Archives de la catégorie ‘Environnement’

piedsJ’aime marcher pieds nus. J’éprouve un agréable sentiment de liberté quand j’enlève mes chaussures et surtout mes chaussettes, parce que c’est un signe que je me donne alors du temps juste pour soi.

Dans les zones urbaines des villes occidentales, il est assez rare de voir des gens se promener pieds nus, sauf s’ils sont dans un parc ou au bord d’une piscine municipale. Au travail, dans les commerces, le métro, l’autobus, sur les trottoirs, on est toujours surpris de voir une personne pieds nus.

Iriez-vous à l’épicerie pieds nus? Bon, moi non plus. Je pense que je me sentirais jugé. C’est curieusement une règle non-écrite que la plupart des gens respectent, comme si marcher pieds nus dans une épicerie est sale ou impoli et pourtant, à l’inverse, dans certaines partie du monde, ne pas retirer ses chaussures à l’entrée d’un temple est un signe flagrant d’impolitesse.

Aujourd’hui, je marche pieds nus.

Chez moi en tous cas.

oiseauPrintempsLe silence blanc de la nuit a fait place aux mélodies joyeuses de ces oiseaux bavards qui par leurs chants pressants appellent à célébrer la vie qui coule en eux, comme ces ruisseaux désormais libérés des glaces, qui sifflent avec insouciance, leur liberté retrouvée ou encore ces arbres enivrés de sève qui leur monte à la tête et qui exploseront bientôt de bourgeons multicolores, comme un feu d’artifice au ralenti. C’est le printemps, je le sais, je le sens partout en moi, jusqu’au bout de mes doigts. C’est à la fois la fin d’un cycle et le début d’un autre, me répétant sans cesse qu’à travers tout cela, la vie demeure un éternel recommencement.

Pas de tataouinage

Publié: 21 décembre, 2016 dans Environnement, Politique, Société

tataouineCette expression est bien connue au Québec et signifie d’arrêter de tergiverser, d’hésiter, bref de se grouiller le cul.

Mais d’où peut bien venir cette expression?

Il existe, en Tunisie, une ville appelée Tataouine, qui tient son nom de tittawen, qui, en berbère, est le pluriel de tît qui signifie source. Ce lieu était connu à l’époque pour être un simple relai sur la route des caravanes où on s’arrêtait pour s’abreuver puisqu’on y trouvait une source d’eau.

Comme c’était uniquement un relai, on ne voulait pas d’y attarder trop longtemps, d’où l’expression dérivée du verbe tataouiner et utilisée au Québec.

Je pense à cette ville aujourd’hui, parce que j’ai lu dans les médias que le suspect recherché par la police allemande suite aux attentats de Berlin était originaire de Tataouine.

Évidemment, ce n’est pas la meilleure façon de faire connaître sa région.

Ce matin, j’étais assis tranquillement derrière la maison à profiter du soleil printannier et j’admirais ces magnifiques fleurs bleues, dont j’ignore le nom, que Josée avait plantées dans ses plate-bandes. Mon attention fut ensuite attirée par d’autre fleurs bleues, minuscules et nombreuses, toutes massées le long de la pierre, comme des groupies envieuses venues assister au passage de leurs idoles.

Les unes ont profité d’un environnement favorable, d’un bon terreau et on a pris soin de leur donner tout ce dont elles avaient besoin pour s’épanouir. Les autres, qu’on qualifie de mauvaises herbes, ont dûes se débrouiller toutes seules, se battre pour survivre. Elles sont fortes, bien que moins éclatantes que leur idole.

La vie est injuste pensais-je. À celles qui ont tout reçu, on accordera davantage notre attention et notre amour et on arrachera celles qu’on qualifie de mauvaises herbes.

Pourtant, au détour d’une crise, d’une tempête ou d’une sécheresse, celles qui ont tout reçu n’auront sans doute pas les ressources pour survivre, parce que cette force, on ne peut la recevoir, on doit la trouver en soi.

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Atelier d’écriture de Leiloona.

En s’inspirant d’une photo de Julien Ribot, écrire, sans censure, juste pour le plaisir d’écrire.

