Archives de la catégorie ‘Environnement’

Pensée du jour

À chaque année, c’est le spectacle des couleurs partout autour de la maison. Je ne connais pas les noms latins de ces fleurs, mais je les trouve toutes magnifiques. Je ne peux pas facilement distinguer une vivace, d’une annuelle ou d’un bulbe, mais en réalité, ce qui m’intéresse, c’est surtout d’en profiter et comme le travail a été fait par Josée il y a déjà plusieurs années, il ne reste plus qu’à assister gratuitement au spectacle qui débute au printemps et qui va s’étirer jusqu’à l’automne avec une alternance de couleurs, des parfums et de formes.

Pensée du 6 mai

Publié: 6 mai, 2018 dans Environnement, L'essentiel, Sagesse

Pensée du jour

Pensée du jour

Pour l’atelier d’écriture de Leiloona. En s’inspirant d’une photo, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

Jballoons-dawn-dusk-106154e l’ai compris tout bonnement comme ça, par un petit matin brumeux de Mai. Je marchais lentement en longeant la route encore déserte et profitant de la fraîcheur matinale quand il m’est littéralement tombé dessus.

J’ai d’abord sursauté, étonné du choc et j’ai ensuite ressenti un grand frisson s’étirer de ma nuque à mon dos puis se propager peu à peu dans mes bras, mes mains, dans mes doigts, comme un pétillement, comme un rayon cosmique qui s’illumine de l’intérieur, comme un bouillonnement de vie qui perce sa bulle. Et là, quelque chose s’est ouvert en moi, comme les pétales d’une fleur se déployant dans un espace confiné, remplissant tous les coins, s’étalant et se moulant aux moindres aspérités, calmant les douleurs et ravivant les douceurs oubliées. Mes mains vibraient d’impatience et j’eu l’envie irrépressible de transmettre la vie, de partager cette joie intense qui m’habitait alors. Je me suis donc penché et j’ai touché le sol qui aussitôt s’est coloré d’un vert tendre se propageant instantanément en une vague déferlante jusqu’au bout de l’horizon. Levant les yeux, je vis d’énormes ballons s’amenant en contre-jour dans le ciel et laissant tomber ici et là, des bulles translucides qui flottaient, toutes légères, en disparaissant dans la brume matinale. Le bonheur, c’est le bonheur qui tombe du ciel, pensai-je. On ne le mérite donc pas, on ne le découvre donc pas, on ne l’invente donc pas, il suffit juste d’être là quand il passe, de le recevoir et de toucher ensuite ceux qui ne l’auront pas été pour qu’à leur tour ils puissent en faire tout autant.

Sasquatch

Publié: 1 avril, 2018 dans Écriture, Bonheur, Environnement

En utilisant un générateur de mots aléatoires, j’ai obtenu ces 10 mots avec lesquels je m’étais donné pour défi d’écrire une histoire en les insérant tous et dans l’ordre.

Les mots qui sont apparus sont les suivants:

Route, velu, décorer, ensorceler, aligner, flétrir, coq, clés, radiant et queue.

sasquatch2.jpgDepuis deux bonne heures, fenêtres ouvertes et écoutant à plein volume Paradise City de Guns N’ Roses, je roulais sur une route forestière mal entretenue en direction du lac Waqqup pour aller y faire quelques relevés géologiques à la demande de la compagnie minière. Tout à coup, pas très loin devant à ma gauche, j’aperçu, debout à l’orée du bois, un animal sacrément velu qui semblait m’observer. Spontanément, j’ai levé le pied pour ralentir, mais aussitôt la bête tourna les talons et disparu en forêt. Freinant brusquement, j’ai rangé mon pick-up en bordure du chemin et fermé le contact.

Tendant une oreille mal adaptée à l’assourdissant silence, j’ai cherché à discerner certains bruits suspects ou mouvements d’arbres, mais je ne perçu rien d’anormal. Était-ce un ours? Hmmm, j’en doutais fort. Quand il est debout, l’ours noir du Québec, avec son cou large et puissant, donne l’impression d’avoir peu d’épaule, alors que cette bête avait les épaules larges et arrondies…comme celles d’un primate. Un sasquatch? Non, quand même…Ma curiosité piquée à vif, je descendis du véhicule et marchai en direction de l’endroit d’où j’avais vu la bête. Tout était silencieux, d’un silence inquiétant, comme si soudainement aux aguets, les animaux sauvages, s’étaient tues de peur d’être débusqués. Arrivé à hauteur de l’arbre d’où la bête m’avait observé, je me suis penché en avant pour inspecter les traces au sol, quand venue de nulle part, une masse noire m’est tombée dessus.

Quand je repris conscience, j’avais la tête penchée en arrière dans le vide et je sentais une forte pression sur mes poignets et chevilles. J’étais suspendu à l’horizontal, pieds et poings liés et une douleur intense irradiait mon crâne. Je relevai un peu la tête, pour tenter d’y voir plus clair. On m’avait complètement retiré mes vêtements et attaché à une sorte de lance primitive de transport du gibier sur laquelle on avait gravé des formes géométriques comme pour la décorer. Un peu plus loin, deux silhouettes sombres étaient accroupies au sol, affairées à je-ne-sais-trop quoi. L’un d’entre eux se retourna et croisa mon regard. Je fut pris de terreur devant ces yeux froids et durs qui me regardaient intensément. Ce n’était ni un homme, ni un ours, mais une sorte de bête à mi-chemin entre les deux. Il se redressa de toute sa hauteur et je senti mon coeur battre à tout rompre quand il vint vers moi en tenant un objet rouge et pointu. Misère, je vais mourir ici, c’est sûr. Je fermai les yeux, souhaitant naïvement m’éveiller d’un cauchemar, mais ce ne fut pas le cas. Il frappa ma joue en émettant une sorte de grognement, mais je tint les yeux clos, feignant l’inconscience et espérant juste qu’il s’éloigne. Puis, je sentis une pointe toucher mon ventre et sans réfléchir, sans doute guidé par l’instinct de survie, j’écarquillai les yeux et me mis à crier de toutes mes forces la peur et la colère qui montait en moi, espérant naivement l’ensorceler ou provoquer chez lui un doute ou la crainte de je-ne-sais quelle force surnaturelle. Il sursauta et recula d’un pas, surpris de ma réaction.

