Archives de mai, 2018

Pensée du jour

Pensée du jour

Pour le défi  « À vos claviers #7 » du mois de mai sur le site L’atelier sous les feuilles, il fallait proposer une recette. Pas une recette de plat cuisiné, mais un autre genre de recette, soit une recette pour être heureux ou recette pour devenir une super-héros.  Pour ma part, je sais déjà comment faire pour les deux précédents, alors je me contenterai de la pousse des tomates.

J’aime les tomates. J’en mange à tous les matins. Mes préférées sont d’une variété ancienne, les noires de Crimée. Depuis l’année dernière, j’ai commencé à entretenir les plate-bandes de Josée, parce qu’elle n’en a plus la force. Je n’y connais rien en plantes et fleurs, mais avec ses judicieux conseils je m’en tire pas trop mal.

Après avoir fait retirer un arbuste qui était malade, il y avait un espace de libre dans une des plate-bandes. Plutôt que d’y replanter d’autres plantes ou fleurs, j’ai décidé d’y faire pousser des tomates. Comme pour le reste des plate-bandes, je n’y connais absolument rien sur la pousse des tomates et la spécialité de Josée c’est les fleurs, les bulbes et les vivaces, alors j’ai dû me tourner vers internet pour en apprendre un peu plus.

Ainsi, j’ai lu que dans ma région, les plants de tomates ne doivent pas être plantés avant le début juin, pour éviter tout risque de gel au sol (Eh oui, c’est comme ça au Québec).  On doit ensuite laisser à chaque plant une superficie d’environ un mètre carré parce que les plants de tomates prennent pas mal de place en grandissant . Le sol doit être creusé sur 20 centimètres de largeur et environ 15 de profondeur pour chaque plant. Il est recommandé de creuser l’un des côtés à 45 degrés, de placer le plant couché au départ et couvrir ensuite une partie de la tige. Rapidement, paraît-il, le plant se redressera de façon naturelle et la partie ensevelie créera de nouvelles racines pour mieux s’implanter dans le sol. La terre noire est déconseillée pour remplir le trou. On recommande plutôt du compost commercial ou artisanal. Il faut aussi recouvrir le tout de paillis, de façon à conserver l’humidité du sol et également éviter que des mauvaises herbes ne s’implantent à proximité. Il faut aussi éviter de laisser les feuilles toucher le sol parce que c’est un vecteur courant de transmission de maladies pour le plant. On doit arroser à tous les jours, avant l’apparition des petites fleurs blanches et par la suite, on arrête complètement l’arrosage. Il est cependant recommandé de n’arroser que la base du plant et non les feuilles. Il faut aussi penser à installer une cage à tomate. C’est un sorte de grillage d’environ 48 centimètres de hauteur, qui sert de guide au plant lorsqu’il grandit et se remplit de fruits relativement lourds pour les tiges.

Voilà, c’est mon plan d’actions de façon générale. Pour le compost, ça tombe bien, parce que depuis une dizaine d’années, chez moi, on composte tous nos résidus végétaux. La section de notre bac qui a été laissée au repos depuis l’année dernière contient donc une bonne quantité de terre compostée que je pourrai utiliser. En plus, comme on composte également les coquilles d’oeuf, ça sera utile pour éloigner les limaces. Pour l’arrosage, j’ai pensé installer un système d’irrigation goutte-à-goutte qui soit directement connecté à notre bac collecteur d’eau de pluie que Josée m’avait fait installer il y a quelques années. Ainsi, les plants ne seront arrosés qu’à la base et en continue sans que je n’ai à y voir personnellement à tous les jours. On peut appeler cela de la paresse ou de l’ingéniosité ou peut-être un peu des deux :). Je pense que trois plants de tomate seront suffisants pour combler ma consommation régulière, mais l’expérience me le dira éventuellement.

J’ai trouvé des plants de tomates noires de Crimée, comme je le souhaitais.  La période de maturation est d’environ 74 jours, alors, en principe,  j’aurai mes propres tomates quelques part à la mi-août. Donc, à suivre.

 

Pensée du jour

Pensée du jour

Pour l’atelier d’écriture de Leiloona. En s’inspirant d’une photo, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

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– Hey Cath, viens voir ce que j’ai trouvé?

Charles apparut là-haut dans la pénombre, cadré par la trappe d’accès au grenier. Il tenait entre ses mains un coffre couvert de poussière.

– Wow, dit Catherine, c’est quoi ça?

– Viens m’aider à le descendre, je veux voir ce qu’il contient, lança Charles, fébrile.

Catherine tint l’escabeau, tandis que Charles descendit prudemment du grenier. Il alla déposer le coffre sur la table du salon et Catherine vint le rejoindre avec un chiffon pour dépoussiérer la trouvaille. Le coffre de bois sombre était abondamment verni et semblait très ancien avec ses ferrures bronze laiton et ses poignées de cuir qui sentaient une époque révolue.

– Il est magnifique, s’exclama Catherine.

Le couvercle bombé couina quand Charles le souleva doucement. Il sourit, satisfait qu’il ne soit pas verrouillé, mais rapidement la déception se lut sur son visage. Il ne contenait que quelques livres, des herbiers. Rien d’autre.

– « Louise D. 1898 » lut Charles d’un ton neutre en prenant un des livres. Dommage, c’est pas aujourd’hui qu’on va devenir riche ma belle Cath!

– Laisses-moi regarder, dit Catherine en lui subtilisant l’herbier des mains et s’assoyant sur le canapé tandis que Charles continuait d’inspecter le coffre, se demandant s’il pourrait en tirer un bon prix.

Tournant les pages jaunies, sèches, rigides et légèrement ondulées, Catherine réalisa rapidement que l’herbier n’avait rien de conventionnel. Louise D, n’avait pas cherché à répertorier plantes ou fleurs dans son herbier, mais plutôt des souvenirs, des pensées volées, des moments de vie qu’elle avait voulu figer dans le temps. Sur chaque page, une fleur maintenant sèche et rabougrie était accompagnée d’un texte, magnifiquement calligraphié, dont le choix et la musicalité des mots, laissait flotter en elle, un subtil parfum de bonheur. Plus qu’un herbier, c’était un journal poétique intime qui au départ, avait dû être superbement enrichi par le parfum des fleurs. À la dernière page, ce poème prophétique venu d’une autre époque:

Comme un oiseau léger, la main de l’indiscrète
Preste, et pourtant sans hâte, erre, et tourne au hasard
Les vieux papiers jaunis, et la boîte secrète
Aux tendresses gardées ; rien n’échappe au regard.

Et railleuse d’abord, la fillette examine
Ces lettres du passé, ces choses d’autrefois,
Relit des bouts de phrase en souriant, mutine,
Et ces fleurs desséchées et ces tendres émois.

De tout cela, très doux, un parfum vague émane,
Subtilisé dans l’air, chypre mêlé d’iris,
Une odeur d’ancien temps, de rose qui se fane,
Essence de Cythère et bouquets de Chloris.

Dentelles embaumées fleurant la bergamote,
Gants tout imprégnés d’ambre et sachets d’oliban,
Evoquant ce Jadis qui dansait la gavotte,
Gracieux et poudré, dans un salon d’antan.

L’enfant que le parfum troublant du coffre enivre
Ouvre un petit écrin d’aspect mystérieux ;
Il lui semble sentir tout ce passé revivre,
Respirer doucement d’un souffle harmonieux.

*Tiré du recueil Fleurs d’exil de Fernand Prévost de Belvaux

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