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Nous avons tous des valeurs. Que l’on soit criminel, juge,  chauffeur de taxi ou mendiant, nous avons tous des valeurs.

Pour certains, c’est la loyauté, pour d’autres, c’est la générosité, la bonté, l’altruisme, l’honnêteté, la fidélité ou une combinaison de plusieurs d’entre elles. Une valeur, c’est un principe auquel on tient, qui nous définit, qui est important à nos yeux et qui rends la vie collective plus agréable et plus douce. C’est intimement lié à notre personnalité, souvent hérité du milieu familial ou culturel.

On exprime une valeur avec facilité, naturellement pour certains et avec du travail et de la discipline pour d’autres. Ainsi, quand je refuse de payer au noir pour un travail de plomberie, même si on m’offre de soustraire les taxes du montant de la facture, j’ai le sentiment d’être honnête, d’être un bon citoyen qui agit dans le meilleur intérêt de la société. En donnant à Centraide, en offrant un panier d’épicerie lors de la gignolée, en faisant un don à la Croix-Rouge ou en donnant du sang, j’ai le sentiment d’être généreux. En prenant à coeur le bien-être de mes employés et en les respectant, j’ai le sentiment de faire preuve de bonté.

Mais comment mesure-t-on la profondeur et la solidité de ces valeurs. Sont-elles circonstancielles? Imaginons, par exemple, que je sois sans revenu, qu’on arrive à peine à joindre les deux bouts et que je doivent réparer la plomberie pour une situation d’urgence. Si le plombier m’offre un rabais de taxes en payant comptant, est-ce que mes valeurs d’honnête citoyen tiendront le coup? Ne ferais-je alors pas une entorse à mes valeurs, parce que je n’en ai plus les moyens (et au diable la société)?

C’est ce que j’appelle l’épreuve du feu.

Lorsqu’une valeur que l’on croit détenir se trouve en opposition à nos intérêts pécuniaires ou personnels, lorsque le prix à payer pour la conserver intacte est élevé, on mesure à quel point on la possède vraiment. L’épreuve du feu permet également d’être plus tolérant face à ceux qui trébuchent.

Ghandi disait aussi: « Aucun pays ne s’est jamais élevé sans s’être purifié au feu de la souffrance ».

Je pense qu’il en est de même des individus. Ces moments difficiles ou nos valeurs sont mises à l’épreuve, nous permettent de grandir et d’intégrer ce qu’était jusqu’alors un idéal.

Quand je préparais mon premier voyage à Compostelle, on m’avait fortement conseillé d’amener un sac à dos aussi léger que possible.

« Ton sac à dos sera à la fois ton meilleur ami et ton pire ennemi » m’avait-on dit.

Marcher durant 300 ou 400 kilomètres, en le portant sur ses épaules donne une perspective différente au contenu de son sac. Tout ce  dont on aura besoin durant ces 4 ou 5 semaines, est dans ce sac et évidemment, on ne veut manquer de rien.

De nombreuses personnes, en Chemin, ouvraient leur sac, en refaisaient l’inventaire et se débarrassaient d’une bonne partie du matériel de départ. C’est une leçon très pratico-pratique de ce qu’est l’essentiel. Le plus lourd des fardeaux, dans un sac, ce sont nos peurs. La peur de manquer de quelque chose, nous amène à ajouter un peu de ci, un peu de çà…juste au cas où. Rapidement, les grammes se transforment en kilos et ces ajouts visant à nous sécuriser deviennent alors notre fardeau quotidien et nous rendent la vie plus difficile… inutilement.

C’est très physique. Au fur et à mesure que les kilomètres s’additionnent, on prend douloureusement conscience du poids de nos choix. On réalise alors à quel point nos peurs peuvent contribuer à réduire la qualité du voyage. On révise alors, on refait des choix et on en vient au coeur de ses besoins, on découvre ce qu’est l’essentiel et ma foi, l’expérience est plutôt enrichissante. L’essentiel tient à bien peu de chose finalement, on le réalise rapidement.

