Archives de la catégorie ‘famille’

IMG_1211C’est la guerre, ça y est.

À toutes les années, la guerre aux pissenlits reprend. Habituellement, je laissais d’autres soldats (ma conjointe) aller au front, mais cette année, suite à ses traitements de chimiothérapie, elle n’a plus la force de s’en occuper, alors j’ai suivi un cours intensif de lutte aux pissenlits et je prend la relève (elle m’a tout expliqué). Elle me disait, entre autre, qu’il est préférable de s’attaquer uniquement aux pissenlits qui sont en fleur, sinon, il y en aurait trop (Toujours s’attaquer d’abord à l’adversaire le plus menaçant). Ensuite, il est important de suivre la tige jusqu’à la racine, pas juste enlever le tout en surface (ne donner aucune chance à l’adversaire de se relever). J’étais un peu sceptique quand elle me disait qu’à tous les matins, elle  arrachait une pleine chaudière de pissenlits. Pourtant, c’est bien ça. Hier soir, j’ai rempli une chaudière et ce matin encore une pleine chaudière (Ne jamais sous-estimer les ressources de l’adversaire, une bataille ne fait pas la guerre).

Mon esprit analytique étant, je me dis aussi qu’en enlevant les pissenlits, je laisse tout de même un trou significatif qui pourrait très bien se remplir à nouveau de « mauvaises herbes », celles qu’on dit mauvaises, mais qui sont en fait diablement bonne pour s’implanter n’importe où. Je songe donc à une approche où pour chaque pissenlit enlevé, je sèmerais un peu de gazon dans le trou ainsi exposé. Peut-être même qu’un gadget a déjà été inventé et qu’il fait les deux en même temps, ce qui serait un bon gain d’efficacité. Je vais fouiller le web.

Évidemment, mon voisin aura pas mal de travail s’il veut s’y mettre lui aussi. C’est quasiment s’avouer vaincu avant même d’avoir commencé le combat. Voyez par vous-même!

Dans son cas, il ne lui restera probablement qu’une seule option: Les armes de destruction massives.

voisin

On connaît tous cette histoire de l’épée de Damocles. Bien qu’elle date de plusieurs siècles, elle illustre parfaitement ce sentiment terrible qu’une menace perpétuelle nous pend au-dessus de la tête: Brexit, Trump, Corée du Nord, crise économique, l’Europe fragmentée, la montée de l’intégrisme, l’endettement incroyable des pays occidentaux, la puissante Chine silencieuse, le terrorisme, le changement climatique, la surpopulation, mais aussi des épées plus personnelles, la maladie, la peur de perdre la vie ou de perdre un proche.

Chacun définit ses propres épées de Damoclès et il est difficile d’en faire totalement abstraction. Elles influencent nos actions, notre quotidien et notre façon de percevoir la vie.

De façon générale, l’information me sécurise. J’aime analyser et comprendre, parce que ça me donne l’illusion d’être en contrôle.  C’est un peu comme si elle me permettait de mesurer le niveau de risque que je cours réellement et me préparer mentalement en conséquence.

Cependant, dans ce monde où il y a tant, mais tant d’information à notre portée, cela provoque aussi l’effet inverse, puisqu’on peut découvrir chaque jour une nouvelle menace potentielle. On peut ainsi passer l’essentiel de son temps à analyser le fil qui retient l’épée plutôt que de vivre sa vie. C’est un peu fou quand on y pense.

Et au fond, ça changerait quoi de savoir que le fil cèdera aujourd’hui, demain, dans un mois ou dans un an?

Si je savais de façon certaine que ce que je crains arrivera demain, est-ce que je vivrais différemment la présente journée? Oui, sans doute. Je voudrais certainement savourer chaque minute intensément. Je ne me soucierais pas de ce qu’on pourrait penser de moi. Je ne m’inquiéterais pas d’un futur qui n’existe pas encore et qui n’existera pas.

Mais quand j’y pense, qu’est-ce qui m’empêche de le faire quand même?

les éclopés sociaux

Publié: 9 avril, 2017 dans Écriture, Bonheur, famille, L'essentiel

Atelier d’écriture de Leiloona.

En s’inspirant d’une photo de Kot, écrire un court texte, juste pour le plaisir d’écrire.

Kot

– Tu sais mec, la vie, faut pas trop lui en demander. Tu prends ce qu’elle te donne et tu fais avec. Toutes ces conneries de « si tu veux tu peux » ou « aides-toi et le ciel t’aidera » n’ont rien à voir avec la réalité. Si tu veux survivre, tu as besoin des autres, point à la ligne. tu peux pas faire tout seul. C’est pas le ciel, Dieu ou l’univers qui vont t’aider quand ça va mal, c’est tes potes, ceux qui vivent dans la même merde que toi et qui vont t’offrir un petit remontant quand tu en as besoin ou une clope même s’il ne leur en reste que deux. Et tes potes, c’est aussi ceux que tu as aidé un jour ou que tu vas aider demain. C’est cette solidarité qui tient le monde et rien d’autre. Y a que ceux à qui c’est jamais arrivé de tout perdre qui se croient capable de s’en sortir tout seul, mais un jour, la vie va leur foutre une baffe en pleine gueule et là, ils vont comprendre. Bref, merci pour la clope mec, t’es vraiment sympa!

