Archives de la catégorie ‘Société’

Pensée du jour

IMG_0217Ce matin, j’ai été nourrir les canards goélands au parc de l’étang, comme j’aime le faire, dès que j’ai des restants de pain. Cependant, aujourd’hui, pas un seul canard n’a pu mettre le bec sur l’un de morceaux. Les goélands argentés, plus rapides, plus vifs et agressifs, subtilisent tout, en se bagarrant même entre eux et aucune de mes manoeuvres de diversion n’a réussi à les éloigner.

Ça m’a rappelé le monde pharmaceutique où j’ai travaillé pendant quelques années. Dans cette industrie, il est coutume de donner des bonus annuels à tous les employés, que ce soit un employé de production, un électro-mécanicien, un laborantin ou un membre de la Direction. Tous y ont droit, alors que dans d’autres industries, on les réserve généralement aux membres de la Direction. d’une certaine façon, ça semble plus juste et équitable parce que les résultats sont tributaires des efforts de tous qui, chacun à leur niveau, prennent les bonnes décisions, mais quand on y regarde de plus près, on constate que le pourcentage du salaire versé en bonus varie beaucoup selon le rôle joué, allant de 2 à 20%. Or, sans surprise, ce sont ceux qui ont déjà les plus gros salaires qui reçoivent les pourcentages les plus élevés.

À la fin, ça reste une histoire entre canards et goélands.

Pensée du jour

Pensée du jour

Pensée du jour

L’ère des Fake News

Publié: 4 août, 2018 dans opinion, Société

livreJe termine le roman « Les falsificateurs » d’Antoine Bello. Écrit en 2007, ce roman décrit les manoeuvres d’une organisation pour manipuler l’opinion publique à coup de Fake News savamment orchestrées. En 2007, c’était de l’anticipation, enfin, on le suppose, mais aujourd’hui, c’est une réalité incontournable. Avec tous les outils de manipulation et de falsification du numérique actuellement disponibles, on ne peut plus croire spontanément ce qu’on lit, voit ou entend. Le jeu du balancier fera probablement en sorte que les vrais journalistes, crédibles, respectant les règles de vérification des sources et sceptiques de nature vont éventuellement retrouver leur place.

Étranges voisins

Publié: 26 juillet, 2018 dans Écriture, psychologie, Société

bikerJe demeure au même endroit depuis 30 ans. Il y a des voisins que je connais, d’autres que je salue et d’autres encore, que j’appelerai ces étranges voisins. Je ne leur ai jamais adressé la parole, même pas un signe de tête et pourtant, je ne peux m’empêcher de leur inventer une vie.

Celui-là, par exemple. Dans la soixantaine, pas très grand ni très corpupent, mais qui se déplace comme s’il était un grizzly. Il a de multiples tatouages aux deux bras et une longue crinière blanche qu’il attache en queue de cheval. Il porte toujours une casquette, sans doute pour cacher sa calvitie frontale. Je le vois partir travailler à tous les matins, avec sa boîte à lunch, à peu près à la même heure que moi. Il conduit une voiture américaine anonyme et de couleur neutre. Le soir, par contre, durant l’été, il va sortir de son garage une rutilante corvette décapotable pour aller on ne sait où. Il a aussi deux motos. Une moto de route beige anonyme, du genre de celles que conduisent les grand-pères tranquilos et il a aussi une harley bleu ciel, peinte à la main avec la fourche avant surélevée. Il sort peu sa Harley et surtout quand la nuit est tombée ou à quelques rares occasions durant les weekends. Un soir, je l’ai vu quitter en pétaradant doucement. Il portait une veste de cuir noir, sans manche au dos de laquelle figurait une inscription en blanc, que je n’ai pas eu le temps de lire, mais qui identifiait sans doute le club de moto ou de motards auquel il appartient. Son wifi, enfin je suppose que c’est le sien, est perceptible jusque chez moi et s’intitule « Biker ». Il est peut-être très gentil, mais j’ai comme quelques préjugés à établir des liens avec lui.