Archives de la catégorie ‘amour’

j’ai une mémoire sélective qui met beaucoup d’emphase sur les bons moments et qui tend à diminuer l’importance des moins bons. On pourrait parler d’aveuglement volontaire, mais ce n’est pas vraiment volontaire, je suis juste comme ça. Ces jours-ci, j’ai le sentiment qu’on a eu un été formidable après cette dizaine de jours de soleil intense et ces températures qui dépassent de 10 degrés la normale saisonnière. L’été s’étire comme jamais et c’est vraiment plaisant. Ça me réconcilie avec l’été et je suis maintenant prêt pour l’automne.

Ce weekend, c’est le tour des petites fleurs couleur lilas de se faire belles. La semaine dernière, c’était les blanches. Je n’arrive toujours pas à retenir leur nom, mais bon, je ne pense pas qu’elles m’en voudront. Ces fleurs font par ailleurs le régal des papillons d’automne, Monarques et Belle Dames qui sont anormalement nombreux cette année. C’est quand même plus jolie et moins agressant que les coccinelles qui nous envahissent durant une courte période à tous les automnes depuis 2 ou 3 ans.

Je demeure encore étonné de voir comment Josée avait si bien pensé le choix et la localisation de toutes ces fleurs autour de la maison. D’avril avec les perce-neige jusque tard en automne, tour à tour, toutes sortes de fleurs de différentes en couleur et formes connaissent leur moment de gloire là où elle l’avait planifié. Et c’est un travail qui a été fait essentiellement avec des plantes vivaces, de sorte qu’elles reviennent d’année en année sans qu’on ait besoin de replanter quoi que ce soit. Impressionnant, vraiment, c’est comme une oeuvre d’art, sculptée à même la vie.

Notre Père

Publié: 14 avril, 2017 dans amour, Écriture, Bonheur, Juste du bonheur, L'essentiel

avantledodo

– Allez Simon, répète après moi. Notre Père qui est aux cieux…

– C’est où les cieux, maman?

– Ben, c’est là-haut dans le ciel.

– Comme dans le soleil et les nuages?

– Oui, partout là-haut, dans l’univers, dans toutes les étoiles.

– C’est là qu’est papa?

– Non, pas papa, mais Dieu, notre père à tous.

– Ah bon.

– Allez, on reprend. Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié…

– Ça veut dire quoi sanctifié, maman?

– Ça veut dire que son nom est spécial, qu’il est sacré.

– Et c’est quoi son nom?

– C’est Dieu.

– Pourquoi est-ce qu’on veut que son nom soit spécial maman?

– Parce que c’est une personne unique, c’est notre Père à tous.

– Et mon nom à moi est-ce qu’il est spécial?

– Oui, bien sur mon amour, ton nom est spécial et toi aussi tu es une personne géniale et unique.

– D’accord.

– Allez, on reprend. Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne…

– C’est quoi un règne maman?

-On ne finira jamais, si tu m’interrompts tout le temps Simon (Soupir). Un règne, c’est lorsqu’une personne décide de tout, impose son autorité et sa vision des choses à tous le monde.

– Comme toi maman?

– Oui, on peut dire ça. On veut que Dieu règne sur la terre pour que l’on vive en paix, qu’il n’y ait plus de guerre, de pauvreté, de chicanes, que chacun puisse être heureux, avoir à manger, une maison, des amis.

– Moi, j’ai des amis, maman. Il y a Paul et Achille. On mange souvent des biscuits ensemble et on ne se chicane pas et on s’aime bien et on a tous une maison. Crois-tu que c’est le règne de Dieu?

– C’est vrai qu’on est heureux Simon et qu’on a tout ce qu’il nous faut, mais ce n’est pas le cas de tous les enfants sur la planète. Quand le règne de Dieu viendra, tous les habitants de la terre seront heureux comme nous.

– D’accord.

– On reprend. Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite, sur la terre, comme au ciel. Donnes-nous aujourd’hui notre pain quotidien, pardonnes-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés…

– C’est quoi être offensé maman?

– C’est lorsque quelqu’un t’a fait de la peine. Il faut apprendre à pardonner à ceux qui nous ont fait de la peine, de la même façon qu’on aimerait être pardonné quand on a fait de la peine à quelqu’un.

– Comme lorsque j’ai brisé le tracteur d’Achille et qu’il pleurait?

– Oui, on peut dire cela. Tu ne voulais surement pas qu’Achille ne veuille plus être ton ami parce que tu avais brisé son tracteur, n’est-ce pas?