 

Prendre une identité

Publié: 11 février, 2017 dans Bonheur, famille, Juste du bonheur

prenomsLa question du prénom de l’enfant à naître est souvent débattue dès les premiers mois de grossesse. Si c’est une fille, si c’est un garçon, les prénoms préférés de l’un et l’autre sont débattus avec le conjoint, mais aussi très souvent avec la famille élargie. Mes deux premiers petit-enfants se nomment Béatrice et Achille et ça leur va à merveille. Je les imaginerais difficilement avec un prénom différent. Souvent, les prénoms sautent quelques générations avant de revenir d’actualité, parce qu’il n’est plus très fréquent de donner aux enfants des noms semblables à ceux des parents ou même des grand-parents. On remonte souvent une génération plus loin, parfois plus. C’est ainsi que les deux suivants qui s’annoncent pour bientôt (février et avril), deux garçons seront prénommés, à moins d’un changement de dernière minute, Colin et Georges.

C’est important un prénom, parce qu’il nous collera à la peau toute une vie.

Selon internet, Colin est dérivé du prénom grec Nikolaos qui combine Nike et Laos et qui signifie victoire du peuple. Ce sera donc un démocrate dans l’âme. de 20 à 40 Colin voient le jour au Québec à chaque année. Colin sera le frère d’Achille.

Georges est dérivé du grec Georgios qui servait à désigner les agriculteurs ou les travailleurs de la terre. Il sera donc habile de ses mains. Tout au plus une dizaines de Georges naissent chaque année au Québec depuis 2010. Ce qui est amusant ici, c’est que ce sont les parents de Colin et non ceux de Georges qui possèdent une ferme laitière. Georges sera le petit frère de Béatrice et ses parents ont leur entreprise de design graphique pour  jeux de table, Mr Cuddington.

Reste maintenant à mettre un visage sur ces prénoms. On a tous bien hâte!

Mon fils s’est installé à Warwick avec sa petite famille. Lui et sa conjointe, tous les deux travailleurs autonomes avaient simplement besoin d’une bonne connexion à internet pour travailler de la maison et ils rêvaient de s’installer loin de la ville. Ils ont ainsi pu faire l’acquisition d’une jolie petite maison à un prix imbattable comparativement à ce qui se paie en milieu urbain. Nous sommes allé leur rendre visite ce weekend.

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Ce matin, m’étant levé tôt, j’en ai profité pour aller prendre une marche et m’imprégner de l’ambiance de cette petite ville du centre du Québec. Je passais de quartier en quartier en étant séduit par la diversité des maisons. Ça me faisait penser à ce que c’était avant que les urbanistes ne prennent le contrôle du développement urbain, avant que l’on ne décide que les maisons doivent toutes être en harmonie les unes par rapport aux autres, que les secteurs doivent être bien définis, les unifamiliales ici, les logements multiples par là, la zone industrielle plus loin. Dans certaines villes, la hauteur des maisons, le style, le plan d’architecte et même la couleur de la brique doivent être approuvés avant qu’on puisse construire quoi que ce soit, de sorte qu’au final tout semble pareil, équilibré, mais un peu fade et sans fantaisie.

À Warwick, je n’ai pas vu deux maisons semblables les unes au côté des autres et je devine même que c’était délibéré, un peu comme ces jeunes filles se choisissant une robe de bal. On la souhaite unique, se distinguant des autres et c’est une fierté d’être différent. À Warwick, les styles de maison, le revêtement, les couleurs sont multiples et même la répartition est un peu chaotique. On y retrouve des bungalow au côté de logements multiples ou même d’entreprises manufacturières autour desquelles on a construit des maisons unifamiliales. On y voit aussi des grosses maisons victoriennes qu’ont sans doute habitées les bourgeois de l’époque. Les boulevards sont appelés ainsi non pas parce qu’ils sont très fréquentés, mais simplement parce qu’on a divisé la rue avec un terre-plein gazonné ou on y a planté des arbres qui sont maintenant matures. C’est très joli. Cette diversité peu contrôlée qui fait le charme de Warwick m’inspire un sentiment de liberté qui malheureusement se perd progressivement. Warwick me fait penser à un jardin anglais.

warwick

essenceJ’ouvre tout grand mes sens, mes yeux, mes oreilles, je veux marquer clairement mes souvenirs de ce weekend, pour y revenir encore et encore, quand bon me semblera, quand j’en aurai envie, quand j’en aurai besoin.

Je repense à cette marche dans les bois à la tombée de la nuit, à la fraicheur qui descendait sur nous, au contact de sa main dans la mienne et des insectes qui tourbillonnaient autour de nous. Sur le lac, le ciel rose et bleu se réflètait comme un immense miroir offrant une source lumineuse au travers des arbres noirs.

