Articles Tagués ‘Réflexions’

Ce matin, j’étais assis tranquillement derrière la maison à profiter du soleil printannier et j’admirais ces magnifiques fleurs bleues, dont j’ignore le nom, que Josée avait plantées dans ses plate-bandes. Mon attention fut ensuite attirée par d’autre fleurs bleues, minuscules et nombreuses, toutes massées le long de la pierre, comme des groupies envieuses venues assister au passage de leurs idoles.

Les unes ont profité d’un environnement favorable, d’un bon terreau et on a pris soin de leur donner tout ce dont elles avaient besoin pour s’épanouir. Les autres, qu’on qualifie de mauvaises herbes, ont dûes se débrouiller toutes seules, se battre pour survivre. Elles sont fortes, bien que moins éclatantes que leur idole.

La vie est injuste pensais-je. À celles qui ont tout reçu, on accordera davantage notre attention et notre amour et on arrachera celles qu’on qualifie de mauvaises herbes.

Pourtant, au détour d’une crise, d’une tempête ou d’une sécheresse, celles qui ont tout reçu n’auront sans doute pas les ressources pour survivre, parce que cette force, on ne peut la recevoir, on doit la trouver en soi.

IMG_0913sauvage

torche

Nous avons tous des valeurs. Que l’on soit criminel, juge,  chauffeur de taxi ou mendiant, nous avons tous des valeurs.

Pour certains, c’est la loyauté, pour d’autres, c’est la générosité, la bonté, l’altruisme, l’honnêteté, la fidélité ou une combinaison de plusieurs d’entre elles. Une valeur, c’est un principe auquel on tient, qui nous définit, qui est important à nos yeux et qui rends la vie collective plus agréable et plus douce. C’est intimement lié à notre personnalité, souvent hérité du milieu familial ou culturel.

On exprime une valeur avec facilité, naturellement pour certains et avec du travail et de la discipline pour d’autres. Ainsi, quand je refuse de payer au noir pour un travail de plomberie, même si on m’offre de soustraire les taxes du montant de la facture, j’ai le sentiment d’être honnête, d’être un bon citoyen qui agit dans le meilleur intérêt de la société. En donnant à Centraide, en offrant un panier d’épicerie lors de la gignolée, en faisant un don à la Croix-Rouge ou en donnant du sang, j’ai le sentiment d’être généreux. En prenant à coeur le bien-être de mes employés et en les respectant, j’ai le sentiment de faire preuve de bonté.

Mais comment mesure-t-on la profondeur et la solidité de ces valeurs. Sont-elles circonstancielles? Imaginons, par exemple, que je sois sans revenu, qu’on arrive à peine à joindre les deux bouts et que je doivent réparer la plomberie pour une situation d’urgence. Si le plombier m’offre un rabais de taxes en payant comptant, est-ce que mes valeurs d’honnête citoyen tiendront le coup? Ne ferais-je alors pas une entorse à mes valeurs, parce que je n’en ai plus les moyens (et au diable la société)?

C’est ce que j’appelle l’épreuve du feu.

Lorsqu’une valeur que l’on croit détenir se trouve en opposition à nos intérêts pécuniaires ou personnels, lorsque le prix à payer pour la conserver intacte est élevé, on mesure à quel point on la possède vraiment. L’épreuve du feu permet également d’être plus tolérant face à ceux qui trébuchent.

Ghandi disait aussi: « Aucun pays ne s’est jamais élevé sans s’être purifié au feu de la souffrance ».

Je pense qu’il en est de même des individus. Ces moments difficiles ou nos valeurs sont mises à l’épreuve, nous permettent de grandir et d’intégrer ce qu’était jusqu’alors un idéal.

« – […] Tu l’ouvres, et tu y trouves tout ce dont tu as besoin.

– Un livre magique!

– Non. Tu peux faire la même chose avec n’importe quel livre. »

Ces mots sont tirés du livre « Illusion ou la venue d’un messie récalcitrant ».

Un livre culte, que je lis et relis sans me lasser, un peu comme l’histoire du Petit Prince. Il faut dire que Richard Bach et St-Exupery avaient tant de choses en commun, qu’on aurait pu croire que l’un et l’autre ne faisaient qu’un.

