Archives de la catégorie ‘Écriture’

Pensée du jour

Le grand départ

Publié: 18 avril, 2018 dans amour, Écriture, Bonheur, famille, L'essentiel

Atelier d’écriture pour le défi À vos clavier #6 consistant à écrire un court texte inspiré des mots suivants:

Energie, Partir, Destins, Cachemire, Belle, Soins, Mourir, Demain, Corps, Amant

envolÀ la veille du grand départ, tu auras ce regain d’énergie, te permettant, avant de partir, de rapiécer les trous, de raccommoder les destins pour qu’ils puissent, sans regret, continuer leur chemin. Comme un arbre qui se fait beau à l’automne, tu porteras ton cachemire rouge, tu te feras belle pour le grand voyage et nous, nous serons aux petits soins près de toi, te tenant la main. Dans cet univers en constante transformation, l’enveloppe peut mourir, mais pas l’essence de qui on est, de qui on a été. Quand demain tu n’y seras plus, quand ton corps ne sera plus à mes côtés dans ce grand lit trop vide, je sais que tu flotteras tout autour et que sans même te toucher, je resterai à jamais ton amour, ton ami, ton amant.

Célestine

Publié: 15 avril, 2018 dans amour, Écriture

Atelier d’écriture de Leiloona. En s’inspirant d’une photo de Mattheus Ferreira, écrire une courte histoire, juste pour le plaisir d’écrire.

En complément, j’ai aussi utilisé le générateur de mots aléatoires. j’ai obtenu ces 10 mots avec lesquels je m’étais donné pour défi d’écrire en les insérant tous et dans l’ordre.

Les mots qui sont apparus sont les suivants:

Laid, Botte, Bouche, Famille, Avion, Olive, Marguerite, Laitue, Robe, Chapeau

adorable-beautiful-child-573285Il est tabou de dire aux parents que leur nouveau-né puisse être laid et pourtant c’était la réaction spontanée de la plupart de ceux qui avaient vu Célestine à sa naissance. Ses cheveux roux en épi, drus et emmêlés comme une botte de foin, des yeux qui louchaient légèrement et une bouche qui faisait systématiquement la baboune rebutaient les regards, même ceux de sa famille immédiate, mais pas celui de Charlotte, sa maman. Elle voyait dans ce petit être toute l’énergie et l’amour qu’elle avait consacré à le créer, parce que donner naissance à un enfant, c’est exactement ça, créer un nouvel humain, un être qui rassemblera dans une recette unique, non seulement les gènes de ses parents, mais aussi un peu tout de ce qui l’entoure, parce que chaque cellule, chaque molécule de son corps aura été formée des atomes de carbone, de calcium, d’azote, de phosphore, d’hydrogène ou d’oxygène, capturés à proximité d’elle durant sa croissance pour faire dorénavant partie d’un nouvel assemblage. Aussi, durant sa grossesse, Charlotte avait énormément voyagé, prenant l’avion plusieurs fois par mois pour diverses destinations lointaines, afin que Célestine ait en elle la plus large part possible de notre univers. Que le résultat étonne, voire rebute ceux qui la regardait n’était que temporaire, se disait-elle, puisque chaque atome de Célestine se rappelait les corps auxquels ils avaient participé depuis le début des temps et la variété si riche la composant demandait du temps pour s’assembler harmonieusement, atténuer les contours et rendre le tout agréable au regard.

Il avait fallu plusieurs mois pour que son teint légèrement olive et ses tâches de rousseur lui donne une petite frimousse attachante. Ses yeux s’étaient progressivement réalignés, ses cheveux étaient devenus plus souples et maléables et l’amour inconditionnel de sa maman, avait insufflé à Célestine une confiance inébranlable en son destin. Consciente, très jeune d’incarner en elle chaque partie de notre monde, elle affichait naturellement une tolérance ouverte, une empathie, voire une proximité avec tout ce qui l’entoure, peu en importe la forme, qu’il soit minéral, végétal ou animal, que ce soit un lapin, un arbre, une pierre, une marguerite ou même une feuille de laitue, elle respectait ce qu’ils étaient, pour ce qu’ils étaient, pour le rôle qu’ils jouaient dans notre univers en transformation constante et quand un d’entre eux entrait en contact direct avec elle, lorsque par exemple elle portait une robe ou un chapeau, celui-ci s’adaptait docilement, se moulait à l’ensemble, faisant corps avec Célestine pour ne plus former qu’un joli tout esthétique et harmonieux.