– Non, j’avais de la peine moi aussi. Après, il ne voulait plus me prêter ses jouets et je suis revenu à la maison, mais le lendemain, on jouait encore ensemble, on était amis.

– Voilà, Achille t’avait pardonné.

– D’accord.

– Allez, on fait la prière jusqu’à la fin maintenant, d’accord?

– D’accord.

– Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnes-nous aujourd’hui notre pain quotidien. Pardonnes-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivres nous du mal. Amen. Allez, maintenant, monte dans ton lit.

– Je t’aime maman.

– Moi aussi mon loup. Bonne nuit.

Ombre et lumière

Publié: 11 décembre, 2016 dans amour, Écriture, Bonheur, Juste du bonheur, L'essentiel

Atelier d’écriture de Leiloona.

En s’inspirant d’une photo de Marion Plus, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

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Alors que j’écoutais le silence des flocons de neige tombant paresseusement vers le sol, une image de toi m’est revenue en tête. Celle d’un matin où, ouvrant les yeux, je t’ai vue là, nue face au miroir, à peigner tes longs cheveux sans te soucier de ma présence, me croyant sans doute endormi. La tête un peu penchée comme ça,  tu te regardais dans les yeux, sans pudeur, à la fois concentrée et perdue dans tes pensées tout en appliquant machinalement de longs coups de brosse à tes cheveux, les laissant retomber ensuite librement et bien dressés sur tes épaules. Un filet de lumière pointant par les rideaux entrebaillés, dessinait sur ton dos d’envoutantes ombres chinoises qui ondulaient en racontant une histoire sans début ni fin. Et puis dans tes yeux, j’ai vu cette étincelle indiquant ton retour en ce monde. Tu m’as regardé de l’autre bout du miroir, tu m’as souri et tu es venue me rejoindre en grimpant lentement sur le lit dans une démarche toute féline.

essenceJ’ouvre tout grand mes sens, mes yeux, mes oreilles, je veux marquer clairement mes souvenirs de ce weekend, pour y revenir encore et encore, quand bon me semblera, quand j’en aurai envie, quand j’en aurai besoin.

Je repense à cette marche dans les bois à la tombée de la nuit, à la fraicheur qui descendait sur nous, au contact de sa main dans la mienne et des insectes qui tourbillonnaient autour de nous. Sur le lac, le ciel rose et bleu se réflètait comme un immense miroir offrant une source lumineuse au travers des arbres noirs.

Le lendemain, au petit matin, ce cerf qui passa tout près de moi, le regard inquiet et surtout surpris de trouver un humain si tôt sur sa route.

Ces drôles de flocons colonisateurs qui flottaient partout dans l’air dès que le vent soufflait un peu, comme une neige d’été, comme des méduses qui se laissent porter par les vagues.

Les balades en vélo, l’effort de grimper les côtes et le plaisir de la descente. Je la vois penchée sur son guidon, concentrée par l’effort et les cuisses qui brûlent. Elle arrêtera avant d’être en haut de la côte, tout en allant un peu plus loin que la veille, peut-être par défi.

Une partie de scrabble inachevée qu’elle a solidement débuté avec un mot de 57 points.

Un souper agréable dans un resto gastronomique où j’ai visé l’exotisme, tandis qu’elle choisissait une valeur sûre.

Une soirée au cinéma pour un film léger, amusant, une comédie policière qu’on n’aurait sans doute pas vu autrement, mais qu’on a choisi parce que c’était le seul film qui convenait avec l’horaire.

Et des discussions différentes, un peu nostalgiques, du genre: Si je n’avais pas peur de l’avion, j’aurais aimé voyager là où il y a de vieux bâtiments et des petites ruelles.

Le feu de camp qu’elle a allumée fièrement toute seule et qu’on a regardé, hypnotisé par le flammes, accompagné de longs silences jusqu’à ce que les braises rouge annoncent l’heure du coucher.

J’ai fait le plein de bonheur, comme on fait le plein de carburant avant une longue route.

Atelier d’écriture de Leiloona.

En s’inspirant d’une photo de Kot, écrire, juste pour le plaisir d’écrire.

doigt

Quand c’est arrivé la première fois, il y a environ 6 mois, Antoine n’a pas fait le lien. Il remettait sa carte de crédit à la caissière du marché, quand leurs doigts se sont légèrement touchés. Celle-ci avait alors levé vers lui des yeux bleus pétillants en affichant un sourire enjoleur qu’elle compléta de façon coquine en se mordant la lèvre inférieure. Il fut par ailleurs décontenancé de noter à quel point ses pupilles étaient dilatées, se demandant même alors s’il s’agissait de drague ou de drogue. Il lui rendit un sourire poli et quitta rapidement, mais se retournant, quelques pas plus loin, il constata qu’elle le regardait toujours intensément. Peu habitué à ce genre de réaction, il fut à la fois surpris et flatté par cette situation hors de l’ordinaire. Le sien en tout cas.

