Archives de la catégorie ‘Coup de coeur’

À chaque année, c’est le spectacle des couleurs partout autour de la maison. Je ne connais pas les noms latins de ces fleurs, mais je les trouve toutes magnifiques. Je ne peux pas facilement distinguer une vivace, d’une annuelle ou d’un bulbe, mais en réalité, ce qui m’intéresse, c’est surtout d’en profiter et comme le travail a été fait par Josée il y a déjà plusieurs années, il ne reste plus qu’à assister gratuitement au spectacle qui débute au printemps et qui va s’étirer jusqu’à l’automne avec une alternance de couleurs, des parfums et de formes.

supermanUn costume de super-héros, on le porte en identité secrète sous ses vêtements, sans que les gens ne le sache et il représente la force intérieure qui nous habite. Dans les moments de doute, se rappeler qu’il est là réveille nos super-pouvoirs comme lorsque l’on touche une amulette enchantée. Ces sont des Yves Martin. Elles sont jaunes avec des lignes noires horizontales sans couture et sont terriblement confortables. Dans les moments importants, je les enfile sous mes vêtements, comme une arme secrète pour me sentir plus fort quand il le faudra.

Ce sont mes bobettes de super-héros.

Lever de soleil émouvant ce matin. Depuis quelques mois, j’ai changé d’emploi et depuis, je dois voyager vers l’est pour me rendre au travail alors qu’auparavant, je voyageais systématiquement vers l’ouest. J’ai donc le privilège de profiter pleinement du lever du jour quand vient l’automne, particulièrement à ce moment-ci de l’année. Ce matin, c’était juste grandiose. Je n’ai pas pris personnellement de photos, mais heureusement je réalise que plusieurs l’ont fait. Merci l’automne, pour ce moment de bonheur.

Crédit photo: lemayeve & Ntehrani1

 

3sept1988J’étais là, seul devant l’autel, les mains un peu moites en t’attendant pour ce moment charnière de ma vie, de la tienne et de plusieurs autres à venir. Sur fond de marche nuptiale, les portes de l’église se sont ouvertes toutes grandes et le soleil de fin d’après-midi s’y est engouffré comme une nuée de fées Clochette se précipitant en tous sens à l’intérieur pour se choisir une place.

Tu étais là, en contre-jour, au bras de ton père, dans cette magnifique robe blanche qui servira plus tard de vêtement de Baptême pour nos petits princes et princesses. Tu remontas l’allée lentement, confiante, au bras d’un père terriblement ému de jouer ce rôle pour la première fois et d’être également au centre d’une attention qu’il fuyait plus souvent qu’à son tour. Il me remit ta main pour que la cérémonie se poursuive devant nos proches et nos amis les plus chers.

C’était le 3 septembre 1988. 29 ans déjà. C’est fou comme ça passe vite. En quelques secondes, je peux facilement voir défiler toutes ces années, ponctuées de mille et une émotions, qui garnissent mes souvenirs comme les livres d’une bibliothèque intime, avec mes préférés, certains que j’ai presqu’oubliés, d’autres je relirai encore et encore et d’autres enfin, que je garde là, simplement parce que je ne peux m’en détacher.

« Pierre, Josée sera toujours, toujours ta femme », avait dit le curé, me regardant dans les yeux et me pointant du doigt, comme pour marquer l’importance de cette décision. On ne réalise parfois que plus tard, combien certains moments deviennent par la suite charnière à tout ce qui suivra, s’insérant dans un de plan de vie qui s’arrime à ses racines tout en formant des alliances avec tout ceux qui l’entourent et plus loin encore dans le temps et l’espace, par ses graines qui, menées par le vent, germeront ailleurs et livreront leurs fruits au moment opportun.

 

Mon fils s’est installé à Warwick avec sa petite famille. Lui et sa conjointe, tous les deux travailleurs autonomes avaient simplement besoin d’une bonne connexion à internet pour travailler de la maison et ils rêvaient de s’installer loin de la ville. Ils ont ainsi pu faire l’acquisition d’une jolie petite maison à un prix imbattable comparativement à ce qui se paie en milieu urbain. Nous sommes allé leur rendre visite ce weekend.

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Ce matin, m’étant levé tôt, j’en ai profité pour aller prendre une marche et m’imprégner de l’ambiance de cette petite ville du centre du Québec. Je passais de quartier en quartier en étant séduit par la diversité des maisons. Ça me faisait penser à ce que c’était avant que les urbanistes ne prennent le contrôle du développement urbain, avant que l’on ne décide que les maisons doivent toutes être en harmonie les unes par rapport aux autres, que les secteurs doivent être bien définis, les unifamiliales ici, les logements multiples par là, la zone industrielle plus loin. Dans certaines villes, la hauteur des maisons, le style, le plan d’architecte et même la couleur de la brique doivent être approuvés avant qu’on puisse construire quoi que ce soit, de sorte qu’au final tout semble pareil, équilibré, mais un peu fade et sans fantaisie.

À Warwick, je n’ai pas vu deux maisons semblables les unes au côté des autres et je devine même que c’était délibéré, un peu comme ces jeunes filles se choisissant une robe de bal. On la souhaite unique, se distinguant des autres et c’est une fierté d’être différent. À Warwick, les styles de maison, le revêtement, les couleurs sont multiples et même la répartition est un peu chaotique. On y retrouve des bungalow au côté de logements multiples ou même d’entreprises manufacturières autour desquelles on a construit des maisons unifamiliales. On y voit aussi des grosses maisons victoriennes qu’ont sans doute habitées les bourgeois de l’époque. Les boulevards sont appelés ainsi non pas parce qu’ils sont très fréquentés, mais simplement parce qu’on a divisé la rue avec un terre-plein gazonné ou on y a planté des arbres qui sont maintenant matures. C’est très joli. Cette diversité peu contrôlée qui fait le charme de Warwick m’inspire un sentiment de liberté qui malheureusement se perd progressivement. Warwick me fait penser à un jardin anglais.

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Parfois un sourire suffira à illuminer une journée entière.

En termes d’efficacité énergétique, c’est assez dur à battre.

 

jeans3Vient un temps, après quelques décennies où l’amour est comparable à votre paire de Jeans préférée. Il épouse désormais si bien vos formes qu’il semble avoir été conçu spécialement pour vous. Bien sûr, il est peut-être un peu abîmé, il a bien quelques accrocs ici et là, mais en même temps, ces parties fragilisées sont aussi celles qui sont les plus douces. Il est unique, irremplaçable et vous en prenez grand soin, parce que vous savez très bien que nulle autre paire, même une neuve ne vous retournerait une image de vous-même à la fois si positive et confortable. Il vous accompagne dans les moments intimes importants, comme un ami  fidèle et réconfortant et vous le portez fièrement en espérant le garder pour toujours avec vous à l’abri du temps.