Archives de la catégorie ‘Bonheur’

J2018-02-10-0008‘ai trimé dur pour apprendre à maîtriser la planche à voile. Il en a fallu des chutes à l’eau et des ampoules aux mains et des retours au sol, épuisé, mais finalement à un moment donné ça y était.

Tout à coup, je sentais la direction du vent sur ma peau et je savais comment orienter la planche pour lever la voile dos au vent. J’avais assez d’équilibre pour rester debout et positionner la planche avec mes pieds, tandis que le vent me faisais glisser tout doucement.

Puis, avec le temps, je me suis risqué sur des eaux plus agités, avec des vents plus forts et des techniques plus avancées, fixant le crochet de mon harnais au wishbone et me penchant à l’arrière pour faire contre-poids et surfer sur les vagues. C’était juste du bonheur total. Un mélange de satisfaction et de liberté.

Ce que j’ai retenu de cette expérience, c’est qu’il y a toujours une période d’adaptation, une période incontournable qui demande des efforts et qui n’est pas facile au départ. Mais la machine humaine est une merveille qui arrive toujours après un certain temps à assimiler complètement la technique et cela permet de libérer l’esprit pour profiter pleinement de l’activité. Ne plus penser au comment, mais à ce qu’on veut en faire. Penser à où on veut aller, à voile, en vélo ou en marchant, profiter de la musique qui sortira du piano , d’une guitare ou d’un autre instrument et laisser ses doigts faire le travail tout seul.

Et c’est un peu comme ça dans tout.

Point de vie

Publié: 3 février, 2018 dans BD, Bonheur, L'essentiel

laviecestca

soleildumatinCe matin, pour la première fois depuis des semaines, en me rendant au travail, le soleil pointait à l’horizon. C’était un peu aveuglant à travers le pare-brise, mais j’étais trop reconnaissant pour mettre des lunettes de soleil. Les périodes de lumière allongent de jour en jour et ça me fait du bien. J’ai assez bien survécu à la période noire qui s’étend de la mi-novembre à la fin janvier, mais je perçois toujours le retour de la lumière comme une sorte de renaissance.

Il y a quelques années, j’ai lu NightFall, un roman écrit en collaboration par Isaac Asimov et Robert Silverberg. L’histoire débutait par « C’était un éblouissant après-midi de quatre soleils… ». NightFall est une histoire qui se déroule sur une planète fictive entourée de 7 soleils et qui ne connaît jamais la noirceur totale. Toujours éclairée par un ou plusieurs soleils, dans ce monde, passer quelques minutes dans la totale obscurité est comparable à une virée épeurante en montagne russe et les séjours dans ce manège provoque aussi des problèmes psychologiques, des crises de panique, etc. Le coeur de l’histoire tourne autour de la découverte d’un éventuel alignement parfait des soleils derrière la planète et donc, d’une éclipse totale…Je vous laisse imaginer le chaos qui pourrait suivre.

Je préfère vivre sur terre, même si on a cette petite période noire, quelques semaines par année et je compte bien profiter du weekend plus doux (5 degrés) et du soleil annoncé pour recharger mes batteries.

Crédit image: sans importance

iglooAujourd’hui, j’ai passé la journée à ne rien faire ou à peu près. On dirait que ces temps froids me rendent un peu somnolent, comme un ours qui hiberne en attendant le retour du printemps. Je me suis installé sur le canapé du salon et me suis emmitouflé dans ma doudou préférée en regardant par la fenêtre et piquant des petits dodos intermittents.

Ce n’est pas juste le froid (-23 ce matin), mais surtout le vent qui soufflait fort, soulevant des tourbillons de neige. Et puis, en fin de journée, le vent a considérablement diminué, alors je suis sorti pour aller pelleter et me dégager une voie jusqu’au bac de compost et enlever de l’entrée la neige qui n’avait pu l’être par le déneigeur qui était passé avec son gros tracteur rouge. Après cette journée où le sol a été balayé par les vents forts, la neige n’était pas floconneuse et légère comme hier, elle avait plutôt la consistante « pukaangajuq », comme on dirait en inuktikuk, c’est-à-dire avec la fermeté correcte pour la découper au couteau à neige et se construire un igloo.

 

 

equilibrePar définition, l’équilibre demeure un état fragile. Avoir une alimentation équilibrée ou une vie équilibrée est un exercice qui requiert une certaine rigueur et un peu de sagesse, à défaut de quoi, on se balance constamment d’un côté à l’autre avec une amplitude variable selon les tempéraments.

 

Bonne année 2018

Les 3 vies de Thomas

Publié: 9 novembre, 2017 dans Bonheur, Réflexions, Société

Près de mon lieu de travail, il y a un cimetière. J’aime déambuler dans ces lieux. J’y vais à l’occasion durant l’heure du lunch. C’est paisible. Quand on s’y promène, on ressent des tas de souvenirs-fantômes diffus qui flottent ici et là à hauteur d’homme autour de ces noms gravés dans la pierre. Des histoires d’amour et des drames aussi. Des couples qui ont vécu ensemble très longtemps et qui sont décédés presqu’en même temps, comme s’ils n’avaient pu vivre l’un sans l’autre. D’autres pierres, sont presque complètement effacées par l’usure du temps, comme si ces personnes décédées avaient perdu leur nom, faute de descendance pour garder vivant ce qu’ils ont été. Et puis, cette pierre m’a particulièrement touché. Un couple, Patrick et Mary Hackett, ont perdu 6 de leurs enfants, âgés de moins de 3 ans entre 1845 et 1856. À cette époque, la mortalité infantile était élevée. 20% d’entre eux mouraient dans leur première année de vie. Aujourd’hui, on s’attend tous implicitement à faire éventuellement face à la mort de ses parents, mais pas à celle de ses enfants. La gastro-entérite était souvent la cause des décès au milieu du 19ième siècle. Beaucoup de femmes n’allaitaient pas leur bébé. On leur donnait du lait de vache non pasteurisé et l’eau courante n’était pas non plus contrôlée.

Des 6 enfants de Patrick et Mary décédés en bas-âge, 3 avaient été nommés Thomas. C’est quasiment une malédiction.

cimetiere

3 secondes

Publié: 2 novembre, 2017 dans Bonheur, Questions existentielles, Réflexions

3 secondes. En si peu de temps, le cours d’une vie peut changer radicalement. Hier soir, alors que je revenais du travail par une étroite route de campagne, j’ai vu, un peu plus loin devant moi, un type qui montait la côte en vélo. J’ai ralenti parce qu’une voiture venant à contre-sens s’est alors pointée en haut de la côte et je voulais éviter qu’on se croise tous au même moment. Puis, tout à coup, sans raison apparente, le cyclise a chuté et s’est étalé par terre de tout son long jusqu’au milieu de la voie. J’ai freiné rapidement, mille-et-un, mille-et-deux, mille-et-trois. Le type s’est relevé, a pris son vélo  pour se ranger sur le bas-côté et m’a regardé. Je lui ai fait signe pour savoir s’il était okay et il a levé le pouce. Je suis donc reparti. Un peu secoué.

Si j’étais parti 3 secondes plus tôt, si j’avais forcé un feu jaune ou roulé juste un tout petit peu plus vite, j’aurais pu être à sa hauteur quand il a chuté, sans avoir le temps de réagir et je l’aurais frappé, le tuant peut-être, provoquant un drame terrible auprès de ses proches et également dans ma propre vie, mais à 3 secondes près, j’ai évité ce hasard du destin et ma vie continue comme si de rien n’était.

Merci le temps, merci la vie, merci mon Dieu.