Le lendemain, au petit matin, ce cerf qui passa tout près de moi, le regard inquiet et surtout surpris de trouver un humain si tôt sur sa route.

Ces drôles de flocons colonisateurs qui flottaient partout dans l’air dès que le vent soufflait un peu, comme une neige d’été, comme des méduses qui se laissent porter par les vagues.

Les balades en vélo, l’effort de grimper les côtes et le plaisir de la descente. Je la vois penchée sur son guidon, concentrée par l’effort et les cuisses qui brûlent. Elle arrêtera avant d’être en haut de la côte, tout en allant un peu plus loin que la veille, peut-être par défi.

Une partie de scrabble inachevée qu’elle a solidement débuté avec un mot de 57 points.

Un souper agréable dans un resto gastronomique où j’ai visé l’exotisme, tandis qu’elle choisissait une valeur sûre.

Une soirée au cinéma pour un film léger, amusant, une comédie policière qu’on n’aurait sans doute pas vu autrement, mais qu’on a choisi parce que c’était le seul film qui convenait avec l’horaire.

Et des discussions différentes, un peu nostalgiques, du genre: Si je n’avais pas peur de l’avion, j’aurais aimé voyager là où il y a de vieux bâtiments et des petites ruelles.

Le feu de camp qu’elle a allumée fièrement toute seule et qu’on a regardé, hypnotisé par le flammes, accompagné de longs silences jusqu’à ce que les braises rouge annoncent l’heure du coucher.

J’ai fait le plein de bonheur, comme on fait le plein de carburant avant une longue route.

pecheblancheFlotte dans l’air, l’odeur agréable de bois brûlé qui s’échappe par la petite cheminée des cabanes à pêche. Tout autour, c’est blanc, éclatant et dès que le soleil se met de la partie, on est forcé de plisser les yeux devant cette éblouissante lumière. Le calme domine. Au loin, on entend à peine les bribes de dialogue d’autres pêcheurs, ou leurs éclats de joie quand ils ont une belle prise. Ce qui domine, cependant, c’est le silence et évidemment, le bruit de nos bottes de skidoo qui crounchent dans la neige. On est à Venise-en-Québec. On est venu pêcher sur la glace.

J’ai probablement 9 ou 10 ans. Mon père a loué une cabane pour la saison et on y vient à presque tous les weekends. J’aime ces journées hors du temps. Quand on arrive à la cabane, c’est toujours un peu le même rituel. On débarre le gros cadenas qui verrouille la porte de la cabane et on entre y déposer la glacière dans laquelle ma mère y a mis nos lunchs pour la journée. Puis, mon père allume un feu dans le poêle à bois. Peu après, à l’extérieur de la cabane, il envoie la main au responsable du site qui passe régulièrement avec son camion pour lui commander une douzaine de trous. Le monsieur au teint basané, casquette à oreilles rabattues, cigarette au bec et habit de skidoo une-pièce descend avec sa bruyante perceuse au gaz pour aligner deux rangées de 6 trous près de la cabane. C’est $1 le trou. Il perce des trous cylindriques d’une profondeur de 60 à 70 centimètres et d’une vingtaine de centimètres de diamètre. Dès qu’il perce complètement la glace, l’eau s’engouffre par le trou, remonte rapidement à la surface et déborde légèrement sur la glace. Il passe au trou suivant. On installe ensuite les brinbales, en les piquant dans la neige et en la renforçant d’un petit monticule de neige crystalisée. Avec une grosse passoire, on soulève les ménés dans la chaudière et on en prend un dont on transperce le dos avec l’hameçon, juste sous l’aileron dorsal pour qu’il reste bien vivant et paraisse appétissant pour les prédateurs. On descend ensuite la ligne dans le trou à bonne profondeur, mais sans toucher le fond. L’appât ira nager là sous la glace. Puis, l’attente débute. On sort les chaises de parterre quadrillées de bandes plastifiées jaune ou verte, qu’on appuie dos à la cabane et on s’y installe. Au bout d’un certain temps, on se lève pour une tournée de déglaçage. On prend la passoire de la chaudière à ménés et on s’en sert pour enlever la glace qui commence à se former à la surface des trous. Il faut éviter que ça ne gèle.

Il y a deux scénarios qui ne présentent quand le poisson mord. Soit on voit une brinbale sauter légèrement, soit on la voit carrément piquer du nez. Dans le premier cas, on se lève et on approche lentement de la brinbale. On prend la ligne à main nue et au moment opportun on donne un petit coup sec pour accrocher le poisson. Dans l’autre cas, quand la ligne pique du nez, on part à la course pour remonter le poisson. De la perchaude, du crapet soleil, parfois de l’achigan et plus rarement du brochet. Du poisson que l’on ramenait et que mon père arrangeait en filet de retour à la maison. J’aimais le poisson, pas les arêtes, mais j’adorais la pêche sur la glace. Que de beaux souvenirs.