Nécessairement, cette expérience m’a amené à faire également des liens, au retour, avec la vie que je mène. Elle m’a permis de m’interroger sur ces peurs qui m’accompagnent au quotidien et pour lesquelles je me suis prémuni de toutes sortes d’artifices pour me sécuriser…juste au cas où. Ces peurs deviennent alors un fardeau qui alourdit inutilement mon voyage.

Voyager léger, c’est accepter de ne pas tout prévoir, c’est accepter de faire possiblement face à un manque, mais c’est surtout se donner la chance d’apprécier son propre voyage ici-bas à chaque pas que l’on pose.

Plus une société est socialiste, plus on y privilégie la richesse collective et plus une société est capitaliste, plus on privilégie la richesse individuelle.

Généralement, une société pauvre devra partager davantage, avoir des biens communs, parce que personne n’a les moyens de tout posséder. Au cours des 50 dernières années, force est de constater qu’il y a eu une individualisation croissante au sein des pays occidentaux.

Le cocooning est un  exemple de ce phénomène. Il est lié avec l’enrichissement général de la société. Posséder un téléviseur (à écran plat), un four à micro-onde, une laveuse, sécheuse, un lave-vaisselle, une automobile n’est pas réservé qu’aux plus riches. On considère ces appareils comme faisant partie des biens normaux de la classe moyenne, celle qui forme la majorité.

Ce qui est vrai pour les biens, l’est également pour les valeurs. On s’individualise. On pense davantage à soi qu’aux autres. C’est le concept du « Pas dans ma cours ». Tous sont d’accord pour qu’on coupe dans les dépenses gouvernementales, mais personne n’accepte que les services auxquels on a droit soient limités. Coupons allègrement dans les folles dépenses, réduisons le salaire des élus, des fonctionnaires, réduisons le nombre d’employés de l’état, mais ne venez surtout pas me dire qu’il me faudra attendre plusieurs heures si je me présente à l’urgence d’un hôpital, c’est inacceptable. Ce n’est pas une question d’argent, mais d’organisation se dira-t-on. C’est plus facile d’adopter cette approche. Ainsi, on peut se dire que les services pourraient être améliorés, même en coupant dans les coûts. Il y a un peu de pensée magique dans tout cela.

En s’individualisant, en se cocoonant on développe aussi une certaine nostalgie pour le collectif, pour les causes communes. On reste tiraillé entre les deux extrêmes. On souhaiterait la richesse individuelle au niveau des biens et la le partage, le collectif au niveau des valeurs, or les valeurs communes diminuent à mesure que s’accumulent les richesses individuelles. Quel dilemme.

Cette question m’amène sur le terrain de la langue. Au Québec, il a fallu lutter fort, au cours des 50 dernières années pour que le français soit reconnu pour ce qu’il est aujourd’hui, soit la langue principale du Québec. Il y a 50 ans, même si 82% de la population avait le français pour langue d’usage courant,  tout ce qui concernait le pouvoir et l’argent se passait en anglais. Le français était la langue « que l’on parle à la maison », un peu comme celle de l’immigrant qui s’installe dans un nouveau pays.

Les choses ont bien changé. Les jeunes aujourd’hui, ne perçoivent pas de menace particulière, ne sentent pas que le français est une langue qui les exclu du pouvoir et de l’argent. Par contre, être en mesure de parler l’anglais est un plus pour eux. On voyage plus aujourd’hui qu’autrefois et l’anglais est devenu une langue neutre, la principale langue seconde à travers le monde, celle qui permet à un étranger de se faire comprendre dans la plupart des pays.

L’apprentissage de l’anglais est donc une richesse individuelle.

Ce qui est vrai pour l’individuel, par ailleurs, n’a pas la même signification quand on le porte au niveau collectif. Si pour un individu, maîtriser plusieurs langues est une richesse, pour un peuple, le bilinguisme n’est que le passage d’une langue à une autre, celle qui sera la plus utile et la plus dominante.  Certains experts prévoient qu’au cours du présent siècle de 50 % à 90 % des langues parlées actuelles disparaîtront, c’est-à-dire de 3000 à 4000 langues.

 

On s’est bien tiré de la crise économique au Québec et au Canada paraît-il. Toutefois, ça ne s’est pas fait sans mal.