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– Elles ne sont pas très belles vos carottes.

– Évidemment, ce sont des légumes moches. Vous savez, ces légumes qui ont poussé de façon tout à fait naturelle, sans engrais ni pesticide, mais dont personne ne veut, parce qu’ils sont moins beaux et coûtent plus cher. Pourtant, mes carottes sont meilleures au goût et contiennent plus de vitamines que les carottes commerciales. Mais que voulez-vous,nous vivons dans un monde superficiel où les seuls critères sont l’apparence et le coût. Vous vous souvenez du film « Soleil vert »?

– Non, pas vraiment.

– Peu importe…en fait l’idée c’est que très bientôt, compte tenu de la surpopulation et du manque flagrant de ressources alimentaires on arrivera fatalement à la conclusion que la crémation est un gaspillage et qu’il serait préférable d’en faire une sorte de pâte d’où on aura éliminé les bactéries et agents infectieux. À l’aide de modeleur 3D, de cette pâte et de saveurs artificielles, on fabriquera ainsi de quoi alimenter la vie humaine à partie de ce qui est mort. Ce sera beau, esthétique et vraiment pas cher.

– C’est un peu morbide ce que vous dites-là, monsieur.

– En effet. Alors, vous les voulez ces carottes ou pas?

– Heu…en fait, non merci…ca va aller.

chaletNatureComme l’année dernière, nous avons loué un chalet « Nature » au parc de la Yamaska, à Granby. Cette année, nous avions le chalet Despaties parfaitement situé. Il fait face à l’est, donc très tôt de le matin, le soleil éclaboussait la galerie, alors que la température est fraîche à cette période de l’année (12-15). Et à l’heure du dîner, quand le soleil frappe fort, le toît de la galerie donnait juste ce qu’il faut d’ombre pour éviter de brûler tout en profitant du beau temps. ll a d’ailleurs fait très beau durant notre séjour. Je pouvais donc m’installer dehors et lire mon livre à tous moments de la journée. J’ai terminé mon second livre de Dick Wolfe. Des thrillers pleins de terroristes, vraiment bien écrit, bourré d’action. J’ai ensuite commencé un autre livre, « Les brillants », très intéressant et qui me rappelle un peu la série télé « Alpha ». Je vais prendre note du nom de l’auteur, question de voir s’il a écrit autre chose. J’avais ma liseuse électronique, chargée ces livres, sans frais, en location de la BANQ (Bibliothèque et archives nationales du Québec). Je ne lis plus que sur ma liseuse maintenant. Je n’ai même plus à me déplacer pour louer un livre qui me plait et il y en a des tonnes.

J’ai beaucoup aimé faire mon jogging dans les sentiers en forêt, très tôt le matin. Mon voisin de gauche, d’origine française, aurait dit « footing ». Les sentiers sont étroits, sinueux et on retrouve de chaque côté une végétation riche et verte. Ça sent bon, c’est paisible on on n’entend que le bruit de nos pas sur la terre battue et ceux de la nature. C’est vraiment génial. Après avoir parcouru quelques kilomètres, je revenais ensuite au chalet et je m’installais sur la galerie avec le soleil en plein visage, question de reprendre mon souffle et cesser de transpirer avant d’aller prendre ma douche et déjeuner. J’aime courir à jeun. Pas de longues courses, juste 3 à 5 kilomètres. Ça part bien la journée, je trouve et ça ouvre sérieusement l’appétit. Je saute littéralement sur mes petits fruits, ananas, bleuets, framboises. Puis dans l’ordre, je mange généralement des tomates, une crêpe de sarrasin, un morceau de fromage et un œuf. Je termine avec un thé vert. Ça doit faire un an que je mange la même chose au déjeuner et je ne m’en lasse pas. C’est bon, santé, complet et plein de couleurs.

