Archives de la catégorie ‘Expérience nouvelle’

Pensée du jour

Pensée du jour

J2018-02-10-0008‘ai trimé dur pour apprendre à maîtriser la planche à voile. Il en a fallu des chutes à l’eau et des ampoules aux mains et des retours au sol, épuisé, mais finalement à un moment donné ça y était.

Tout à coup, je sentais la direction du vent sur ma peau et je savais comment orienter la planche pour lever la voile dos au vent. J’avais assez d’équilibre pour rester debout et positionner la planche avec mes pieds, tandis que le vent me faisais glisser tout doucement.

Puis, avec le temps, je me suis risqué sur des eaux plus agités, avec des vents plus forts et des techniques plus avancées, fixant le crochet de mon harnais au wishbone et me penchant à l’arrière pour faire contre-poids et surfer sur les vagues. C’était juste du bonheur total. Un mélange de satisfaction et de liberté.

Ce que j’ai retenu de cette expérience, c’est qu’il y a toujours une période d’adaptation, une période incontournable qui demande des efforts et qui n’est pas facile au départ. Mais la machine humaine est une merveille qui arrive toujours après un certain temps à assimiler complètement la technique et cela permet de libérer l’esprit pour profiter pleinement de l’activité. Ne plus penser au comment, mais à ce qu’on veut en faire. Penser à où on veut aller, à voile, en vélo ou en marchant, profiter de la musique qui sortira du piano , d’une guitare ou d’un autre instrument et laisser ses doigts faire le travail tout seul.

Et c’est un peu comme ça dans tout.

IMG_1211C’est la guerre, ça y est.

À toutes les années, la guerre aux pissenlits reprend. Habituellement, je laissais d’autres soldats (ma conjointe) aller au front, mais cette année, suite à ses traitements de chimiothérapie, elle n’a plus la force de s’en occuper, alors j’ai suivi un cours intensif de lutte aux pissenlits et je prend la relève (elle m’a tout expliqué). Elle me disait, entre autre, qu’il est préférable de s’attaquer uniquement aux pissenlits qui sont en fleur, sinon, il y en aurait trop (Toujours s’attaquer d’abord à l’adversaire le plus menaçant). Ensuite, il est important de suivre la tige jusqu’à la racine, pas juste enlever le tout en surface (ne donner aucune chance à l’adversaire de se relever). J’étais un peu sceptique quand elle me disait qu’à tous les matins, elle  arrachait une pleine chaudière de pissenlits. Pourtant, c’est bien ça. Hier soir, j’ai rempli une chaudière et ce matin encore une pleine chaudière (Ne jamais sous-estimer les ressources de l’adversaire, une bataille ne fait pas la guerre).

Mon esprit analytique étant, je me dis aussi qu’en enlevant les pissenlits, je laisse tout de même un trou significatif qui pourrait très bien se remplir à nouveau de « mauvaises herbes », celles qu’on dit mauvaises, mais qui sont en fait diablement bonne pour s’implanter n’importe où. Je songe donc à une approche où pour chaque pissenlit enlevé, je sèmerais un peu de gazon dans le trou ainsi exposé. Peut-être même qu’un gadget a déjà été inventé et qu’il fait les deux en même temps, ce qui serait un bon gain d’efficacité. Je vais fouiller le web.

Évidemment, mon voisin aura pas mal de travail s’il veut s’y mettre lui aussi. C’est quasiment s’avouer vaincu avant même d’avoir commencé le combat. Voyez par vous-même!

Dans son cas, il ne lui restera probablement qu’une seule option: Les armes de destruction massives.

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Atelier d’écriture de Leiloona.

En s’inspirant d’une photo de Leiloona, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

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La vie de quartier a beaucoup changé depuis l’arrivée de ces gens de couleur. Au début, les autorités les avaient confinés dans une zone restreinte par crainte des infections, mais rapidement, ils ont compris que ces gens ne représentaient une menace ni pour la sécurité, ni pour la santé de la population, alors ils les ont laissés s’installer parmi nous.

Rapidement, nous avons su où ils habitaient puisqu’ils avaient tous repeint la façade de leur maison de couleurs vives. C’était un peu étrange et déstabilisant au départ, mais on s’y est fait rapidement et je dois dire que ça avait tout de même un certain style. On a su par la suite que c’était une blague de leur part, un clin d’oeil à notre l’indignation spontanée pour tout ce qui est différent. Ils ont un humour particulier, ces gens de couleur, tout en subtilité. Ils se moquaient ainsi gentiment de nous parce que pour eux, la différence est hautement souhaitable. D’ailleurs ce qu’on appelle « différence », eux l’appellent « la diversité des écosystèmes ». Lors d’une soirée d’échange organisée par l’un d’entre eux (ils en organisent à toutes les semaines), on m’avait expliqué que l’adaptation est une caractéristique universelle chez toutes les espèces vivantes. Au contact d’un changement environnemental, ce mécanisme se met en route et les individus qui savent en tirer parti seront dès lors, les mieux outillées pour survivre et perpétuer leur lignée. De même, si une espèce perdait cette faculté à s’adapter, elle s’éteindrait en quelques générations. C’est ce qu’ils appelaient la sélection naturelle. Selon eux, une société qui ne modifie jamais ses habitudes de vie ou qui ne fait face à aucun changement notable de son environnement perd progressivement ce réflexe d’adaptation et c’est pourquoi il était essentiel d’accueillir et valoriser la différence plutôt que la craindre.