Puis, dans les jours qui suivirent, les incidents se multiplièrent. On lui accordait tout à coup une attention impressionnante, démesurée, comme s’il était devenu une superstar ou je-ne-sais quel sex-symbol. Les déclarations d’amour implicites ou explicites venaient de toutes parts, à tel point qu’il commença à s’en inquiéter. Son miroir ne lui retournait pourtant rien de différent. Il n’utilisait pas de ces parfums pour homme qu’on annonce à la télé, n’avait ni changé son savon ni sa façon de se vêtir, c’était à n’y rien comprendre. Pourtant, dès qu’il touchait à une personne, connue ou inconnue, voilà qu’elle semblait tomber instantanément amoureuse avec lui. Si au début, c’était étrange et au fond assez flatteur, au fil des jours cela devint inquiétant voire même embêtant.

En réfléchissant bien, il en déduisit que tout avait débuté juste après cette randonnée en montagne où il s’était écorché le bout du doigt sur cet arbre centenaire au pied duquel il avait fait une pause. Aussi impensable que ça puisse paraître, la seule conclusion logique à laquelle il parvenait était que cette écorchure lui avait donné un pouvoir d’attraction magique qu’il exerçait maintenant sur tous ceux qu’il touchait du doigt.

La nature humaine étant ce qu’elle est, il en profita pas mal, au début, il faut l’avouer, mais rapidement Antoine perdit tout plaisir à utiliser son doigt magique qui le laissait avec le sentiment de tricher et se priver ainsi de l’amour véritable, celui qui nait d’un regard et qui se développe progressivement au-delà des apparences et des artifices. Constatant que l’étrange phénomène ne se produisait que lorsqu’il touchait directement les gens, il prit donc l’habitude de porter continuellement un petit bandage au bout de son doigt pour éviter d’ensorceler quiconque autour de lui.

jeans3Vient un temps, après quelques décennies où l’amour est comparable à votre paire de Jeans préférée. Il épouse désormais si bien vos formes qu’il semble avoir été conçu spécialement pour vous. Bien sûr, il est peut-être un peu abîmé, il a bien quelques accrocs ici et là, mais en même temps, ces parties fragilisées sont aussi celles qui sont les plus douces. Il est unique, irremplaçable et vous en prenez grand soin, parce que vous savez très bien que nulle autre paire, même une neuve ne vous retournerait une image de vous-même à la fois si positive et confortable. Il vous accompagne dans les moments intimes importants, comme un ami  fidèle et réconfortant et vous le portez fièrement en espérant le garder pour toujours avec vous à l’abri du temps.

Deucentenaire

Publié: 1 février, 2015 dans amour, Bonheur, famille, Juste du bonheur

Il y a des mots qui sont porteurs de tous nos préjugés, positifs et négatifs. Ainsi, quand j’entend centenaire, je me dis Wow, belle réussite, surtout si ces personnes sont en santé. Encore aujourd’hui, c’est un exploit de franchir le cap de la centaine. Peut-être qu’il en sera autrement éventuellement, mais pour l’instant, c’est encore une minorité de gens qui se rendent jusque là.

Je m’amuse également de ma propre réaction face à un article au sujet des quinquagénaires. La première image qui me vient, quand je lis ce mot, est celle d’une personne âgée, avec de l’embonpoint, cheveux blanc, un peu comme ceux qu’on voit dans l’émission de télé « Les détestables ». Pourtant à 53 ans bientôt 54, je suis rendu là, moi aussi et je ne m’associe absolument pas à cette image. Il y a comme une rupture entre ma perception et la réalité. Ces images et ces préjugés me viennent pourtant de quelque part. Pas de mes parents, en tout cas, parce qu’ils étaient encore en très grande forme à cet âge, tous les deux.

Ma vingtaine a été la décennie ou j’assumais ma vie d’adulte, ou j’ai trouvé ma partenaire de vie, me suis marié et suis devenu père. C’est aussi là que débutait ma vie professionnelle, tout au bas de l’échelle, impressionné par ceux qui se trouvaient tout en haut.