Le petit canard jaune

Publié: 14 avril, 2018 dans amour, Écriture, Bonheur

En utilisant un gérénateur de mots aléatoires, j’ai obtenu ces 10 mots avec lesquels je m’étais donné pour défi d’écrire une histoire en les insérant tous et dans l’ordre.

Les mots qui sont apparus sont les suivants:

Baignoire, Trottoir, Loupe, Plage, Canard, Bocal, Source, Pélican, Cabine, Grain de raisin

canard jauneIsolée dans son univers musical riche et enveloppant, les oreilles entièrement enfouies sous ses écouteurs, Henriette somnolait dans sa baignoire depuis vingt bonnes minutes en écoutant en boucle « When a Man Loves a Woman ». Cette chanson avait marqué le début, le milieu et maintenant la fin de leur histoire. Les bulles avaient disparues et l’eau désormais tiède, presque froide, lui rappelait cyniquement comment un amour pourtant promis à l’éternité pouvait brusquement s’écrouler.

De ses doigts mouillés, elle s’essuya les yeux, se leva, posa ses écouteurs par terre et attrapa la serviette en se frottant vigoureusement le corps pour se réchauffer et effacer du coup la tristesse qui lui collait encore à la peau.

Elle se glissa avec précaution dans son jeans préféré, évitant de mettre les pieds dans les trous judicieusement disposés. Elle enfila une chemise blanche en lin qu’elle laissa flotter librement sur ses hanches, attacha les boutons, hésita, puis en déboutonna délibérément un de trop. Elle replia ensuite les manches jusqu’aux coudes, détacha ses cheveux encore retenus en toque et agita la tête de gauche à droite pour libérer à la fois ses cheveux et ses pensées, tout en évaluant son look dans le miroir. Si ce n’était de ses yeux un peu cernés, elle était assez satisfaite du résultat final. Elle se sourit, sans trop y croire, glissa ses pieds nus dans ses souliers préférés et sorti pour aller au café du coin.

Sac à l’épaule, sans se presser, Elle marchait sur le trottoir avec une insouciance un peu feinte, comme si une caméra observait à la loupe ses moindres faits et gestes. Le café était face à la plage, là où elle avait rencontré Jean-Louis la première fois. Elle se souvenait parfaitement de cette journée qu’elle aimait revivre mentalement.

Cette journée-là, marchant nonchalamment en longeant la mer, elle écoutait sa playlist de chansons d’amour quand elle l’avait aperçu, étendu sur une serviette de plage et lisant un roman Harlequin. À côté de lui sur le sable, il y avait un petit canard jaune en plastique et une tortue dans un bocal. Amusée et intriguée par cet homme pour le moins original, elle s’était approchée et enlevant ses écouteurs, l’avait abordé.

– Dites donc, vous n’êtes pas un peu vieux pour ça?

– Pardon?

– Le canard, c’est à vous?

– Ahh, non ce n’est pas à moi. C’est celui d’un petit bonhomme qui vient ici régulièrement avec sa famille. Je l’ai vu souvent avec ce petit canard et il l’a probablement juste oublié la semaine dernière. Je me disais que ça lui ferait plaisir de le retrouver, alors je l’ai ramassé pour le lui remettre cette semaine si sa famille se présente.

– C’est gentil ça. Et la tortue?

– C’est Gertrude. Je l’amène toujours avec moi quand je viens à la mer. Je suis sûr que ça lui fait plaisir et avant que vous ne posiez la question, le Harlequin aussi est à moi et je ne suis pas gay.

– ah ah, vous êtes un drôle de personnage, vous. Je peux m’asseoir?

– Bien sûr, j’avais fini mon chapitre de toute façon. Je suis Jean-Louis et vous êtes?

– Henriette. Enchantée, dit-elle en s’assoyant sur le sable. Vous lisez toujours des romans Harlequin?