Quoi qu’il en soit, j’ai ouvert le premier livre à ma portée, à une page au hasard. Sur cette même page, côte à côte, on trouvait les mots suivants:

Soucoupe, soudain, souder, soudoyer, souffler, souffrance, souhait, soulagement, soûler, soulèvement, soumettre, soupage, soupçon, soupir, source.

Avec ces mots, on peut raconter l’histoire d’une vie.

Voici, en quelques mots, les actualités locales, vues  à travers les médias:

« Un homme de 61 ans lutte pour sa vie après avoir été victime d’une violente embardée. L’accident s’est produit peu après 22h ».

« seule en mer à 14 ans. Elle voyage seule à bord de son deux-mats de 11.5m »

« Près de 400 millions d’oeufs rappelés. Cela ne représente heureusement que 1% de la production américaine. 40,000 américains sont victimes d’intoxication alimentaires provoquées par des oeufs  à chaque années »

« Un homme de 85 ans a été frappé par une porte tournante. Il est mort 20 jours plus tard ».

« un inestimable tableau de Van Gogh a été volé samedi. On estime la toile à environ $50 millions ».

« Le 450 fait de la place au 579 ».

Le Petit Prince disait:

« Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais: « Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu’il préfère ? Est-ce qu’il collectionne les papillons ? » Elles vous demandent: « Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ? » Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes personnes: « J’ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit… » elles ne parviennent pas à s’imaginer cette maison. Il faut leur dire: « J’ai vu une maison de cent mille francs. » Alors elles s’écrient: « Comme c’est joli ! »

J’aime observer ce qui m’entoure, j’aime observer la vie dans ce qu’elle a de plus petit, parce qu’elle nous renseigne également dans ce qu’elle a de plus grand.
Φ
L’univers est ainsi fait de quelques règles élémentaires reproduites d’échelle en échelle du plus simples au plus complexe. Les analogies sont multiples. Il suffit de penser à la similitude entre les électrons tournant autour du noyau d’un atome et les planètes tournant autour du soleil pour illustrer ce genre d’analogie. Ainsi, l’une de ces caractérisques que l’on retrouve à toute les échelles de l’univers se retrouve dans une proportion particulière appelée Phi.
Φ
Φ
Cette étrange proportion est un rapport que l’on peut obtenir, dans le schéma ci-dessus, lorsque la division de B/C est équivalente au rapport de A/B. Ce rapport étant très exactement de 1.618 0339 887 et on l’a appelé Phi. De même, le rapport inverse, c’est-à-dire le rapport de C/B équivalent au rapport de B/A équivaut très exactement à 0.618 0339 887... On appelle ce rapport inverse phi, avec un p minuscule.
Φ
On retrouve donc, dès le départ, une première analogie intéressante. Deux nombres périodiques possédant exactement la même période, mais comportant ou pas un zéro avant le point. L’intérêt de cette proportion, c’est qu’on la retrouve partout dans l’univers. Au niveau mathématique et géométrique, Phi est très présent, notamment dans la suite de Fibonacci, mais je préfère me concentrer sur des aspects plus concrets de cette proportion. Ainsi, Phi est un rapport qu’on retrouve partout à l’échelle du corps humain. La proportion Phi se retrouve notamment entre les phalanges de la main, de la plus petite à la plus grande. C’est un rapport de Phi que l’on retrouve entre la longueur des phalanges distales et celle des phalanges intermédiaires et entre ces dernières et les phalanges proximales et celles-ci et les métacarpes.
De même, la beauté subjective est généralement associée à des proportions du visage et du corps qui sont, encore une fois, celles de Phi. Ce sont des proportions qui nous semblent « correctes », peu importe la race des individus et ce sont curieusement ces proportions que l’on retrouve, dans ce fameux dessin de Léonard De Vinci, illustrant les proportions de ce qu’il percevait comme étant la perfection.
Φ
Φ
Cette proportion est présente chez toutes les espèces vivantes, des plus petites aux plus grandes, et on la retrouve dans plusieurs oeuvres architecturales spectaculaires. Cette proportion a été délibérément utilisée pour établir les dimensions des grandes pyramides en Égypte, pour la construction du Parthéon en Grèce ou de la Cathédrale Notre-Dame à Paris. C’est une proportion que l’on associe instinctivement à l’harmonie, parce qu’elle est encodée au plus profond des règles qui gouvernent notre univers.
Φ
Et incidemment, le format si pratique d’une carte de crédit, quand on en mesure le rapport de la largeur sur la hauteur, est également, vous vous en doutez bien, exactement la proportion de Phi. Ainsi, si vous observez ce qui se trouve autour de vous, vous serez étonné de constater, à quel point, du plus petit au plus grand, notre univers s’est construit sur les mêmes règles et que notre perception de l’harmonie, du bonheur et de la beauté sont également encodés au plus profond de nous-même.
Φ
Sources:

