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Au Québec, le froid, le vrai n’accompagne jamais la neige, ils se succèdent, se croisent, mais ne font pas vie commune. Quand tombent les gros flocons, on veut s’attarder, marcher plus lentement, lever la tête et ouvrir la bouche pour en attraper un sur la langue. Contrairement au froid qui vous glace, qui fait mal aux mains si on ne les couvre pas, qui pince le visage et mouille les yeux, de peur qu’ils ne gèlent sur place. L’une est douce et l’autre est dur, pourtant c’est ensemble qu’ils font l’hiver. La vie est ainsi faite, de moments doux et d’autres plus durs. Ils se succèdent, se croisent, passent des uns aux autres et quand certains vous glacent, il faut garder courage, les moments doux reviendront. Ça va bien aller.

Il y a des amours qui naissent et jamais ne meurent

Pas eux, mais ceux qui les portent

L’amour se transforme et se désincarne

Il reste présent comme le vent

Comme une brise qui réconforte

Par une chaude nuit d’été

Et il y a ces amours imprévus

Qui naissent en crocus printaniers

Qui percent la neige ensevelie

Et qui brillent de leurs couleurs

En chantant la vie

Pensée du jour

Pensée du jour

Pensée du jour

Pour l’atelier d’écriture de Leiloona. En s’inspirant d’une photo de Tama66, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

turbines

Et tout à coup, le silence fut assourdissant. Les turbines qui depuis toujours, vrombissaient jour et nuit dans un rugissement de vent, se sont brusquement éteintes en fin d’après-midi, comme s’éteint la vie quand l’âme quitte le navire et que se rompt le fil d’argent. C’était à la fois imprévu, déroutant et terriblement inquiétant.

Quand nos sens sont constamment bombardés de bruits intenses, d’odeurs crues, de mouvements brusques, de lumière vive, on enferme en soi le silence, comme un oiseau mis en cage de peur qu’il ne s’échappe. Et quand une porte dérobée se dévoile et que la liberté t’appelle du fond de l’ombre, une angoisse soudaine te coince les tripes, te serre la gorge rendant difficile la moindre inspiration, de peur d’entendre aller et venir en toi le souffle de vie.

Et peu à peu, tu apprivoises ce silence, tes muscles se relâchent, tu désserres les poings, une tension oubliée s’échappe de tes épaules et dans un long soupir tu sens à nouveau ta poitrine se soulever lentement tandis que tout au fond, en sourdine, tu perçois le chant des oiseaux et la douceur du vent balayant les champs.

Pensée du jour