense qu’on a tous besoin de contacts, mais lorsqu’ils nous sont imposés par la trop grande proximité avec un trop grand nombre de personnes, on a forcément tendance à s’isoler dans sa bulle. Quand on vit loin des grands centres, on a facilement l’espace nécessaire, mais j’imagine à peine ce que ça doit être que de vivre dans les villes très populeuse comme Tokyo par exemple, où on retrouve près de 4500 habitants par kilomètre carré. Pour ma part, j’ai autant besoin d’espace que de contact. Je pense que ceux qui n’ont pas cet espace, s’évadent dans leur tête pour le retrouver.

  2. Marico Renaud dit :

    J’aime tes mots: j’ai autant besoin d’espace que de contact. Je pense que ceux qui n’ont pas cet espace, s’évadent dans leur tête pour le retrouver…… Comme tu as raison! L’équilibre entre les deux varie selon chacun mais ça me semble nécessaire à moi aussi. J’ai longtemps habité Montréal et au début ça m’est venu tout seul, après plusieurs mois de désarroi, d’apprendre à m’évader dans ma tête et de me satisfaire d’un cercle assez restreint d’amis. Après 30 ans en ville, je n’avais toujours pas oublié l’Espace et la grande nature. Je me reprends depuis au milieu d’une forêt sans beaucoup en sortir… depuis plus de 10 ans !

    • pierforest dit :

      @Marico: Pour ma part, je préfère de beaucoup la nature et les grands espaces. Paris, New-York ne m’attirent pas particulièrement, mais quand je repense à ces petits hameaux du nord de l’Espagne, sur le Chemin de Compostelle, mon coeur bat plus vite. J’ai, par contre, une belle-soeur qui vit exactement l’inverse. Juste d’être en banlieue de Montréal l’empêche de dormir la nuit. « C’est trop silencieux » disait-elle. Je pense que l’important, c’est que chacun s’installe là où il se sent bien et quand on a le choix, c’est encore mieux.

    • Zoreilles dit :

      Marico, je voulais te dire… J’ai écrit quelques commentaires sur des billets récents de ton blogue mais ils ne s’affichent pas et je crois que tu ne les reçois pas non plus…

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