Il me regarda, perplexe, se tourna vers l’autre bête un peu plus loin et marmonna quelque chose que je ne compris pas, puis se retourna vers moi, souriant de ses dents jaunies en m’attrapant un bourrelet de peau entre ses doigts et me frappa violemment au visage de sa patte poilue. Je perdis conscience à nouveau.

En ouvrant les yeux je constatai qu’on m’avait détaché, enfin pas complètement. on m’avait noué au cou, une sorte de collet relié à une corde végétale qui traînait par terre. La tête me faisait terriblement mal. J’étais étendu sur une paillasse de cèdres à l’intérieur d’une hutte d’où la lumière filtrait entre les branches tressées qu’on avait su habilement aligner. Evitant de bouger pour ne pas éveiller l’attention, j’observai discrètement tout autour. Au sol, on distinguait diverses plantes qu’on avait laissé flétrir sur place et dont l’odeur embaumait, masquant partiellement celle d’une présence animale. C’était leur tanière, sans doute. Ou peut-être leur garde-manger? Je ne percevais aucun son provenant de l’extérieur. S’étaient-ils éloignés? Aurais-je une chance de m’échapper? Et pour aller où, nu et en forêt? Je ne pouvais pas non plus rester ici jusqu’à ce qu’on me tue ou pire encore, qu’on me mange vivant. Si je voulais m’échapper, c’était maintenant ou jamais. Je me redressai doucement, tendant l’oreille. Toujours rien. Je sorti un peu la tête hors de la hutte et constatai que j’étais dans une sorte de fosse de bonne largeur et plutôt profonde dont les paroies ne seraient pas facile à escalader. Mon collet était attaché à un pieu enfoui dans le sol un peu plus loin. J’étais captif comme un chien dont on limite le périmètre de liberté.

J’aperçu les bêtes en haut près du bord, debout tous les deux. Le plus petit gesticulait devant l’autre impassible. À leurs attributs, je pouvais voir qu’il y avait un mâle et une femelle. Je vis alors venir près d’eux une petite boule de poil. C’était visiblement un petit de la même espèce dont les poils de la tête hirsutes étaient dressés en coq. Il s’agrippait à la jambe de la femelle en sautillant et tenant quelque chose de brillants entre ses mains. Mes clés de pick-up! J’en aurai besoin si j’arrive à m’échapper de la fosse, sortir de la forêt et rejoindre mon véhicule. Ouf! Juste d’y penser, ce scénario me décourageait. Chacunes de ces étapes me paraissait irréaliste, immense, impraticable et je senti alors sur mes épaules, tout le poids d’un destin auquel on ne peut échapper. J’imaginais déjà l’Ordre des géologues, radiant mon nom de la liste des membres actifs et inscrivant « disparu en forêt » juste à côté. Courage, me dis-je, je ne vais quand même pas abandonner et finir comme ça, mangé par une bête mythique dont on conteste même jusqu’à l’existence. C’est trop absurde.

Le petit m’aperçut et cria en me pointant du doigt. Les deux autres bêtes se retournèrent et disparurent de ma vue quelques minutes, alors que le petit s’excitait en bordure de la fosse. On glissa ensuite en diagonale, un gros tronc dans lequel on avait sculpté des encoches qui faisaient office de marche. Ils descendirent tous les trois et le petit , sous le regard attentif de ses parents, s’approcha de moi  doucement, tendant la patte, comme on le fait pour apprivoiser une bête sauvage. Je compris alors qu’on n’allait pas me manger, mais qu’on voulait simplement faire de moi un animal de compagnie pour le petit. Quelle ironie, pensai-je, que ma vie puisse finir ainsi en queue de poisson, en ce jour du 1er avril.

soleildumatinCe matin, pour la première fois depuis des semaines, en me rendant au travail, le soleil pointait à l’horizon. C’était un peu aveuglant à travers le pare-brise, mais j’étais trop reconnaissant pour mettre des lunettes de soleil. Les périodes de lumière allongent de jour en jour et ça me fait du bien. J’ai assez bien survécu à la période noire qui s’étend de la mi-novembre à la fin janvier, mais je perçois toujours le retour de la lumière comme une sorte de renaissance.

Il y a quelques années, j’ai lu NightFall, un roman écrit en collaboration par Isaac Asimov et Robert Silverberg. L’histoire débutait par « C’était un éblouissant après-midi de quatre soleils… ». NightFall est une histoire qui se déroule sur une planète fictive entourée de 7 soleils et qui ne connaît jamais la noirceur totale. Toujours éclairée par un ou plusieurs soleils, dans ce monde, passer quelques minutes dans la totale obscurité est comparable à une virée épeurante en montagne russe et les séjours dans ce manège provoque aussi des problèmes psychologiques, des crises de panique, etc. Le coeur de l’histoire tourne autour de la découverte d’un éventuel alignement parfait des soleils derrière la planète et donc, d’une éclipse totale…Je vous laisse imaginer le chaos qui pourrait suivre.

Je préfère vivre sur terre, même si on a cette petite période noire, quelques semaines par année et je compte bien profiter du weekend plus doux (5 degrés) et du soleil annoncé pour recharger mes batteries.

Crédit image: sans importance