Archives de juillet, 2018

IMG_0184Hier soir, j’étais fasciné par les nuages noirs qu’apportait le vent, par les bourrasques qui secouaient les arbres avant la pluie, par le grognement du ciel avant l’orage. Le vent, on ne l’arrête pas. On peut se mettre à l’abri, l’utiliser ou y faire face, mais on ne l’arrête pas. Il passe, c’est tout. J’aime, j’adore ces moments où flotte dans l’air une colère contenue, prête à déchaîner les éléments. J’étais là en silence, aux aguets, attendant l’ultime minute avant d’aller me réfugier à l’intérieur et m’est revenu en mémoire le souvenir heureux de cet été-là où âgé de 12 ou 13 ans, j’avais appris seul à manoeuvrer mon petit dériveur entre les creux et les vagues, à savoir prendre le vent, à glisser sur les flots penché toujours plus en arrière jusqu’à l’extrême limite sans chavirer, retenu par la voile ronde et gonflée, à frôler l’eau qui défile à toute vitesse en laissant derrière de longues traînées sombres alors que je fonce devant à l’assaut des vagues sans penser à rien d’autre qu’à être là, ennivré de vie et de vent. Quelque chose a changé en moi cet été-là. Comme un rite initiatique, j’étais devenu un peu plus moi.

Étranges voisins

Publié: 26 juillet, 2018 dans Écriture, psychologie, Société

bikerJe demeure au même endroit depuis 30 ans. Il y a des voisins que je connais, d’autres que je salue et d’autres encore, que j’appelerai ces étranges voisins. Je ne leur ai jamais adressé la parole, même pas un signe de tête et pourtant, je ne peux m’empêcher de leur inventer une vie.

Celui-là, par exemple. Dans la soixantaine, pas très grand ni très corpupent, mais qui se déplace comme s’il était un grizzly. Il a de multiples tatouages aux deux bras et une longue crinière blanche qu’il attache en queue de cheval. Il porte toujours une casquette, sans doute pour cacher sa calvitie frontale. Je le vois partir travailler à tous les matins, avec sa boîte à lunch, à peu près à la même heure que moi. Il conduit une voiture américaine anonyme et de couleur neutre. Le soir, par contre, durant l’été, il va sortir de son garage une rutilante corvette décapotable pour aller on ne sait où. Il a aussi deux motos. Une moto de route beige anonyme, du genre de celles que conduisent les grand-pères tranquilos et il a aussi une harley bleu ciel, peinte à la main avec la fourche avant surélevée. Il sort peu sa Harley et surtout quand la nuit est tombée ou à quelques rares occasions durant les weekends. Un soir, je l’ai vu quitter en pétaradant doucement. Il portait une veste de cuir noir, sans manche au dos de laquelle figurait une inscription en blanc, que je n’ai pas eu le temps de lire, mais qui identifiait sans doute le club de moto ou de motards auquel il appartient. Son wifi, enfin je suppose que c’est le sien, est perceptible jusque chez moi et s’intitule « Biker ». Il est peut-être très gentil, mais j’ai comme quelques préjugés à établir des liens avec lui.

Pensée du jour

Pensée du 25 juillet

Publié: 25 juillet, 2018 dans Pensée du jour, Réflexions, Société

Pensée du jour

Pensée du 24 juillet

Publié: 24 juillet, 2018 dans humour, Pensée du jour, Sagesse

Pensée du jour

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