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Pensée du jour

Pensée du 12 juillet

Publié: 12 juillet, 2018 dans Bonheur, Environnement, haiku

Pensée du jour

Pour l’atelier d’écriture des Impromptus Littéraires, écrire un court texte basé sur le thème de la semaine.

Cette semaine: Histoire d’Escargot.

escargotAlbert était un escargot solitaire et plutôt craintif. Aussi, quand il se décida enfin à sortir de sa coquille, il était déjà passablement grand. Il fut surpris de constater à quel point sa coquille était plus haute et plus grande que celle des autres gastéropodes. Il faut dire que lorsqu’on vit très longtemps sans sortir et sans voir quiconque, on en vient, pour une question de confort, à agrandir toujours un peu plus son espace intérieur. Albert avait ainsi réservé, dans sa coquille, une pièce pour pratiquer le violon, une autre pour les repas, une pour dormir et une autre encore pour lire ou écouter la télévision. Il ne manquait rien à son bonheur, enfin presque rien, si ce n’était d’un petit coin de sa coquille qui lui semblait toujours vide et qu’il n’arrivait jamais à combler. Il en était venu à la conclusion que si rien de l’intérieur ne pouvait combler ce vide, forcément ce quelque chose devait se trouver à l’extérieur. C’est essentiellement ce qui l’avait poussé à sortir pour se procurer ce quelque chose et le ramener chez lui.

Selon Albert, la meilleure stratégie consistait à joindre discrètement les autres escargots, marcher à leurs côtés et les questionner de façon subtile sur ce qui comble les vides. Malheureusement, il réalisa très vite qu’il n’y arriverait pas. Il ne pouvait tout simplement pas tenir leur cadence. Après seulement quelques pas avec eux, son petit coeur battait tellement la chamade, qu’il fut forcé de faire une pause pour reprendre des forces de sorte qu’il fut rapidement distancé. Il manquait visiblement d’entraînement, c’est certain, mais également, puisque sa coquille était plus haute et plus grande, elle était aussi forcément plus lourde à porter. Il devait donc trouver un autre moyen de rencontrer celui ou celle qui répondrait à ses questions en tenant compte de ses limitations.

Bien sûr, il aurait pu s’entraîner fort et développer ses muscles, mais ça lui aurait sans doute pris des mois et des mois et c’était trop long. Il pensa aussi à alléger sa coquille en sacrifiant l’une ou l’autre des pièces aménagées, mais laquelle? Toutes étaient d’égale importance à son bonheur et à son confort. Alors, puisqu’il n’y avait aucun moyen d’aller au rythme des autres, la solution consistait à faire en sorte que ce soit eux qui viennent à lui. Voilà!

Bon, mais comment s’y prend-t-on pour attirer des escargots se questionna-t-il? Il avait lu que le désert attire le nomade, l’océan le matelot et l’infini le poète, mais les autres escargots, qu’est-ce qui les attire? Pour en avoir le coeur net, Albert s’installa dans un buisson, en bordure du chemin et sorti ses jumelles pour les observer discrètement et découvrir ce qui les intéressait. Visiblement, ils passaient l’essentiel de leur temps à marcher de long en large, en parlant, en rigolant ensemble et en faisant ici et là de petits arrêts pour manger un peu de salade. Qu’est-ce qui pourrait alors les inciter à venir vers lui. Qu’avait-il de plus à offrir? Albert se senti tout à coup un peu triste et dépourvu. Il rentra à nouveau dans sa coquille pour faire l’inventaire de ce qu’il avait à l’intérieur. Il était assez doué pour le violon, c’est vrai, mais ça lui semblait tellement différent de ce que faisaient les autres escargots qu’il craignait d’être rejeté. Les gens ont cette tendance à rejeter systématiquement la différence quand ça les rend inconfortables. Il hésita un long moment, puis se leva et pris une longue respiration, marquant ainsi sa décision de passer outre ses peurs et afficher avec courage ce talent qu’il avait jusque-là gardé à l’intérieur. Il sorti donc d’un pas décidé sans regarder autour de lui, ajusta son violon et commença à jouer la Sérénade Standched de Schubert.

Dès les premières notes, toutes les têtes se tournèrent avec curiosité. Cessant leurs conversations, ils tendirent l’oreille, intéressés, puis s’approchèrent peu à peu autour d’Albert pour l’écouter en silence. À la fin du morceau, ils l’applaudirent très fort et parurent impressionnés, puis, s’éloignèrent tranquillement, reprenant leur marche tout en discutant de sa performance. Satisfait, très fier de lui et le coeur gonflé de bonheur, Albert rentra en souriant à l’intérieur et réalisa tout à coup en se tapant la tête qu’il avait complètement, mais complètement oublié de questionner les escargots sur le vide à combler et puis regardant tout autour de lui, il n’en vit plus aucun.

Crédit image: Hiromi NishiZaka

Ça s’en vient. deux des trois plants ont déjà quelques tomates en route. J’ai l’impression que j’en dégusterai avant le mois d’août.

Pensée du jour

Pour l’atelier « À vos clavier #8 » d’Estelle, rédiger avant la fin juin un texte contenant le dicton suivant: « Le temps qu’il fait en juin le trois, sera le temps de tout le mois. »

Storm

En ouvrant l’œil je constate que l’écran du réveil est éteint. Zut, pas d’électricité! J’étire le bras pour consulter mon cell. Ouf, je ne suis pas en retard au moins. J’entends la pluie battre violemment contre la fenêtre et en ouvrant les rideaux, je découvre un ciel menaçant, presque noir et un vent d’enfer qui souffle à écorner les bœufs. Misère, me semble qu’ils annonçaient du beau temps aujourd’hui. J’ouvre l’appli météo, qui affiche en Pop-Up ce dicton ridicule: « Le temps qu’il fait en juin le trois, sera le temps de tout le mois. » Je me demande qui a eu la brillante idée de publier à tous les jours ces dictons aussi irréalistes qu’inutiles. D’ailleurs, si je me fie au temps qu’il fait maintenant, ils sont, encore une fois, complètement dans les patates. Complètement! Ils prédisaient et prédisent toujours du beau temps aujourd’hui!!! On a beau investir des millions dans ces super-calculateurs et leurs modèles à la con qui évaluent précisément la force du vent, la position, la densité actuelle et future des nuages, ils n’arrivent même pas à prédire correctement la météo de la journée même. C’est nul à chier! On y arriverait mieux et à moindre coût avec des observateurs de terrain 24/24 sur tout le territoire et en plus ça créerait de l’emploi. Eh merde, on s’en fout, faut que j’aille bosser moi. Je me douche rapido à l’eau froide (Brrrr, Grrrr) et ensuite, me regardant dans la glace, je prends trois longues et profondes respirations et me force à afficher mon plus beau sourire. Puis, lentement, j’enfile mon uniforme de Yogi L’Ours et prend la tête sous mon bras. Voilà, je suis prêt. Beau temps, mauvais temps, faut faire rire les enfants.

 

Pensée du jour