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Dessine moi un mouton

Publié: 14 mai, 2019 dans famille, L'essentiel

Ding Dong!

– Oui

– Est-ce que tu as des enfants?

– Quoi?

– Est-ce que tu as des enfants?

La petite a 8 ans, peut-être 9. Elle m’aurait demandé de lui dessiner un mouton et ça ne m’aurait pas tant surpris.

– Mes enfants sont grands, lui dis-je, et ils ne demeurent plus à la maison…Tu te cherches de amis, c’est ça?

– Oui

– Un peu plus loin, sur la rue, il y a souvent des enfants qui jouent ensemble. Tu pourrais aller voir.

– Je n’ai pas le droit d’aller là-bas.

– Ah, d’accord. Ecoutes, si je les vois passer, je leur dirai que tu cherches des amis pour jouer.

– OK.

La petite est repartie lentement, visiblement déçue. 

Je l’ai regardé par la fenêtre traverser la rue et retourner chez elle, pas très loin de chez moi. Elle avait probablement vu les enfants & petits-enfants chez moi en après-midi et pensait pouvoir trouver des amis. Ça m’a rendu un peu triste. Triste qu’elle soit toute seule et sans ami. En même temps, ça m’a aussi inquiété de savoir qu’elle avait pris l’initiative de venir cogner à ma porte, alors qu’au fond, je suis un étranger et j’ignore qui sont ses parents. Ils sont probablement nouveaux dans le quartier. Je me suis dit qu’elle se mettait dans une position vulnérable. Ses parents lui ont interdit de s’aventurer plus loin sur la rue, mais n’ont pas pensé de lui rappeler l’importance de ne pas parler aux étrangers et ne pas non plus aller cogner à la porte des voisins sans autorisation. J’aurais pu le lui dire, mais tout s’est fait trop vite. En écoutant la télé, j’ai jeté un coup d’œil, à plusieurs reprises par la fenêtre, pour voir si elle était OK. Elle s’amusait seule, en jouant les équilibristes sur le rebord du trottoir, en flattant un chat qui passait par là ou plus tard en sautant à la corde. Quand on a des frères ou des sœurs, on ne se retrouve généralement pas dans cette situation, parce qu’on a de facto, des partenaires de jeu. Vive la famille.

Il y a des amours qui naissent et jamais ne meurent

Pas eux, mais ceux qui les portent

L’amour se transforme et se désincarne

Il reste présent comme le vent

Comme une brise qui réconforte

Par une chaude nuit d’été

Et il y a ces amours imprévus

Qui naissent en crocus printaniers

Qui percent la neige ensevelie

Et qui brillent de leurs couleurs

En chantant la vie

L’essentiel
C’est d’être aimé
Le reste importe peu, la seule vérité
C’est compter pour quelqu’un quoiqu’il puisse arriver
C’est entrer dans son coeur et n’en sortir jamais
C’est recevoir autant qu’on aimerait donner
Ne plus s’appartenir, en être rassuré
C’est voir la joie de l’autre et fondre de bonheur
Mériter sa confiance et devenir meilleur

L’essentiel
C’est d’être aimé
Contrairement à tout ce qu’on peut raconter
Ce n’est pas la fortune ou la célébrité
Qui ne sont que du vent et ne font que passer
Je crois que l’important est fait de petits riens
Être attendu le soir et courir en chemin
Un des plus beaux cadeaux que nous ait fait la vie
c’est quand notre prénom l’air d’un mot gentil

L’essentiel
Jour à près jour
C’est le rire aux éclats d’un enfant qui accourt
Et qui nous saute au cur en guise de bonjour
Que demander de plus
Quand ces bras nous entourent
Le reste importe peu, la seule vérité
C’est compter pour quelqu’un quoi qu’il puisse arriver
être un jour exiler en pays étranger
et avoir, dans son coeur, quelqu’un à qui parler
C’est inspirer à l’autre un sentiment si fort
Qu’il pourrait nous survivre au-delà de la mort
C’est d’être aimé, encore et toujours
Mon amour…

Paroliers : Aznavour Charles / JOURDAN MICHEL EUGENE