– Pas toujours, mais par moment je trouve intéressant de m’immerger dans ces histoires d’amour. Les sentiments, ce n’est pas juste pour les femmes vous savez.

Et c’est comme ça qu’avait débuté leur histoire. Jean-Louis était un romantique, un peu cucu par moment, mais beau bonhomme, attachant et très à l’écoute des autres, comme s’il avait un sixième sens pour détecter les besoins des gens sans qu’ils ne disent un mot. Il savait brillamment mettre le doigt sur la source des tourments de tous et chacun, particulièrement ceux d’Henriette et elle adorait qu’il la devine ainsi. Après deux mois d’amour parfait, baignant dans un bonheur absolu, ils s’étaient promis l’un à l’autre et s’imaginaient déjà entourés d’une nombreuse descendance.

Deux jours à peine après l’annonce de leur mariage aux parents de Jean-Louis, leur histoire avait pris fin dans un tourbillon d’événements malheureux qui s’étaient enchaînés les uns après les autres. Il y avait d’abord eu la mort de Gertrude. Jean-Louis l’avait laissée profiter librement de la nature en la sortant de son bocal et l’installant sur sa serviette de plage. Henriette se faisait bronzer, juste à côté, en écoutant sa playlist préférée. Un Pélican venu de nulle part s’était alors posé et avait avalé Gertrude d’un seul coup pendant les cinq petites minutes où Jean-Louis s’était absenté, le temps de se rendre dans une cabine pour enfiler son maillot. Suite à cela, tout était parti en vrille. Sans qu’on sache trop pourquoi, le malheur s’agglutine souvent en grappe, comme des grains de raisin. La semaine suivante, la mère de Jean-Louis avait été victime d’un AVC et Jean-Louis avait perdu la vie dans un accident de voiture en se rendant à son chevet. Tout cela avait laissé chez Henriette, un immense vide d’amertume et de culpabilité, se croyant responsable de tout ces drames, parce qu’elle ne méritait pas tant de bonheur et l’univers s’était chargé de le lui rappeler.

Arrivant au café, son regard fut attiré par une petite tache jaune sur la plage. En l’observant de plus près, elle reconnu le petit canard jaune, oublié là une fois de plus. Y voyant un signe du destin, elle enleva ses souliers et avança sur le sable pour aller le ramasser avec l’idée de le remettre au petit bonhomme, comme Jean-Louis l’avait fait un an plus tôt. Puis, enivrée par l’odeur de la mer, elle s’assit sur le sable et un peu par nostalgie, un peu pour oublier, sorti un roman Harlequin de son grand sac et se plongea dans la lecture.

Passant par là, un homme l’aborda.

– C’est à vous ce petit canard? dit-il, amusé.

Sasquatch

Publié: 1 avril, 2018 dans Écriture, Bonheur, Environnement

En utilisant un générateur de mots aléatoires, j’ai obtenu ces 10 mots avec lesquels je m’étais donné pour défi d’écrire une histoire en les insérant tous et dans l’ordre.

Les mots qui sont apparus sont les suivants:

Route, velu, décorer, ensorceler, aligner, flétrir, coq, clés, radiant et queue.

sasquatch2.jpgDepuis deux bonne heures, fenêtres ouvertes et écoutant à plein volume Paradise City de Guns N’ Roses, je roulais sur une route forestière mal entretenue en direction du lac Waqqup pour aller y faire quelques relevés géologiques à la demande de la compagnie minière. Tout à coup, pas très loin devant à ma gauche, j’aperçu, debout à l’orée du bois, un animal sacrément velu qui semblait m’observer. Spontanément, j’ai levé le pied pour ralentir, mais aussitôt la bête tourna les talons et disparu en forêt. Freinant brusquement, j’ai rangé mon pick-up en bordure du chemin et fermé le contact.

