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voiture_neuveJe me souviens d’avoir fait cette demande, lors de l’achat de ma voiture. Je voulais une voiture neuve, pas un véhicule de démonstration qui avait été conduit par des tas de clients potentiels.

C’est curieusement à ça que j’ai pensé en lisant cet article (Au nom de L’hymen) ce matin. Je suis abasourdi que des médecins, ici-même au Québec, acceptent de délivrer un certificat de virginité en vue d’un mariage. C’est évidemment une façon de présenter une preuve que la « mariée que l’on va acquérir est encore toute neuve ».

C’est choquant et cela ramène encore à ce fameux débat sur la « charte des valeurs québécoises » que le Gouvernement, tant bien que mal et dans la tourmente, essaie de mettre en place.

Il est important de faire connaître les valeurs de la communauté d’accueil à ceux qui souhaitent venir s’installer au Québec, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, de sorte qu’ils fassent un choix de leur destination en toutes connaissances de cause. L’une des valeurs fondamentales, au Québec, c’est l’égalité homme-femme, qui va de soit pour la plupart des Québécois, mais qui n’est pas forcément dans les habitudes culturelles de certains pays.

Adopter un nouveau pays, c’est aussi, dans une certaine mesure, accepter d’y vivre selon les valeurs communes de ceux qui y vivent déjà.  C’est une forme d’engagement social qui me paraît naturel. Encore faut-il, que ces valeurs soient connues et médiatisées.

Nous avons tous des valeurs. Que l’on soit criminel, juge,  chauffeur de taxi ou mendiant, nous avons tous des valeurs.

Pour certains, c’est la loyauté, pour d’autres, c’est la générosité, la bonté, l’altruisme, l’honnêteté, la fidélité ou une combinaison de plusieurs d’entre elles. Une valeur, c’est un principe auquel on tient, qui nous définit, qui est important à nos yeux et qui rends la vie collective plus agréable et plus douce. C’est intimement lié à notre personnalité, souvent hérité du milieu familial ou culturel.

On exprime une valeur avec facilité, naturellement pour certains et avec du travail et de la discipline pour d’autres. Ainsi, quand je refuse de payer au noir pour un travail de plomberie, même si on m’offre de soustraire les taxes du montant de la facture, j’ai le sentiment d’être honnête, d’être un bon citoyen qui agit dans le meilleur intérêt de la société. En donnant à Centraide, en offrant un panier d’épicerie lors de la gignolée, en faisant un don à la Croix-Rouge ou en donnant du sang, j’ai le sentiment d’être généreux. En prenant à coeur le bien-être de mes employés et en les respectant, j’ai le sentiment de faire preuve de bonté.

Mais comment mesure-t-on la profondeur et la solidité de ces valeurs. Sont-elles circonstancielles? Imaginons, par exemple, que je sois sans revenu, qu’on arrive à peine à joindre les deux bouts et que je doivent réparer la plomberie pour une situation d’urgence. Si le plombier m’offre un rabais de taxes en payant comptant, est-ce que mes valeurs d’honnête citoyen tiendront le coup? Ne ferais-je alors pas une entorse à mes valeurs, parce que je n’en ai plus les moyens (et au diable la société)?

C’est ce que j’appelle l’épreuve du feu.

Lorsqu’une valeur que l’on croit détenir se trouve en opposition à nos intérêts pécuniaires ou personnels, lorsque le prix à payer pour la conserver intacte est élevé, on mesure à quel point on la possède vraiment. L’épreuve du feu permet également d’être plus tolérant face à ceux qui trébuchent.

Ghandi disait aussi: « Aucun pays ne s’est jamais élevé sans s’être purifié au feu de la souffrance ».

Je pense qu’il en est de même des individus. Ces moments difficiles ou nos valeurs sont mises à l’épreuve, nous permettent de grandir et d’intégrer ce qu’était jusqu’alors un idéal.