La trentaine a été très largement centrée sur la famille et sur ma progression professionnelle. Au travail, j’ai longtemps souffert du syndrôme de l’imposteur avec l’impression d’avoir des mandats ou un rôle qui dépassait mes compétences, pourtant, avec une bonne dose de gros bon sens, j’arrivais à m’en sortir. J’ai surtout progressé, parce qu’à travers toutes ces années, j’ai eu un excellent mentor qui m’a fait confiance et qui m’a bien guidé. J’ai compris l’importance d’une telle personne dans ma vie professionnelle et aujourd’hui, dès que je suis en mesure de jouer ce rôle auprès de quelqu’un, je le fais volontiers. Je donne au suivant.

La quarantaine a été pour moi une sorte de quête, de remise en question, de qui suis-je, qu’est-ce que je veux vraiment, alors que j’ai aujourd’hui l’impression de m’être trouvé et c’est apaisant, d’une certaine façon. Il faut dire que j’ai fait les bons choix aux bons moments, notamment au niveau professionnel et ça compte beaucoup. Ce retour aux études, début quarantaine, dans un parcours universitaire, l’acquisition de nouvelles compétences « certifiées » et non pas juste apprises sur le tas et la décision de quitter une entreprise ou je travaillais depuis 25 ans ont été des éléments-clé de cette décennie. Après 25 ans au même endroit, on est forcément perçu comme un vieux, faisant partie des meubles, alors que là, je suis le nouveau. Et puis ce changement assez drastique d’industrie (je suis passé du monde du transport à celui du pharmaceutique) m’a propulsé, tête baissée, dans un monde ou je devais avoir l’humilité nécessaire pour apprendre un nouveau jargon, d’autres façons de faire, de se comporter, et faire des liens avec mes expériences passées pour ensuite mettre tout cela à profit. Honnêtement, ça a bien marché. Mi-quarantaine, je me suis également remis passablement en forme, notamment à travers ces deux longues randonnées sur le Chemin de Compostelle qui m’ont donné le goût de marcher. Ma mère me racontait que lorsque j’étais tout petit, je n’aimais pas marcher, disant toujours que cela me fatiguait, alors c’est un peu comme de tirer la langue au passé que d’avoir marché Compostelle, côte à côte avec ma mère. Cela a d’ailleurs resserré beaucoup les liens avec elle. Je lui rends visite maintenant à tous les dimanches, pour jaser de tout et de rien.

La cinquantaine a donc été marquée par le changement. De travail, d’industrie, mais aussi par la façon de voir la vie. En 2013, l’année fut marquée par le cancer de Josée qui nous a beaucoup ramenés dans l’instant présent. Comment être bien « maintenant » est devenu très important dans nos choix quotidiens. Ce fut une année très difficile pour elle, mais on est passé au travers et ça va maintenant beaucoup mieux. En 2014, j’ai eu envie de me remettre en forme, alors ce fut beaucoup de vélo, le jogging, une alimentation plus saine, tout cela sans doute influencé par ce qu’avait vécu Josée. Le jogging, surtout, a été un point marquant, puisqu’encore une fois, je tirais la langue au passé. Alors qu’enfant, dans les cours d’éducation physique, je terminais systématiquement dans les derniers lorsqu’on faisait des courses de quelques kilomètres, si je refaisais ces parcours, aujourd’hui, avec ces mêmes élèves, je terminerais sans doute dans le peloton de tête.

2015 est à nouveau centré sur la famille, mais de façon différente. C’est le plaisir de voir les enfants, voler de leurs propres ailes et c’est aussi la nouvelle génération qui pointe. Béatrice, la jolie Béatrice qui a joint le clan depuis l’automne dernier et Achille qui sera là en mai. Les enfants sont maintenant là où j’étais, il n’y a pas si longtemps. Le temps passe si vite.

Est-ce que je referais des choix différents? Je ne sais pas. Je n’oserais pas. Un de mes livres fétiches est « Replay » de Ken Grimwood. Il y raconte une histoire, un peu comme « Le jour de la marmotte » où un type meurt et réapparaît dans son passé, mais avec ses connaissances présentes. Il tente des choix différents, mais ces choix différents changent aussi complètement le reste de sa vie. Présentement, je me sens bien, je suis heureux, j’aime comment la vie se déroule pour nous, Josée et moi, pour les enfants, pour nos proches, alors je n’oserais rien changer, de peur d’être privé de tout cela.

Alors, plutôt que chercher à nager à contre-courant, je préfère surfer sur la vague et rester positif. Le deux-centième viendra bien en son temps.