Les conséquences, c’est qu’on a hypothéqué l’avenir pour adoucir le présent. Au cours de l’exercice 2009-2010, le Gouvernement fédéral aura accumulé un déficit de $50 milliards. Durant la même période, le Gouvernement Provincial aura accumulé une déficit de $4,7 milliards.

Un déficit, c’est dépenser plus d’argent que ce qu’on a.

Considérant qu’il y a 34 millions de Canadiens et 7,8 millions de Québécois, la part du déficit attribuable à chaque individu du Québec est donc de $2073 pour l’année 2009-2010.  Notre part familiale chez nous (5 personnes) est donc de plus de $10,000 pour cette seule année 2009-2010. C’est le montant qu’il aurait fallu soustraire du revenu familial pour passer à travers la crise sans s’endetter.

Et ne nous faisons pas d’illusion. Puisque ce montant ne sera pas remboursé tout de suite, il est donc emprunté avec intérêts et représentera probablement le double en bout de ligne. L’année prochaine, les déficits ne seront pas éliminés non plus. Les Gouvernements nous disent qu’il faudra de 5 à 10 ans avant de revenir à l’équilibre budgétaire.

Du côté de nos amis américains, c’est encore plus catastrophique. La part individuelle du déficit pour chaque américain représente plus de $5000 pour l’année en cours.

Lors de cette crise économique, (oui oui, on a vraiment eu une crise) Les Gouvernements ont mis en pratique les théories d’un dénommé Keyne, suggérant qu’il y a toujours des cycles économiques et que c’est le rôle des Gouvernements d’investir dans l’économie quand ça va mal.

Évidemment, ce modèle tient correctement la route en autant que les mêmes Gouvernements mettent des sous de côté quand ça va bien. C’est généralement la partie manquante de l’équation. Ainsi, quand ça va bien, on continue à dépenser et à investir tout ce qu’on a et quand ça va mal, on dépense encore plus. C’est à se demander combien de temps ça va prendre avant que tout ne s’écroule vraiment.

Et pourquoi les Gouvernements agissent-ils ainsi?

Parce que c’est ce que le peuple leur demande. Parce qu’on considère encore que ces dettes sont celles des Gouvernements et non les nôtres. Si j’avais reçu une facture à mon nom de $10,000 pour payer les dommages causés par la crise économique en 2010, croyez-vous que j’aurai acheté une nouvelle voiture? Ben non. J’aurai d’abord payé mes dettes, mais comme ces dettes sont celles des Gouvernements et non les miennes, je continue ma vie comme si de rien n’était et je fais « rouler l’économie ».

Sauf que cette façon de voir les choses ne nous incite pas vraiment à faire du ménage dans nos dépenses. On se contente de pelleter en avant sans trop se poser de questions. Et puis si un Gouvernement veut couper trop sévèrement dans les dépenses, on aura juste à élire un autre Parti politique qui nous promettra, lui, de dépenser davantage.

Au fond, on a les Gouvernements que l’on mérite.

Suicide involontaire

Publié: 12 septembre, 2010 dans Réflexions, Société
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Le Dr Ryke Geerd Hamer est un médecin allemand ayant proposé une explication et surtout un traitement controversé de plusieurs formes de cancer.

Selon le Dr Hamer, un choc émotionnel intense est très souvent à l’origine du cancer. Ce choc traumatique auquel on ne serait pas préparé émotionnellement serait responsable de l’apparition de la maladie. Le Dr Hamer a été poursuivi en justice et emprisonné, pour avoir suggéré à certains patients de refuser la chimiothérapie. Selon lui, il faut surtout s’attaquer à comprendre l’évènement traumatique et lui donner un sens, plutôt que de s’attaquer aux symptômes. Ce sont ses propres expériences du cancer qui l’ont amené à explorer cette voie.

En 1978, le Dr Hamer développe un cancer des testicules, quelques mois après avoir perdu son fils, tué accidentellement par balle, par le Prince d’Italie. Il s’était, par la suite, interrogé sur les liens possibles entre cet évènement traumatique et l’apparition de son cancer. Médecin, traitant déjà plusieurs patients souffrant de cancer, il les a donc interrogé, pour tenter d’établir un lien entre leur cancer et un choc traumatique inattendu dans les mois précédant l’apparition.  Non seulement, découvre-t-il que ces chocs ont bien eu lieu, mais il réalise également qu’il existe un lien entre le type de choc traumatique et l’organe atteint par la maladie.