Si le temps ne nous était pas compté, nous pourrions réaliser absolument tout ce qui nous vient en tête. Imaginons, que demain matin j’annonce: « Je veux devenir pilote de ligne! ». Toutes sortes de bonnes raisons pourraient être invoquées pour me ramener à la raison. « Pierre, à 49 ans, tu es trop âgé pour entreprendre une telle carrière ». « La formation coûte une fortune ». « Il faut avoir accumulé des milliers d’heures de vol avant d’être éligible ». Si on regarde bien à ces objections, l’élément central, c’est le temps.

Pensez à un projet fou, n’importe lequel que vous aimeriez réaliser et fondamentalement, ce qui pourrait vous retenir c’est le temps. Le temps d’accumuler les sous pour la formation, le temps que durerait la formation, le temps déjà accumulé au compteur. C’est donc dire que si le temps ne faisait pas partie de l’équation, on pourrait réaliser n’importe quoi, absolument n’importe quoi. Je pourrais devenir un athlète olympique si j’en avais envie. Oui oui, un athlète olympique. Si j’y mettais le temps, l’entraînement, si je consacrais toutes mes énergies pendant quelques années à une discipline olympique, je deviendrais nécessairement meilleur que ceux qui ne s’entraînent pas et au bout d’un certain nombre d’années, je pourrais aspirer à rejoindre l’élite.Ahhh, mais je vous entend penser là… « Oui, mais Pierre, tu as 49 ans, tu n’es plus en mesure de compétitionner avec de jeunes athlètes ». Mais l’âge, c’est aussi le temps non?

Si le temps ne m’était pas compté, logiquement, je ne vieillirais pas non plus. Au tout début de la création, si on croit ce qu’on raconte, Adam aurait vécu 930 années. C’est tout de même pas mal. En comparaison, cela signifie qu’on serait aujourd’hui en présence d’une personne née en 1080. C’était l’époque des tournois de Chevaliers et des Croisades. À cette époque, imaginez, seulement 10,000 personnes vivaient à Londre. C’était un petit village quoi.  Quand on vit 930 années, avoir 20 ans ou 49, ce n’est pas significatif. Imaginez tout ce qui s’est réalisé durant un millénaire, c’est fou quand on pense qu’un individu pourrait avoir vécu tout cela. On imagine souvent que Caïn était adolescent ou jeune adulte quand il a tué son frère Abel. Il avait pourtant déjà 100 ans.

Ainsi, le temps est la seule limite à la réalisation de nos rêves. C’est donc une ressource non-renouvelable et comme toutes les ressources de cette nature, on se doit de les utiliser avec précaution, s’assurer qu’on les destine au bon usage. Si on vit un pays qui regorge d’eau douce, un robinet qui fuit ne semble pas un cas urgent, mais dans un pays où l’eau est rare, on ne permettrait pas une telle chose. Ainsi, mon temps, ressource non-renouvelable, doit être utilisé au meilleur usage que je puisse en faire et dans ce contexte, n’est-ce pas une priorité de réaliser ses rêves, entreprendre dès maintenant ce qui nous tient le plus à coeur?

Réaliser ses rêves demande du temps. Les résultats ne sont jamais immédiats. D’ailleurs, s’ils l’étaient, ils ne feraient pas partie de nos rêves, puisqu’on les aurait réalisés, le temps d’une publicité pendant une émission de télé. Un projet de cette nature demande donc un plan d’actions, une suite d’activités qui doivent être réalisées, les unes à la suite des autres pour se rapprocher de l’objectif. Pour passer du rêve, à la réalisation, la première étape consiste toujours à établir cette liste d’actions qui doivent être réalisées pour parvenir au but souhaité et quand on s’y met, on réalise rapidement que la partie la plus enrichissante d’un rêve, ce n’est pas l’aboutissement final, mais davantage tous le temps consacré à le réaliser. Au fond, tout cela revient à la même chose: Le bonheur, ce n’est pas une destination. Le bonheur, c’est un voyage et s’il vous tient à coeur, faites un premier pas, sans attendre.