Tendant une oreille mal adaptée à l’assourdissant silence, j’ai cherché à discerner certains bruits suspects ou mouvements d’arbres, mais je ne perçu rien d’anormal. Était-ce un ours? Hmmm, j’en doutais fort. Quand il est debout, l’ours noir du Québec, avec son cou large et puissant, donne l’impression d’avoir peu d’épaule, alors que cette bête avait les épaules larges et arrondies…comme celles d’un primate. Un sasquatch? Non, quand même…Ma curiosité piquée à vif, je descendis du véhicule et marchai en direction de l’endroit d’où j’avais vu la bête. Tout était silencieux, d’un silence inquiétant, comme si soudainement aux aguets, les animaux sauvages, s’étaient tues de peur d’être débusqués. Arrivé à hauteur de l’arbre d’où la bête m’avait observé, je me suis penché en avant pour inspecter les traces au sol, quand venue de nulle part, une masse noire m’est tombée dessus.

Quand je repris conscience, j’avais la tête penchée en arrière dans le vide et je sentais une forte pression sur mes poignets et chevilles. J’étais suspendu à l’horizontal, pieds et poings liés et une douleur intense irradiait mon crâne. Je relevai un peu la tête, pour tenter d’y voir plus clair. On m’avait complètement retiré mes vêtements et attaché à une sorte de lance primitive de transport du gibier sur laquelle on avait gravé des formes géométriques comme pour la décorer. Un peu plus loin, deux silhouettes sombres étaient accroupies au sol, affairées à je-ne-sais-trop quoi. L’un d’entre eux se retourna et croisa mon regard. Je fut pris de terreur devant ces yeux froids et durs qui me regardaient intensément. Ce n’était ni un homme, ni un ours, mais une sorte de bête à mi-chemin entre les deux. Il se redressa de toute sa hauteur et je senti mon coeur battre à tout rompre quand il vint vers moi en tenant un objet rouge et pointu. Misère, je vais mourir ici, c’est sûr. Je fermai les yeux, souhaitant naïvement m’éveiller d’un cauchemar, mais ce ne fut pas le cas. Il frappa ma joue en émettant une sorte de grognement, mais je tint les yeux clos, feignant l’inconscience et espérant juste qu’il s’éloigne. Puis, je sentis une pointe toucher mon ventre et sans réfléchir, sans doute guidé par l’instinct de survie, j’écarquillai les yeux et me mis à crier de toutes mes forces la peur et la colère qui montait en moi, espérant naivement l’ensorceler ou provoquer chez lui un doute ou la crainte de je-ne-sais quelle force surnaturelle. Il sursauta et recula d’un pas, surpris de ma réaction.

Il me regarda, perplexe, se tourna vers l’autre bête un peu plus loin et marmonna quelque chose que je ne compris pas, puis se retourna vers moi, souriant de ses dents jaunies en m’attrapant un bourrelet de peau entre ses doigts et me frappa violemment au visage de sa patte poilue. Je perdis conscience à nouveau.

En ouvrant les yeux je constatai qu’on m’avait détaché, enfin pas complètement. on m’avait noué au cou, une sorte de collet relié à une corde végétale qui traînait par terre. La tête me faisait terriblement mal. J’étais étendu sur une paillasse de cèdres à l’intérieur d’une hutte d’où la lumière filtrait entre les branches tressées qu’on avait su habilement aligner. Evitant de bouger pour ne pas éveiller l’attention, j’observai discrètement tout autour. Au sol, on distinguait diverses plantes qu’on avait laissé flétrir sur place et dont l’odeur embaumait, masquant partiellement celle d’une présence animale. C’était leur tanière, sans doute. Ou peut-être leur garde-manger? Je ne percevais aucun son provenant de l’extérieur. S’étaient-ils éloignés? Aurais-je une chance de m’échapper? Et pour aller où, nu et en forêt? Je ne pouvais pas non plus rester ici jusqu’à ce qu’on me tue ou pire encore, qu’on me mange vivant. Si je voulais m’échapper, c’était maintenant ou jamais. Je me redressai doucement, tendant l’oreille. Toujours rien. Je sorti un peu la tête hors de la hutte et constatai que j’étais dans une sorte de fosse de bonne largeur et plutôt profonde dont les paroies ne seraient pas facile à escalader. Mon collet était attaché à un pieu enfoui dans le sol un peu plus loin. J’étais captif comme un chien dont on limite le périmètre de liberté.