Au Québec, l’humoriste Pierre Légaré a souffert d’un cancer très avancé de la vessie. Il en parle d’ailleurs dans cette entrevue diffusée sur tou.tv.  Les médecins lui avaient même annoncé sa mort prochaine. Or, ayant pris connaissance des recherches du Dr. Hamer et ayant également compris l’origine de son cancer, il a miraculeusement guéri. Aujourd’hui, il n’y a plus aucune trace de son cancer.

Je vous parle de cela aujourd’hui, en pensant au Ministre Claude Béchard, décédé d’un cancer du pancréas il y a quelques jours. En juin 2008, Claude Béchard avait annoncé publiquement qu’il souffrait d’un cancer et que débutaient des traitements. Or, en mai 2008, Claude Béchard perdait son attachée politique, Nancy Michaud, laquelle était cruellement violée et assassinée.

Aux étudiants du MBA, on enseigne à appliquer la règle du 80-20 dans leurs prises de décisions. C’est une façon de maximiser les profits.

On se contente de bien servir 80% des clients et on laisse de côté les exceptions, puisque ce 20% de la clientèle sont généralement responsables de 80% des coûts. On assume alors que la diminution des coûts sera plus importante que la diminution des ventes, de sorte qu’il restera plus de profits en bout de ligne.

Cette façon de penser à des effets pervers que l’on constate de plus en plus. Elle amène l’entreprise à cesser de chercher des solutions aux problèmes des clients, à moins que ceux-ci ne soient vécus par 80% de la clientèle.  Elle envoie aussi  aux employés un message à l’effet que le client n’est important QUE si son problème est déjà un problème connu. Si vous ne tombez pas dans la bonne catégorie, on vous laisse poireauter ou on vous dit clairement qu’on ne peut rien faire pour vous.

L’image globale qui en ressort, c’est que le client perçoit une nette baisse de la qualité du service à la clientèle et frustré, se tourne vers un autre produit ou un autre fournisseur.  Or, la fidélité du client se développe justement à travers ces cas particuliers et il me semble que les entreprises deviendraient plus prospères en misant davantage sur la fidélité de leur client plutôt que sur la réduction des coûts.

Je vous dis cela, parce que je vais devoir changer de voiture bientôt. Au cours des 25 dernières années, je n’ai eu que des Toyota Corolla, 6 au total. Pour moi, Toyota, c’était l’approche Kaizen à la japonaise, le souci du travail bien fait, une voiture dépouillée des gadgets propres aux voitures américaines, mais une voiture solide, fiable dont la qualité se vivait au quotidien et dans la durée. C’est le même concessionnaire et le même type qui m’a vendu les 6 voitures que j’ai achetées. Je connais par leur prénom bon nombre d’employés du centre de service et j’ai toujours été bien conseillé. Le genre de commentaire « Vos freins sont usés, mais vous pourrez sans problème faire encore x kilomètres. On peut attendre au prochain entretien » est fréquent. Je perçois clairement qu’on ne vend pas des réfrigérateurs aux esquimaux, on s’assure que ma voiture demeure en ordre sans pour autant abuser en cherchant à maximiser les ventes.

Au cours des dernières années, Toyota a eu pour stratégie de devenir le #1 mondial, passant ainsi devant GM. Pour arriver à leurs fins, ils se sont pervertis, en diminuant progressivement la qualité des composantes et en ignorant les problèmes que vivaient certains propriétaires, de sorte que les choses se sont détériorées. Les ventes de Toyota sont en baisse de 30% par rapport à l’année dernière et ça ne me surprend pas. Ils ont sûrement dû engager un dirigeant ayant un titre de MBA pour atteindre leur objectif  et ainsi devenir le #1 mondial. En se donnant des objectifs qui ne mettaient plus en priorité, la qualité du produit et du service à la clientèle, ils ont perdu de vue ce qui les avait mené au sommet.

Quand, par intérêt, on accepte de mettre ses valeurs de côté, tôt ou tard, on en paie le prix.