À tous les jours, en fin d’après-midi ou en soirée, on allait faire un tour de vélo, Josée et moi. On est allé un peu plus loin que l’année passée, sur le sentier. C’est plaisant, de pédaler côte à côte en jasant. Quand le terrain est plat, parce qu’il y a aussi des sections où les pentes sont de 7%, alors il vaut mieux garder une certaine distance en descendant pour éviter les collisions. Josée a un peu moins l’habitude que moi en vélo, question santé et elle se fatigue plus vite, alors elle avait les muscles des cuisses un peu endoloris, le lendemain. Josée dors aussi une bonne partie de l’avant-midi, à cause de ses nouveaux antidépresseurs qui lui rentrent dans le corps assez fortement. J’ai donc profité de la matinée pour faire le « Grand-tour », une piste cyclable qui fait le tour du réservoir Choinière. Une quinzaine de kilomètres. Très agréable, trop long pour Josée, mais juste OK pour moi et ça m’a pris juste un peu plus d’une heure. J’aime sentir mes cuisses qui brûlent à l’effort.

Comme d’habitude, Josée a socialisé avec nos voisins, surtout ceux qui ont des enfants. Elle sait comment attirer leur attention, en leur parlant comme si elle était dans leur monde. Les enfants le lui rendent bien et viennent ensuite naturellement partager ce qu’ils vivent avec elle. Il y avait un petit garçon, Mathias, très vif, extraverti, insouciant, plein d’énergie et de joie de vivre. Son père semblait trouver lourd de devoir le surveiller, disait manquer de temps, juste pour lui. à notre droite, nos voisins de chalet étaient des comédiens que l’on voit régulièrement à la télé. Ils étaient avec leur petite fille, Jane, qui devait avoir autour de 8 ans. Fille unique. Elle était contente de s’être trouvée une amie, à peu près du même âge, Licia, chez nos voisins de gauche. Ensemble, toutes les deux, elles dépensaient beaucoup d’énergie à courir, sauter à la corde, jouer aux chevaliers et princesses. Il y avait aussi un petit bonhomme de moins de 3 ans, Elio, qui les suivait, tentant de se joindre à leurs jeux, sans trop y parvenir. La journée qu’ils ont quitté, Elio soulevait et déplaçait sur quelques mètres, la brouette servant à porter les bagages. Elle était quasiment aussi haute que lui. Un ‘tit-homme jouant au papa. C’était amusant. Son père était un athlète de triathlon. Il avait fait le trajet de Montréal à Granby en vélo, sous la pluie. Son vélo était haut de gamme, ça se voyait à l’œil et il en prenait un soin jaloux.

On a été beaucoup ensemble Josée et moi durant ces quelques jours. Josée faisait des blagues, des folies, on rigolait. c’était léger, agréable, pas compliqué. On faisait l’épicerie, les repas, la vaisselle ensemble. On jouait au Yum. Je me suis même acheté des beignes fourrés à la crème et aux bleuets, ce genre de beignes que j’aimais tant, quand j’était enfant et qu’on arrêtait à Henryville, sur le chemin pour se rendre à notre chalet à Venise-En-Québec. Il y avait là un petite boulangerie qui faisait ce genre de beigne, fourrés à la crème et aux confitures. Des beignes moelleux, fait la journée même. Délicieux. Ceux que j’ai achetés n’étaient pas aussi frais, mais le plaisir est aussi rattaché aux souvenirs.

Le soir, on a fait un feu de camps, à deux reprises. J’ai pu aisément allumer mon feu et c’est toujours une sorte de plaisir viril ancestral de réussir son feu et le voir prendre forme rapidement. La température était idéale pour cela. On avait envie de se rapprocher du feu pour se réchauffer. Le ciel était magnifique, couvert d’étoiles et on restait là, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que des braises rouge, le cri des insectes et des grenouilles et les lucioles qui allumaient leur feu arrière sur fond de nuit noire.

À tous les printemps, c’est le festival des couleurs qui revient chez moi. Au cours des dernières années, Josée a planté toutes sortes de fleurs, plantes et arbustes dont j’oublie le nom latin, mais dont les couleurs, la hauteur, le moment de fleuraison ont été soupesés, réfléchis, pour qu’elles soient au meilleur endroit au bon moment. Dès le printemps, la symphonie commence et semaine après semaine, ce seront d’autres couleurs qui prendront la relève et ce jusqu’au mois d’octobre. Je n’y connais strictement rien en plantes et en fleurs, mais je trouve cela bien joli.

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