J’aperçu les bêtes en haut près du bord, debout tous les deux. Le plus petit gesticulait devant l’autre impassible. À leurs attributs, je pouvais voir qu’il y avait un mâle et une femelle. Je vis alors venir près d’eux une petite boule de poil. C’était visiblement un petit de la même espèce dont les poils de la tête hirsutes étaient dressés en coq. Il s’agrippait à la jambe de la femelle en sautillant et tenant quelque chose de brillants entre ses mains. Mes clés de pick-up! J’en aurai besoin si j’arrive à m’échapper de la fosse, sortir de la forêt et rejoindre mon véhicule. Ouf! Juste d’y penser, ce scénario me décourageait. Chacunes de ces étapes me paraissait irréaliste, immense, impraticable et je senti alors sur mes épaules, tout le poids d’un destin auquel on ne peut échapper. J’imaginais déjà l’Ordre des géologues, radiant mon nom de la liste des membres actifs et inscrivant « disparu en forêt » juste à côté. Courage, me dis-je, je ne vais quand même pas abandonner et finir comme ça, mangé par une bête mythique dont on conteste même jusqu’à l’existence. C’est trop absurde.

Le petit m’aperçut et cria en me pointant du doigt. Les deux autres bêtes se retournèrent et disparurent de ma vue quelques minutes, alors que le petit s’excitait en bordure de la fosse. On glissa ensuite en diagonale, un gros tronc dans lequel on avait sculpté des encoches qui faisaient office de marche. Ils descendirent tous les trois et le petit , sous le regard attentif de ses parents, s’approcha de moi  doucement, tendant la patte, comme on le fait pour apprivoiser une bête sauvage. Je compris alors qu’on n’allait pas me manger, mais qu’on voulait simplement faire de moi un animal de compagnie pour le petit. Quelle ironie, pensai-je, que ma vie puisse finir ainsi en queue de poisson, en ce jour du 1er avril.

Double-vie

Publié: 18 mars, 2018 dans Écriture, Bonheur, famille, Société

Assommée, exténuée et dépassée par toutes ces exigences l’assaillant de toutes parts en nuée de moustiques piqueurs alors que cette satanée migraine lui déchirait la moitié du visage en vagues et ressac au rythme de son coeur, elle ferma les yeux un court instant, pour se recentrer et arriver à juste terminer la journée. Pas facile la vie d’une maman au travail.

Crédit super image: Yossi Kotler

Yossi

Germe de liberté

Publié: 17 mars, 2018 dans Écriture, Bonheur, motivation

En utilisant un générateur de mots aléatoires, j’ai obtenu ces 10 mots avec lesquels je m’étais donné pour défi d’écrire une histoire en les insérant tous et dans l’ordre.

Les mots qui sont apparus sont les suivants:

Ornement, donner, étape, corps, épine, pur, polluer, fleur, rock, aspirine

tatouageAu fil du temps, on avait gravé sur son corps, quelques fresques colorées qu’elle portait avec un plaisir inavoué, semblable à celles qui enfilent des sous-vêtements sexy pour se rendre à la mosquée. À travers cet ornement discret qui chauffait sa peau, transpirait une partie d’elle, indomptée et rebelle qui n’osait encore s’affirmer. Telle une addiction, son âme et son corps en réclamaient davantage, pour donner vie et délivrer celle qui vivait depuis trop longtemps cloîtrée dans un univers gris et aseptisé. Pour répondre à ce pressant appel, la première étape fut de localiser sur son corps, l’endroit  où elle laisserait l’épine percer une fois de plus sa convenable cuirasse. Ce sera sous le sein gauche côté Coeur, se dit-elle, à cet endroit où seuls les intimes à l’esprit pur auront un jour accès. Ensuite, pour s’opposer en silence à ces grands prêtres moralistes qui ne pensaient qu’à polluer son esprit, elle choisit d’y faire dessiner une fleur de lin, minuscule, blanche et sauvage, une fleur qui sait magnifiquement guérir tant de maux, une fleur qui saurait aussi la protéger de ceux qui veulent son bien. Alors, résolument décidée, Namina se rendit chez son artiste préférée pour faire graver sur son Coeur ces germes de liberté, tandis que dans ses écouteurs, elle s’empiffra de rock à tue-tête après avoir avalé un peu d’aspirine.

Crédit photo: Inconnue