À travers ces soirées d’échange, on s’est apprivoisé peu à peu. Nous avons appris à les connaître et voir au-delà de ce qui nous choquait au départ. Progressivement, on a oublié leur couleur différente et leur odeur corporelle inhabituelle pour s’intéresser plutôt à qui ils étaient. J’ai ainsi appris que la couleur verte de leur peau originait d’une adaptation majeure de leur espèce ne datant que de quelques générations. Cette évolution avait permis à un partie d’entre eux de survivre aux famines découlant d’une surexploitation éfférénée qui avait épuisé les ressources de leur planète. Tout comme les plantes, leur peau, pigmentée de chlorophylle, utilisait la photosynthèse pour transformer l’énergie solaire et combler leurs besoins énergétiques. C’était une évolution assez étonnante, il faut le reconnaître. Sachant notre planète menacée, ils sont venus partager leur savoir et nous aider à éviter le pire. Les couples mixtes ont commencé à se former depuis l’année dernière et bon, je dois vous dire que depuis peu, je suis en couple avec l’une d’entre elles et justement, hier après-midi, pour marquer mon adhésion au changement qui s’annonce, j’ai repeint en vert la façade de notre maison.

Cliff Diver

Cliff Diver

On n’apprend pas à monter à vélo en lisant la technique dans un livre, il faut expérimenter.

Cela signifie aussi chuter, faire des erreurs et réessayer jusqu’à ce qu’on y arrive car c’est dans l’action que l’on apprend le mieux. Il faut cependant avoir le courage de se lancer tout en sachant qu’on en souffrira un peu pendant l’apprentissage. C’est ce qu’on appelle sortir de sa zone de confort. Il faut de la persévérance pour continuer malgré les embûches, mais c’est seulement à ce prix qu’on touche à ce moment unique, cette bouffée de bonheur où on réalise avoir acquis de nouvelles habiletés.

Jouer du piano, de la guitare, surfer, apprendre à dessiner, à peindre, apprendre à nager, à plonger, à jouer au tennis, au squash, à sauter en parachute, escalader une montagne ou monter à cheval, voyager de façon différente (sac à dos ou couch surfing), visiter un pays dépaysant, apprendre une nouvelle langue ou une nouvelle tâche dans le cadre de son travail, toutes ces activités sont susceptibles de vous sortir de votre zone de confort.

De l’incompétence inconsciente où avec un peu de naïveté, on croit pouvoir tout réussir facilement et rapidement, à l’incompétence consciente où on réalise alors en toutes connaissances de cause, les efforts qu’on devra y mettre pour atteindre les résultats voulus, pour ensuite, à force de persévérance passer à la compétence consciente où les premiers succès font du bien et au final atteindre la compétence inconsciente où on peut enfin faire choses de façon naturelles sans même y réfléchir, c’est le parcours obligé de l’apprentissage.

Rappelez-vous qu’un jour, vous avez du apprendre à marcher, à parler ou monter à vélo.

N’ayez pas peur, lancez-vous!

Atelier d’écriture de Leiloona:

En s’inspirant d’une photo de Vincent Héquet, écrire, juste pour le plaisir d’écrire.

dunes

J’y reviens souvent. C’est ici que ça s’est passé, il y aura bientôt 12 ans. Ce lieu s’est imposé à moi dès le départ, comme une drogue dure, créant une dépendance instantanée, irréversible. C’est l’appel de la mer, le chant des sirènes. J’aime particulièrement y retrouver cette odeur d’iode, typique des algues en décomposition sur la plage au petit matin, le vent frais, chargé d’embruns, le sable humide où nos pieds s’enfoncent, rendant la marche difficile si on est pressé, mais tellement plaisante lorsqu’on on a tout son temps. Quand j’arrive aux limites de la dune, j’ai clairement le sentiment d’être au bout du monde et qu’au-delà, il n’y a que la mer à l’infini. On aurait beau plisser les yeux on ne verra rien d’autre que cette étendue ondulante à perte de vue, parcourues de vagues qui se brisent ici et là en moutons blanc sur l’horizon. Cette mer généreuse, abondante, nourricière, grouillante par dessous, là où la vie a sans doute trouvé ses origines. Je comprends les hommes d’avoir voulu s’inventer des vaisseaux et parcourir les mers, aller au bout du bout du monde. C’est comme observer les étoiles et rêver de s’y envoler, toujours plus loin dans cet univers sans fin. Toujours plus loin. Et à défaut d’avoir des ailes, il suffit d’une simple embarcation, quelques provisions et beaucoup de courage. C’est accessible à tous les rêveurs. J’aime toujours autant venir ici et m’asseoir dans les herbes hautes balayées par le vent, fermer les yeux et ne penser à rien, me contenter d’être là, vivant, simplement vivant. C’est ici, il y a bientôt 12 ans que j’ai pris la décision d’être heureux maintenant et pour toujours. Depuis, à chaque moment où la tristesse ou le stress m’envahit, je ferme les yeux et je me téléporte ici sur la dune.